Samedi 11 août dernier, a été rendue officielle l’information de la disparition du roi Dédjalagni Agoli Agbo de Danxomè qui a tiré sa révérence, le 2 juillet dernier à 87 ans. Aussitôt ont démarré les obsèques officielles du défunt roi dans son palais privé Gbindo à Abomey, qui durent trois mois.

Tôt ce samedi 11 août, Gbindo, le palais privé de dada Dédjalagni Agoli-Agbo grouillait de monde. Ambiance inhabituelle chez le souverain de Danxomè. Têtes couronnées, notables, hommes politiques, responsables politico-administratifs, amis et parents ont massivement fait le déplacement.
La ‘’fièvre’’ annoncée depuis quelques semaines sur le palais Gbindo a fini par le ‘’crépuscule’’. Un crépuscule qui a plongé le palais dans l’obscurité. La nuit est tombée sur le palais de Gbindo. Mille et une tournures pour annoncer le départ du roi qui a répondu à l’appel des ancêtres.
Après plus de quarante jours, l’annonce en a été faite publiquement, samedi dernier à 8 h 45 par le Mito daho, ministre du roi, Dah Gansè, en présence de la cour royale et des invités. Ainsi, démarrent les obsèques du roi par la cérémonie dite "Assikplata" faite de recueillements par les différentes lignées royales, chants et danses traditionnels, selon les us et coutumes du Danxomè,
Ici, chacun se fait distinguer dans sa catégorie et dans son rang par ses accoutrements : cardinaux, princes, princesses, gardiens des temples, adeptes et autres acteurs non négligeables de la cour. Des hommes avec les pagnes ceignant la taille et des femmes avec des pagnes noués à la poitrine parée des attributs des grands jours font d’interminables va-et-vient. On en croise encore qui ont le torse nu ou qui sont drapés de grands boubous. Chaque catégorie est dans son couloir et sait ce qu’elles a à faire. Les invités et amis sont aussi vêtus de diverses tenues locales. Tout indique ici que l’événement est d’importance : les obsèques d’un digne descendant du roi Houégbadja.

Des délégations mobilisées

Sur l’esplanade du palais Gbindo qui accueille les obsèques, se sont déployés des groupes d’animation qui prononcent des litanies propres aux distingués de la cour, font des libations et autres rituels.
Le gouvernement a été représenté par le ministre en charge de la Culture, Oswald Homeky, qui a réaffirmé l’engagement du gouvernement à jouer sa partition afin que l’unité et la paix règnent au sein des familles royales durant cette période transitoire.  
Comme en de pareilles occasions, les rites relatifs aux obsèques d’un roi ne se déroulent pas en public mais dans la stricte intimité familiale. Et ceux du roi qui a rejoint les prairies éternelles n’ont pas non plus dérogé à la règle.
Le samedi dernier, jour du démarrage des obsèques et des cérémonies traditionnelles en son honneur, le public n’a droit qu’aux rites mortuaires dits "Assikplata". Ils sont consacrés aux lamentations, pleurs des sujets de la cour royale pour exprimer leur douleur à devoir subir le départ de leur roi pour l’au-delà. Les louanges sont faites pour saluer aussi le parcours exceptionnel du défunt. Un autre rite a consisté à sortir tous les tam-tams pour exécuter le rythme Zinli produit par 61 groupes. Cela consiste à pleurer l’illustre disparu, à lui rendre les hommages bien mérités et dus à son rang.
Les témoignages ne manquent pas sur la qualité d’homme rassembleur et de paix qu’a été le roi Dédjalagni. Ces obsèques dureront trois mois. Période au cours de laquelle sera désigné un nouveau roi qui devra officiellement clore ces obsèques qui viennent de démarrer.

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