Le tribunal de première instance de deuxième classe d’Aplahoué a connu, le jeudi 12 septembre dernier, d’un dossier de détention illégale, transport et commercialisation de trophées d’espèces partiellement et intégralement protégées. Déclaré coupable, le mis en cause, Emmanuel Agossa, a écopé de 24 mois d’emprisonnement ferme puis condamné à payer une amende de 500 000 francs Cfa, une peine qui s’entend tel un avertissement sévère à l’endroit des prédateurs d’espèces protégées.

Agé de 25 ans et père de cinq enfants, Emmanuel Agossa, conducteur de taxi-moto de profession, est poursuivi devant le Tpi d’Aplahoué par l’administration forestière, représentée par maître Jean-Claude Aviansou, pour détention illégale, transport et commercialisation de trophées d’espèces partiellement et intégralement protégées. Prévus et réprimés par les articles 99, 153, 154, 163, 166 et 168 de la loi numéro 2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin, les faits de ce chef d’accusation ont valu au trafiquant, pris en flagrant délit de possession de l'objet prohibé, une peine de deux ans d’emprisonnement ferme, assortie du paiement d’une amende de 500 000 francs Cfa.

La sentence du tribunal présidé par Serge Hounmanakan, s’entend tel un signal fort aux autres trafiquants d’espèces fauniques protégées. Emmanuel Agossa, mis sous mandat de dépôt le 5 août dernier, a été interpellé suite aux informations faisant état d’une probable transaction de trophées de statunga devant s’opérer, à Azovè, dans une structure hôtelière. Suivant cette alerte, une équipe mixte du commissariat d’Azovè et de l’Inspection forestière du Mono-Couffo a effectué, le mardi 30 juillet 2019 aux environs de 15 heures, une descente dans la structure. Le déplacement va s’avérer fructueux, puisque Emmanuel Agossa sera pris en flagrant délit de détention de 30 peaux d’animaux, dont quatorze peaux de crocodiles et de statunga, une espèce intégralement protégée, puis 16 peaux du guib harnaché, une autre espèce partiellement protégée, que le trafiquant s’apprêtait à vendre. Ecouté et gardé à vue dans les locaux du commissariat de police de l’arrondissement d’Azovè, il a été présenté le 5 août au procureur de la République du Tpi d’Aplahoué, Fidèle Iko Afe qui a occupé le fauteuil du ministère public à l’audience du jeudi dernier. 

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