Bertille et Adjouavi sont des coépouses vivant sous le même toit conjugal, depuis plusieurs années au village Enagnon. Chacune d’elles a fait trois enfants au sieur Zégoulégou, mécanicien vélomoteur. Les discussions et la jalousie féminines ne manquaient point. Elles faisaient souvent allusion aux nombreuses sorties nocturnes de leur mari qui les inquiétaient. Pourtant, elles ne manquaient de rien sous le toit conjugal. Leur mari les gavait de tout. Elles ne se plaignaient nullement, car elles avaient tout à leur disposition. Subitement, tout le monde remarqua que Bertille, la première femme, tomba enceinte. Ce qui frustra sa coépouse Adjouavi qui manifesta ouvertement sa jalousie. Elle en profita pour accuser le sieur Zégoulégou de privilégier la première femme à son détriment. Elle faisait tout pour importuner sa coépouse qui ne répondait pas à ses multiples provocations.

Une nuit, elle s’introduisit précipitamment dans la chambre de leur mari pour protester. Elle déversa sa bile en des termes violents : « Il est vrai que je ne suis pas du même village que toi. C’est pour cela que tu as accordé mon avantage à ta préférée chérie Bertille. Je devais être enceinte avant elle. Mais tu as fait le jeu régionaliste jusqu’à ce qu’elle porte un fœtus dans ses entrailles. Cela ne fait pas sérieux. Ce n’est pas ce que nous nous sommes dit. Tu as promis m’engrosser avant elle. Tu m’as trahie et humiliée devant ma coépouse. Elle n’aura plus de tour sous le toit conjugal avant son accouchement. C’est la punition que je pourrais t’infliger, surtout que tu es un mari inconscient, vagabond et indigne. Je sortirai tout ce que tu disais contre elle, la dernière fois. Tu m’avais expliqué que tu ne l’aimais plus et que tu n’irais plus jamais dans son lit pour faire l’amour avec elle. Sa grossesse tombait-elle du firmament ? Tu es un gros menteur. Tu sauras de quel bois je me chauffe si tu continues à agir maladroitement ainsi. Fripouille ! ».
Après cette scène, dame Adjouavi demanda à passer la nuit avec son mari bien que cela ne soit pas son tour. Le sieur Zégoulégou n’avait pas pipé mot. Il la calmait seulement pour que cela ne dégénère point. Il était obligé de tout accepter à travers des gestes. Effectivement, elle passa la nuit avec son époux jusqu’au petit matin.
De l’autre côté, la première femme Bertille avait des grincements de dents et marmonnait dans son lit, lorsqu’elle apprit que sa coépouse passait une nuit tendre avec leur époux. Furieuse, Bertille ne répondit pas à la salutation de son mari qu’elle dépassa tout simplement, le lendemain, manifestant ainsi sa jalousie. Le sieur Zégoulégou comprit la situation et l’évita toute la journée.
Quelques mois plus tard, la première dame Bertille accoucha d’un triplé à la maternité du village Enagnon. Ce qui irrita davantage Adjouavi qui ne s’est pas déplacée pour aller saluer sa coépouse, comme il est souvent de coutume. Ce qui étonna tout l’entourage proche qui fit des commentaires acerbes à son endroit. Elle tempêta sur tous les toits que sa coépouse avait désormais trois enfants de plus qu’elle. Elle menaça vertement leur mari que si elle ne tombait pas enceinte dans un mois, qu’elle pliera ses bagages et quittera le toit conjugal pour une destination inconnue. Elle précisa qu’elle n’était pas une vilaine femme et que plusieurs hommes lui faisaient la cour tous les jours et elle déclinait leurs offres amoureuses. Finalement, elle se retira du toit conjugal parce que ce qu’elle souhaitait n’arrivait point. Cette compétition de grossesses tant souhaitée est restée sans suite. Elle n’avait pas été exaucée par Dieu, le créateur du ciel et de la terre. Le départ de dame Adjouavi a permis à Bertille de devenir une reproductrice effrénée. Car, elle a encore mis au monde quatre autres enfants, portant le total de sa progéniture à dix.

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