Le territoire d’Athiémé, dont dépendaient toutes les localités alentours, fut l’un des neuf cercles créés par l’arrêté général n°149 du 24 juin 1913 et placé sous l’administration d’un colon français. Une visite dans la commune, a permis de découvrir quelques reliques de ce passé comme le marché « kokponawa » en cours de réhabilitation.

Des ouvriers sont à l’œuvre dans l’arrondissement central éponyme de la commune d’Athiémé. Le rythme d’exécution des travaux est soutenu. Les ouvriers disposent de quatre mois pour construire quelques boutiques dans le marché colonial. Désaffecté depuis les années 1960, le marché entame ainsi sa renaissance. Le maire, Joseph Anani détaille les actions envisagées à cet effet. « Au total, 12 nouvelles boutiques dotées de cage d’escalier y sont attendues. Les anciens hangars seront également réhabilités, tout en conservant leur architecture coloniale. Nous comptons installer, dans les hangars, des artisans pour coller à l’ambition du conseil communal visant à rendre le marché attractif aux touristes », a-t-il dit. A en croire l’autorité communale, d’autres entités emblématiques de l’histoire de la localité sont identifiées pour bénéficier des soins du conseil communal. « Athiémé entend ainsi s’inscrire dans la vision gouvernementale portant relance des activités touristiques », se félicite le maire.

Le tourisme et la culture sont cités au niveau du Pilier 2, du Programme d’action du gouvernement 2016-2021, au titre des secteurs d’intervention pour engager la transformation structurelle de l’économie. L’ambition du gouvernement, lit-on dans le document, est de faire du « tourisme une filière de développement économique, créatrice de richesses et d’emplois et un outil du rayonnement du Bénin, à l’international ». Le chef du service des Affaires économiques, Augustave Dowoué et ses collègues de la mairie y croient et attendent ses effets pour l’ancien cercle devenu commune d’Athiémé à la faveur du dernier découpage territorial en lien avec l’option du processus de Décentralisation en cours au Bénin. Selon les lois de la décentralisation notamment la loi N° 97-028 du 15 janvier 1999, le département du Mono a été divisé en deux (02) circonscriptions administratives : le département du Mono et le département du Couffo puis les sous-préfectures transformées en communes.

Option salutaire

La restauration du marché « Kokponawa », tout comme d’autres sites historiques, enchante particulièrement le chef du service des Affaires économiques de la mairie. Augustave Dowoué salue l’option de faire de « Kokponawa », un lieu d’attraction. « Proposer à quelqu’un de venir visiter un marché colonial à Athiémé pourrait aiguiser sa curiosité », insiste-t-il en souhaitant que la construction des infrastructures hôtelières accompagne cette dynamique en vue de contenir le flux des touristes.  

« Kokponawa » était un marché très fréquenté donc bien connu de certaines générations. Aux dires du chef du service des Affaires économiques, on y rencontrait notamment des marchands du Togo, pays frontalier, et beaucoup de commerçants venant d’un peu partout du Bénin. Son déclin a commencé en 1964, rappelle Augustave Dowoué, du fait des  crues du fleuve mono. Les sorties successives des eaux du fleuve avaient entrainé de grandes inondations, source d’importants dégâts. Le déplacement des citoyens et des administrations a été alors suivie de la création des marchés parallèles dans les localités d’accueil, restitue Augustave Dowoué qui regrette qu’après ces catastrophes naturelles, Athiémé n’ait pu retrouver son animation. A Lokossa, à Amégnran, à Afagnan et à Agomé Glozou ou autres localités proches d’Athiémé, plusieurs marchés ont été créés mettant à mal la capacité de mobilisation des ressources, au plan local, de la mairie d’Athiémé. La deuxième mandature de la Décentralisation à Athiémé a dû créer un autre marché à Zounhouè, dans l’arrondissement central, au bord de la voie Comé-Lokossa-Dogbo. Ce qui permet de mobiliser des recettes, selon Augustave Dowoué.

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