Les contes et légendes seront à l’honneur, dans la nuit du 14 août prochain à l’occasion de la treizième édition de la nuit des contes. Une occasion de valorisation de la culture africaine qui a fait l’objet d’une conférence de presse, ce jeudi 9 août à Lobozounkpa.

Les nuits éclairées à la lampe à pétrole où, réunies autour des anciens, sages et vieilles personnes, la jeune génération entendait conter les histoires entre les hommes et les animaux finissant sur une leçon de morale ont depuis des lustres disparu des habitudes. Ces écoles de la vie d’antan où on pouvait apprendre à vivre en société ont perdu toute vie au grand dam de leurs admirateurs qui eux, voudraient voir se perpétuer les contes et légendes d’Afrique. Parmi eux, l’association « Mémoires d’Afrique » créée depuis plus de deux décennies à l’initiative du père Israël Mensah et avec la bénédiction du regretté monseigneur Isidore de Souza. 

Cette année, pour la treizième fois, l’association organisera «la nuit des contes », une soirée entièrement dédiée à conter les histoires de la sagesse africaine. Ainsi, le 14 août prochain, 29 communes du Bénin seront à l’honneur et abriteront simultanément l’évènement.
Pour en dire davantage sur l’évènement, les responsables de l’association ont tenu une conférence de presse, ce jeudi 9 août à Cotonou. A l’occasion, Raoul Atchaka, représentant national, a souligné la ferveur qui s’annonce autour de cette édition de la nuit des contes qui sera jumelée à la neuvième édition de la Journée du patrimoine immatériel. Ces deux célébrations, selon lui, rejoignent les initiatives antérieures de l’association en vue de la sauvegarde et de la préservation des contes. Il a notamment rappelé l’édition d’un livre de contes et légendes au terme d’un concours national qui a connu un fort taux de participation. Mais une chose est de rassembler les contes dans les livres, une autre est de pouvoir leur donner vie et c’est bien ce à quoi se consacre la nuit des contes, embraie pour sa part le fondateur de « Mémoires d’Afrique », le père Israël Mensah. Le combat de son association, rappelle-t-il, c’est de contribuer à la sauvegarde des cultures africaines en danger de disparition. Un recueil dédié exclusivement à des proverbes africains est en projet au niveau de l’association, confie-t-il au passage. « On a demandé au crabe de venir se faire introniser à la cuisine et il a dit qu’il n’y a aucun bonheur pour lui dans cet espace », lancera le père Mensah lui-même, expliquant le contenu de cette sagesse africaine pour montrer combien les contes et légendes qui se meurent emportent avec eux un pan entier de la connaissance et de la sagesse africaines.
Membre du jury qui a travaillé à la sélection des contes publiés tout comme un certain Albert
Kinhouandé de regrettée mémoire, le professeur Adrien Huannou de l’Université d’Abomey-Calavi apporte, lui aussi, son soutien à cette initiative dont il souhaite la pérennisation. Ce qui est passionnant de l’avis de cet universitaire, c’est ce qu’enseignent ces contes. On y trouve, fait-il remarquer, les conditions au développement, l’amour du travail, l’amour du prochain, la solidarité… « Par le conte, on peut enseigner et inculquer l’amour du pays qui nous manque énormément », illustre également le professeur Adrien Huannou. Et c’est sans aucun doute, ceux à quoi auront droit dans la nuit du 14 août prochain, ceux qui effectueront le déplacement sur les 29 sites retenus pour la nuit des contes édition 2018.

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