Une rétrospective des circonstances de l’élection du Premier ministre, Nicéphore Dieudonné Soglo, permet de saisir la nature difficile du jeu démocratique. Les premiers pas des 493 participants à la Conférence nationale des forces vives de la nation de février 1990 en démocratie n’ont pas été aussi faciles que l’appel de tout leur vœu de la démocratie.

Selon les archives du quotidien Ehuzu, l’ouverture de la liste des candidats au poste de Premier ministre a été éprouvante pour les congressistes. Pour ce poste, le présidium a enregistré une dizaine de candidatures. A savoir : Lolo Chidiac (volontaire) et une dizaine de propositions dont Me Adrien Houngbédji, Nicéphore D. Soglo, Albert Tévoédjrè, Idelphonse Lémon, Séverin Adjovi ; Théodore Holo ; Léopold Dossou, Emile Paraïso, Maurice Ahanhanzo-Glèlè  et Bertin Borna. Il semblait impossible de dégager un seul candidat. Le jeu démocratique a commencé avec ses risques de division.
La même source rapporte que devant cette pléthore de candidatures, le président du présidium, Mgr Isidore de Souza, a dû repréciser les règles du jeu avant de ramener la cohésion. Pour déclencher des désistements, il a fallu qu’il rappelle que le Premier ministre doit d’abord être une personne compétente, connue pour son intégrité, ouverte d’esprit, ayant une bonne connaissance des problèmes nationaux et internationaux, capable de résoudre au mieux les problèmes brûlants de l’heure. Après cette précision, tour à tour, les candidats proposés et volontaires se désistent en faveur de la candidature de M. Nicéphore D. Soglo. Presque unanimement, ils ont reconnu qu’il répond mieux au profil exigé.
Les archives du quotidien La Nation, ex-quotidien Ehuzu, renseignent que la procédure engagée ensuite, a consisté en la détermination du mode de scrutin secret. Les délégués ont voté par catégorie socio-professionnelle par appel nominal.
A l’issue de ce premier scrutin de l’amorce d’une toute nouvelle vie démocratique du Bénin, le candidat, Nicéphore D. Soglo a été élu Premier ministre par 360 voix pour et 17 contre, 48 bulletins nuls et 7 abstentions.
Mgr Isidore de Souza proclame à la place des futures Cour constitutionnelle et Commission électorale nationale autonome (Céna) des résultats salués par un tonnerre d’applaudissements, des accolades et des mots de félicitations aussi. Le Bénin vient ainsi de tourner la page révolutionnaire et d’ouvrir celle du Renouveau démocratique. Pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître. Après 28 ans d’apprentissage de la démocratie, les règles du jeu ont beaucoup évolué?

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