Une thérapie contre l’afro-pessimisme. Ainsi pourrait-on résumer le film Black Panther, le dernier blockbuster du cru Marvel qui met en relief sur grand écran, le seul héros Noir et d’identité africaine de la panoplie super-héros à côté de Capitain America, Spider ou Iron Man. Trop bon !!!, comme disent les adolescents aujourd’hui.
Un film à voir et à revoir. Et pour les amateurs de la saga super-héros, c’est un pur délice !

Ce film est une magnificence dans son genre. Comme seul sait en faire Hollywood. Et ce coup-ci, il s’agit d’un chef-d’œuvre, une orfèvrerie. D’autant plus qu’on est bien loin des clichés surfaits sur les Noirs comme on a pu en voir dans Blood Diamond (avec Djimon Hounsou et Leonardo Dicaprio) ou dans d’autres films où la prime est dévolue au misérabilisme, aux crève-la-faim Noirs, et où il est projeté de l’Afrique, ainsi réduite à sa plus simple expression, le cliché d’un continent maudit, de guerre, de famine avec des enfants aux yeux hagards, où tout y poussiéreux et l’architecture moyenâgeuse avec des cases coiffées de chaumes, etc. Autant d’images qui sont laissées dans l’imaginaire des petits Blancs, ainsi pétrifiés dans une perception négative de l’être Noir, comme ceux de leurs parents qui n’ont rien vu plus loin que le bout de leur nez.

Black is beautiful
Dans la fiction des studios Marvel, Wakanda est une cité (idéaliste) futuriste dont la civilisation repose sur la maitrise du vibranium, un métal imaginaire comme sait en inventer Marvel comics. Armes, moyens de transport, habitats, etc., la puissance de Wakanda repose sur une technologie développée à partir de ce mythique métal. Ce qui n’est pas sans rappeler les richesses minéralogiques dont regorgent certains pays africains qui, hélas, n’ont pu sortir de leur état de pauvreté (On peut être riche et vivre pauvre, comme dit le rappeur Youssoupha), car n’en faisant aucun usage positif. Mais Ryan Coogler, le réalisateur de Black Panther a su y magnifier la civilisation Noire, autant les armes (lance, bouclier) que d’autres attributs (vêtements, trônes) et modes de vie caractéristiques de certains peuples africains tels les Massaïs (Kenya) ou les Xosas (Afrique du Sud). Même Patrice Talon, seul chef d’Etat africain à oser réclamer les biens culturels africains déportés, pour ne pas dire pillés, y trouvera son compte, car un clin d’œil est fait dans Black Panther audit pillage ! Aussi bien qu’aux amazones dahoméennes, car la garde prétorienne du roi T’Challa (Black Panther) est constituée exclusivement de femmes qui ne sont pas sans rappeler les amazones du Dahomey. Encore qu’une place de choix y est fait aux femmes qui apparaissent comme les vraies détentrices du pouvoir à Wakanda plus Genre et plus équité dans les relations hommes/femmes que ne le sont nos sociétés bien archaïques que cette cité du temps ancien !

Message politique
Réaliste, Black Panther, tout idéaliste qu’il se veut, n’a pas moins montré les avatars dont les guerres claniques et les pratiques occultes inhérentes aux peuples africains, mais sans trop tirer sur les traits. Le tout avec un cast nec le plus ultra avec Lupita Nyongo qui a décroché l’Oscar suite à son interprétation plus réaliste que la réalité dans Twelve years a slave, Chadwick Boseman (Black Panther), Angela Basset (Malcom X) tout comme Daniel Kaluuya (vu récemment dans Get Out) sont tous des acteurs estampillés black revendication. Ce qui souligne à satiété la dimension politique de Black Panther, qui porte bien son nom, car il n’est pas sans rappeler une organisation afro-américaine connue pour son extrémisme voulu et assumé dans les revendications, naguère, de l’égalité en droit au profit des Noirs aux Etats-Unis. Pour le mouvement politique Black Power dont le logo était une panthère noire, black is beautiful. Le film éponyme intègre sans violence le même postulat.
En effet, in Black Panther, c’est une Afrique forte, fière et de toute beauté qui est projetée. Et cette projection est loin d’être utopique, pour peu que les dirigeants du continent se prennent au sérieux. La RD Congo, réputée un scandale géologique eu égard à ses incommensurables richesses de sous-sol, est Wakanda dans la réalité. La réussite en moins ! Mais Wakanda, c’est aussi le Rwanda de Kagame qui a su transformer le pays à l’image de la capitale Kigali passée de gros bourg à digne ville contemporaine en dix ans. Comme quoi, le développement est possible en Afrique avec un peu de sérieux et un zeste de rigueur dans la gestion de ses Etats. Hollywood, la Mecque du cinéma, visionnaire à plus d’un égard y compris à propos des attentats des World Trade Center, vient de nous le montrer avec magnificence. A nous de jouer dans la vraie vie !

Évaluer cet élément
(2 Votes)
Lu 3323 fois