Aux éditions Savane vient de paraître à Cotonou, le troisième roman du jeune écrivain béninois Hector Djomaki intitulé Ce jour où j’ai failli…. A travers 128 pages regroupées en dix-sept chapitres, l’auteur propose un voyage littéraire fascinant.

C’est un récit assez surprenant où par le prétexte d’une histoire sentimentale, le narrateur nous fait vivre les réalités sociales, culturelles et politiques béninoises. Agée de 26 ans, Atchèbi, une charmante jeune femme de la ville de Parakou se livrait à plusieurs hommes à la fois. Secrétaire dans un cabinet d’architecture, elle change d’amant comme on changerait de costumes ou de cravates. Mais dans ses pérégrinations, elle se retrouve coincée dans les mailles d’un terrible engrenage qui lui fait regretter ses actes. 

Entre amour, machinations et mafia, ce roman écrit dans un style plaisant et raffiné, est un vrai délice qu’offre l’auteur aux amoureux des belles lettres. Il montre à travers les divers chapitres que l’amour n’est pas la sauvagerie que nous observons aujourd’hui chez les jeunes et adultes. Il rappelle qu’« Aimer, c’est regarder ensemble dans la même direction ». On note un cruel destin que celui d’Atchébi, matérialiste jusqu’au bout des ongles.
Mais tout dans la vie a un prix. Le lecteur découvre l’étrange destin d’une jeune femme qui, trop fière de ses atouts physiques, a voulu tout avoir en un temps record. C’est une femme de mœurs légères. Elle déclare être enceinte d’Assea, avocat, et fait croire à son fiancé Finangnon, conseiller de Volta Film, qu’il en est l’auteur. Dans le même temps, son patron Gandaho entre dans le jeu et lui offre une belle voiture pour son anniversaire bien qu’elle ne sache pas conduire. A un moment donné, elle regrette d’avoir plusieurs fois trahi
Finangnon qui a été admis aux urgences. Elle pensait sauver la vie de son fiancé surtout qu’il était question d’une évacuation à l’étranger. Son patron promit lui envoyer la somme d’argent nécessaire pour sauver les meubles. Il entend aider Atchébi à la seule condition qu’elle l’épouse. Elle est dans un embarras total. Est-ce qu’elle va sauver Finangnon et perdre Assea ? Elle consulta sa copine Aïchatou pour l’attitude à tenir dans le cas d’espèce. L’autre lui fit comprendre d’accepter en attendant plus tard de s’en débarrasser. Ainsi, elle appela Gandaho et lui accorda sa main. Une mallette noire remplie d’argent a été envoyée et traînait dans son appartement. Puisqu’Atchébi portait un enfant dans ses entrailles, il est temps qu’on s’en débarrasse. Son patron l’amena dans un centre de santé pour l’opération contre une forte somme.

La complicité

Avec la complicité de l’infirmière, elle négocie sa mort imaginaire. Des mois déjà que Finangnon était immobilisé sur un lit d’hôpital. Pour avoir remis de faux billets pour l’évacuation, Atchébi fut appréhendée par la police et jetée en prison. Elle a été libérée grâce à l’intervention de l’avocat Assea. La nouvelle maison d’Assea est destinée à accueillir la cérémonie nuptiale. Le célébrant, dans sa soutane blanche unit à nouveau Atchébi et Assea devant Dieu et devant les hommes, comme il l’avait fait à l’église. A peine une semaine, qu’elle sentait des douleurs abdominales qui présageaient d’une grossesse. Transportée d’urgence à l’hôpital, il est prouvé qu’elle est enceinte de deux mois. Troublé par la nouvelle de la grossesse, il se demandait celui qui est son amant. Après Finangnon, c’est à son tour de subir. Assea partait acheter des médicaments lorsqu’il fit un accident au retour et rendit l’âme. Cette mort prématurée était commanditée par Atchébi, de façon occulte et mystique, pour accaparer sa fortune et ses biens. Elle n’avait pas réussi à évacuer l’enfant de ses entrailles jusqu’à la mort d’Assea. C’était l’œuvre du vieux Sodokpa, le jardinier d’un commissaire qui se faisait passer pour un gradé de la police. En allant à sa recherche pour lui coller la paternité, Atchébi a su tout simplement qu’il était déjà mort du Vih-Sida. Curieusement, Atchébi faisait croire à sa mère qu’elle était à l’étranger. Elle adressa une lettre à sa mère pour se confesser en ces termes : « Depuis plusieurs années, je menais une vie de débauche centrée sur le gain facile. Mon corps était devenu une autoroute de plaisir pour quiconque pouvait en payer le prix. J’ai commis des crimes, j’ai trahi des hommes. J’ai certes obtenu la richesse dont nous raffolions, mais j’en ai gardé des séquelles indélébiles. Pardonne-moi pour tout ». Elle attendait les formalités judiciaires pour avoir plein droit sur la fortune d’Assea. Finalement, elle a été assassinée par Tchègoun, le jeune des coups fourrés. Une détonation. Et Atchébi s’allongea au sol, dans un bain de sang. Le jeune homme laissa tomber son arme et leva ses bras vers le ciel. Les policiers se jetèrent sur lui, le menottèrent, puis l’embarquèrent. L’Inspecteur tâta le corps inanimé d’Atchébi. Plus rien à faire.

Qui est Hector Djomaki ?

Né au Bénin, Hector Djomaki est un passionné de littérature. Il est partagé entre ses obligations professionnelles à La Poste du Bénin et son amour pour les belles lettres. Après La flamme du mensonge et Revers à rebours, Ce jour où j’ai failli… est son troisième roman.

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