L’ancien ministre Alain François Adihou a procédé, samedi 24 février dernier, au lancement de son ouvrage intitulé La force de la persévérance’. Le livre à travers lequel il tente de laver son honneur, a été présenté devant des invités de marque, des parents et amis de l’auteur.

Paru aux éditions La Croix du Bénin et comportant 212 pages, La force de la persévérance est le cinquième ouvrage d’Alain François Adihou, après Au nom de mon pays, je pardonne publié en 2010. Le livre évoque ce que l’auteur a vécu en prison pendant 1011 jours, et est scindé en quatre chapitres : « Chronique des faits vécus et des confidences reçues (Les regards accusateurs des autres) », « Les confessions, les révélations et les tractations malsaines », « La ‘’guérison’’ par la persévérance (La persévérance et moi) », « Me reconstruire ». L’auteur dit avoir vécu un complot politique, avec l’humiliation, la calomnie et une carrière internationale brisée. En parcourant l’ouvrage, le lecteur découvrira les traits de caractère d’un homme, le processus de guérison, la restauration de l’image de l’auteur, la guerre des intérêts. 

Tout a commencé le 25 octobre 2006 par son incarcération pendant trois ans, puisqu’il a été libéré le 31 juillet 2009. C’est un livre de confidence dans lequel l’auteur raconte son « assassinat politique programmé ». Il a encaissé de sérieux coups en silence alors qu’il pouvait aussi en donner pour se venger. Ce sont les députés de la quatrième législature qui ont envoyé l’auteur en prison. Mais ils n’ont pas encore clamé son innocence depuis 2015 que les magistrats l’ont blanchi en disant le droit.
L’auteur de l’ouvrage n’a pas écrit sous l’effet de la colère encore moins sur un ‘’coup de tête’’. Il l’a écrit pour ceux qui détestent la supposée ‘’raison du plus fort’’, et aussi par amour, respect, sans esprit de plaintes encore moins de vengeance, mais se refusant à rester dans le déni de ce qu’il a vécu. L’auteur donne l’occasion de découvrir ou de redécouvrir, à travers son ouvrage, des comportements inattendus du milieu politique béninois, au détriment du peuple à servir en toute transparence. Il écrit dans son œuvre que la persévérance est la capacité qu’un être humain manifeste à soutenir durablement un effort. Il ajoute aussi qu’on apprend beaucoup plus de ses échecs que de ses victoires. Alain Adihou précise que les fruits des échecs font avancer. Il suffit de savoir se servir des leçons pour aller plus loin. Pour lui, plus on échoue, plus on existe, mieux on s’humanise.

Laver son nom ‘’sali’’

En présentant l’ouvrage, le journaliste et critique littéraire,
Tanguy Agoï, dit que l’auteur a décidé de ne plus se taire pour que les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets. Après avoir expliqué que la parole caractérise l’homme et le silence défie, il indique qu’après trois années d’incarcération, ce n’est pas facile de laver un nom sali, aux yeux de l’opinion publique. Il estime que c’est un complot politique que l’auteur a vécu.
L’auteur Alain François Adihou rappelle qu’à défaut d’oublier le passé, il faut savoir le dépasser. Il fait savoir à l’assistance qu’il a écrit le livre pour lui-même et les lecteurs, soutenant que la vie est un jeu de rôles. Il explique que ses amis politiques à l’Assemblée nationale n’en voulaient pas à sa personne, mais probablement au ministre en fonction. Pour lui, « Les hommes politiques béninois étaient dans leur rôle et probablement nous ne sommes pas compris, parce que peut-être je n’ai pas su gérer le dialogue politique ». Après avoir indiqué qu’il avait établi un contrat social avec le président Mathieu Kérékou, Alain François Adihou estime que le ‘’destin’’ a fait qu’il aille faire cette expérience. Son péché, dit-il, est d’avoir été visionnaire. Il rend hommage au président Kérékou qui a eu l’idée d’initier la Lépi. Il fait observer qu’Alain François Adihou n’est pas un délinquant économique puisqu’il a été blanchi par les magistrats qui ont dit le droit. Il conclut qu’il est un serviteur de la nation et du peuple.
Après les interventions, on a procédé à une causerie-débat animée par l’auteur sur le thème : « Du Rena au Ravip : trois chefs d’Etat, quatre législatures, quinze ans pour que le Bénin espère enfin disposer d’un instrument de gestion moderne de ses citoyens, le Registre de population ».

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