Célébrer la femme autrement que par les manifestations festives traditionnellement organisées à son intention. Tel est l’objectif de l’exposition initiée par l’artiste plasticien Ibraïma Batia dans la ville de Natitingou à l’occasion de la Journée internationale de la femme et dont les activités se poursuivent dans son atelier ouvert au public.

Dans son atelier situé en plein cœur de la Cité des Nanto, Ibraïma Batia se plaît à jouer au maître des lieux, guidant tous ceux qui viennent à lui. En cet après-midi de samedi, l’espace manque de place pour contenir les curieux qui n’ont pu prendre le 

rendez-vous de l’esplanade de la mairie pour visiter l’exposition « La femme africaine : la clé de l’Afrique », une initiative dédiée à la promotion de la femme et surtout de la fille et à la lutte contre les changements climatiques. Visage cerclé de verres, le sourire à fleur de peau, l’artiste plasticien le plus en vue dans l’Atacora se montre bien altruiste à l’égard de la gent féminine par le nombre de tableaux à elle consacré à l’occasion. De la mère au foyer à la femme battante en passant par les handicaps à son évolution et son rôle important dans la société, l’artiste peint les multifacettes de la femme. Cela à travers une diversité de tons et d’expressions inspirés de la peinture acrylique et d’objets de récupération à savoir, des plumes et peaux d’animaux ainsi que de pigments naturels, les pagnes tissés. « J’ai voulu rendre autrement hommage à la femme en sensibilisant les décideurs sur sa condition sociale à travers le canal que constitue l’art », confie-t-il, au milieu du reste de ses œuvres exposées à la mairie et au musée d’art de la ville.
Plus qu’une exhibition, l’initiative est aussi une exhortation aux jeunes générations qui peinent à prendre le pli de celles qui ont été leurs mères et considérées dans leur milieu comme de véritables modèles à suivre. Connues pour leur abnégation et leur esprit entrepreneurial, les femmes contribuent de par leurs activités à la croissance économique et cet atout n’a point été occulté par l’artiste dans ses tableaux.
« On pense que c’est l’homme qui a le pouvoir de tout faire. C’est leur marginalisation en premier lieu et l’ignorance de certains de leurs pouvoirs utiles à la société qui nous conduisent parfois dans le décor. Pourquoi ne pas exploiter leur potentiel pour le développement de nos communautés ? » s’interroge Ibraïma Batia.
« La femme épanouie dans son foyer est prête à se sacrifier pour sauver sa famille ainsi que son couple. Mais quand il y a discorde et un manque de respect à son endroit, elle devient une menace pour son homme et gare à ce dernier si elle décide de nuire à ses intérêts. Quelle que soit la personnalité de l’homme et sa maturité, il ne peut lui résister », assure-t-il.
Si pour le plasticien, la femme a le pouvoir de faire et de défaire son environnement, il n’en demeure pas moins qu’elle constitue un poids non négligeable dans la lutte contre les changements climatiques. Première consommatrice de bois de chauffe qu’elle utilise pour la cuisine, la femme, à son avis, pourrait contribuer à préserver la nature en mettant fin à la déforestation. Son rôle dans la sauvegarde de l’écosystème reste par ailleurs un centre d’intérêt pour Ibraïma Batia. « Elle peut apporter une pierre à l’édifice en ce qui concerne les nouvelles méthodes d’adaptation aux effets des changements climatiques », indique-t-il.

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