Ils ne sont plus que trois membres fondateurs de l’orchestre Tout-Puissant Poly Rythmo de Cotonou : Gustave Bentho, Pierre Loko et Vincent Ahéhéhinnou. Ce dernier est le porte-parole du groupe qui fête ses 50 ans sur la scène cette année. Pour marquer cet anniversaire, un concert hommage a été organisé, 1er août dernier, jour de célébration des 58 ans de l’indépendance du Bénin. Au sortir de ce concert hommage, Vincent Ahéhéhinnou nous a confié ses sentiments.

La Nation : Quelles sont vos impressions après ce concert d’hommage du 1er août dernier ?

Vincent Ahéhéhinnou : Mes impressions sont très bonnes. Parce que le peuple béninois a compris que 50 ans d’un orchestre au Bénin, c’est important. Et, ils ont sacrifié à la tradition ; ils ont assisté nombreux au concert ; ils nous ont adulés, ils nous ont applaudis, ils ont chanté avec nous… C’était l’apothéose.

Que direz-vous à l’endroit de ce public qui vous a accompagnés sur scène le 1er août dernier ?

Je dis à tous : merci de nous avoir accompagnés. J’ai annoncé un concert gratuit pour nous avoir aimés, pour nous avoir aidés, pour avoir participé à notre émancipation. Je leur promets un beau concert gratuit.


Un mot à l’endroit de tous ces artistes qui vous ont accompagnés.
C’est une reconnaissance, que des valeurs musicales de mon pays viennent chanter nos morceaux, viennent nous soutenir, viennent nous souhaiter bon anniversaire. C’est une réelle fierté et je leur dis merci et à très bientôt.

Comment vous sentez-vous dans votre peau après 50 ans de carrière dans l’orchestre ?

Mais, très bien ! Cette soirée me donne l’espoir que je peux faire 50 ans encore. Nous sommes fiers d’avoir été utiles à notre peuple. La fierté d’avoir contribué à l’éducation des enfants. La fierté d’avoir donné des conseils aux adultes. La fierté de pouvoir continuer à exercer ce métier, jusqu’à la fin de mes jours.

Après cette soirée, quel est l’agenda du groupe ?

Nous avons un concert privé à donner. Nous avons une tournée nationale dans les douze départements et nous avons également une tournée sous-régionale pour partager avec ces peuples qui nous ont soutenus depuis que le groupe avait à peine 5 ans. Nous voulons partager avec eux les 50 ans que nous célébrons, parce que, souvenez-vous, nous sommes le seul orchestre africain à avoir 50 ans en activité. C’est important.

Au moment où l’orchestre naissait, vous êtiez un certain nombre. Aujourd’hui, vous n’êtes que trois. Quels sentiments vous ont animés lorsque vous êtes montés sur scène 50 ans après ?

C’est vrai, aujourd’hui, déjà, on a demandé une messe à l’intention de tous ceux qui nous ont quittés dans l’espoir qu’ils continuent de nous soutenir dans le monde où ils se trouvent. Nous sommes désespérés ! On aurait aimé qu’ils soient encore là, pour partager cette ferveur avec nous. Mais, Dieu en a décidé autrement, et je lui rends grâce.

Pensez-vous que, la musique béninoise aujourd’hui a de l’espoir ?

Sur le terrain, il y a beaucoup de jeunes qui font de la bonne musique. Il y a beaucoup de jeunes sur qui on peut compter pour espérer que la musique béninoise ait un lendemain meilleur.

58 ans d’indépendance, un message à l’endroit de la population béninoise.

Quel que soit ce que nous disons, nous sommes indépendants. Et cette indépendance nous vaut la liberté que nous avons aujourd’hui. Œuvrons à une indépendance totale. Cela dépend de nous-mêmes. Nous pouvons nous libérer, mais il nous faut des connaissances. Et nous allons y parvenir et développer notre continent.

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