Les amitiés en émaux, c’est le nouveau récit de l’Arouna Sidi publié à Stars Editions. Il contient cent pages et est subdivisé en trois chapitres.

« Les veillées de feu », « La convergence du destin » et « Le bienfait mal rétribué » sont les trois chapitres de l’ouvrage Les amitiés en émaux d’Arouna Sidi. Ils sont soutenus par six belles histoires aussi passionnantes les unes que les autres : ‘’Les amitiés et les jeux’’, ‘’Les veillées et les fêtes au village’’, ‘’L’adolescence’’, ‘’L’école du Blanc’’, ‘’La rencontre avec Inès’’, ‘’L’ingratitude d’un fils adoptif’’. En parcourant l’ouvrage, le lecteur se rend compte du style simple, digeste et plaisant de l’auteur.
C’est le récit du sage octogénaire Alimi. De taille moyenne, yeux marrons vifs, il portait des cheveux clairsemés couleur coton teintés d’un jaune terne par endroits. Mais, il n’était pas chauve. Sa tenue préférée était le pyjama. Il en avait une multitude et savait s’en servir à volonté. L’auteur lui posa des questions sur ses amitiés pour avoir constaté qu’aucun de ses semblables ne le fréquente. Toujours vautré dans son fauteuil à la forme d’un hamac les midis d’une saison sèche, le regard perçait souvent le vide. Il était loin d’un rêveur. Sa position quotidienne sous un manguier du devant son abri, attira l’attention de l’auteur qui lui proposa d’être son ami. Et un jour, il se prononça sur les motifs ayant fait de lui un solitaire sans que cet état de solitude lui crée des ennuis. Il déclare ceci : « Je déteste les amitiés en émaux, mais dans la vie, il faut savoir pardonner. Mon vrai ami ne vit plus. J’ai des camarades, pas d’amis à l’instant ». Certes, ce récit romantique passionne le lecteur avec ses nombreux suspens et rebondissements des événements. Le couple Inès et Alimi avait jusque-là, quatre enfants : quatre pour Alimi, et six pour Inès qui arrêta de procréer. Elle était ménopausée. Alimi fut le tuteur de Bertrand qui avait deux ans d’expériences professionnelles quand son papa mourut. Il n’avait d’autre père que son tuteur Alimi. A la maison, le torchon brûle entre le couple. Une guerre froide s’y est installée. Inès dépêcha un messager pour porter la nouvelle de la situation malsaine qui prévalait dans son foyer conjugal à ses parents. Obnubilé par le film des événements, Alimi ne consommait plus les repas servis par sa femme Inès. Il résolut de se confier à son vieil ami Rufaï. Il était un parent proche du père de Bertrand. Plus personne ne prêtait oreilles à la version réelle des faits. Les enfants étaient conscients de l’ambiance étrange qui régnait désormais dans la maison mais aucun d’eux n’avait été satisfait de leurs réponses respectives. Un jour, le père d’Inès fit sa descente de son village dans leur maison, en l’absence d’Alimi. Ce dernier était surpris de la présence, à son domicile, de son beau-père. D’habitude, il l’informait d’avance de sa venue. Il instruisait alors sa fille de lui préparer là où il allait nicher durant son séjour.

Durant la causerie...

Il ne fit aucune allusion au motif de son voyage, ni une quelconque paraphrase sur le message à lui adressé par sa fille, concernant la situation qui prévalait dans son ménage. Ce comportement amena Alimi à être prudent et il prit toutes ses précautions contre son beau-père puisque des échos malsains sur sa personne lui parvenaient. De son côté, Inès paraissait se foutre de la personne de son mari. A peine avait-il dévalé la rampe en maçonnerie qui facilite l’entrée des véhicules à deux roues, que le beau-père s’affala brutalement sur le sol. Il tomba sous le coup du piège qu’il avait tendu à Alimi dans la nuit de la veille. Un cri confus, poussé à gorge déployée par un homme qui appelait au secours du dehors, secoua sa maison et le quartier tout entier. Inès et Alimi accoururent vers le portillon resté ouvert et virent le beau-père qui s’étreignait, s’étirait aussi et parlait d’une nuisance dont il était la cause. Ebahie par l’état physique de son père, Inès poussa à son tour un grand cri d’émoi de tout son cœur. En cernant ce qui se passait réellement, Inès accourut précipitamment et déclara : « Mon père voulait me parler et non toi ». Mais malheureusement, le beau-père a déjà tout dit à Alimi en ces termes : « Je regrette d’être la cause de mon malheur. C’est toi mon gendre que j’avais appâté en enduisant l’entrée du portillon d’un dispositif mortel pour t’éliminer parce que je ne voulais pas que ma fille souffre dans tes mains. Je veux la rendre héritière de tes maisons et de tes fermes. Je veux la rendre pensionnaire de ta pension. Mais hélas, ton destin est plus fort que le mien. Adieux ». Dans les mains d’Inès, le beau-père rendit alors l’âme sans plus rien ajouter. Après avoir subi cette grosse honte devant son mari, Inès faisait comprendre qu’elle avait refusé que son époux adopte Bertrand qui constitue tout son malheur en fin de compte. Elle pleurnicha abondamment comme une fillette, psalmodia ses peines sans fin. Les enfants la consolaient mais en vain. Le corps du père était déposé à la morgue en entendant la décision du conseil de famille pour les funérailles. Alimi n’avait pas mis pied aux funérailles de son beau-père. Il alla louer une maison dans un autre quartier. Quatre ans plus tard, un cabinet légal amorça le bornage du quartier qui abrite leur maison. Inès refusa de quitter et demeura avec ses enfants. Finalement, la maison d’Alimi avait été entièrement rasée et il a été dédommagé. Il mit les enfants dans des internats, avant qu’Inès ne se retire pour son village paternel. Ensuite, il commença sa solitude qui ne lui crée aucun ennui, car il compose désormais avec son cœur et son corps qui sont ses amis dépourvus d’émaux.
Ecrivain doté de pensées extraordinaires, Arouna Sidi est un romancier. Il a déjà publié depuis 2010, six ouvrages. Dans le cadre professionnel, il est ingénieur principal de la marine, encore en service au Port de Cotonou. Il confie que ‘’le jour où il manquera d’inspiration, il cessera d’écrire’’.

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