A l’occasion du sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), ce samedi 14 septembre, à Ouagadougou, sur les questions de sécurité dans la région, les dirigeants ouest-africains ont adopté des mesures fortes pour la lutte contre le terrorisme.

Encore un pas de plus dans la lutte contre le terrorisme en Afrique notamment au sein de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Ce samedi, à Ouagadougou, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’espace ont marqué leur accord pour la mise en place d’un plan d’actions commun et de mobilisation de ressources financières contre le terrorisme et d’y contribuer à hauteur d’un milliard de dollars. Pour le président nigérien, Mahamadou Issoufou, qui a annoncé la nouvelle lors de la conférence presse de clôture, coanimée avec son homologue burkinabé, Rock Marc Christian Kaboré, il s’agit de « l’un des points les plus importants » de ce sommet extraordinaire et qui mérite d’être souligné.

A côté de ce plan d’actions et la mobilisation de ressources, note-t-il, les débats ont permis à la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de prendre d’autres décisions fortes toujours en matière de lutte contre le terrorisme. Il s’agit des mesures telles que le renforcement des capacités des armées nationales et forces conjointes, le renforcement et la nécessité de mutualiser les capacités opérationnelles et de renseignements, le renforcement de la gestion des contrôles au niveau des frontières et du contrôle des armes et autres produits sensibles. Le renforcement de la lutte contre le financement du terrorisme, de la promotion de la communication et du dialogue intercommunautaire a aussi marqué les débats, informe le président nigérien.

Devoir de la communauté internationale

Au-delà des armées nationales et forces conjointes, la Cedeao veut « un mandat robuste et plus offensif » au profit de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali (Minusma). « Nous insistons là-dessus », lâche Mahamadou Issoufou en sa qualité de président en exercice de la Cedeao. Pour le chef de l’Etat nigérien, il faut que ce mandat puisse permettre à la Minusma de lutter contre le terrorisme. « C’est quand même un effectif de 12 000 hommes», fait-il remarquer. Si la Cedeao arrivait à concrétiser ce vœu, « ça va créer un rapport de force important dans la lutte contre le terrorisme », rassure Mahamadou Issoufou. Et là-dessus, il estime que « la communauté internationale a un devoir vis-à-vis du Sahel et du Bassin du lac Tchad » car, c’est « elle qui est à la base » de la crise libyenne ; c’est elle qui a « somalisé la Libye (allusion faite à la situation en Somalie ». Et aujourd’hui, les armes du pays se sont retrouvées entre les mains de terroristes. Raison pour laquelle « la communauté internationale a le devoir de contribuer à la sauvegarde de la sécurité et la paix » dans la région en mettant, elle aussi, la main à la pâte.

Le président en exercice de la Cedeao rappelle que lui et ses pairs ouest-africains sont conscients du fait que seul le développement économique et social peut contribuer, à long terme, à lutter efficacement contre le terrorisme. Cependant, « la lutte, à court terme, est militaire », martèle-t-il. Une fois encore Mahamadou Issoufou va tacler la communauté internationale et l’invite dare-dare à « contribuer aux actions de résilience ».

Notons que ce sommet extraordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement a été élargi au Tchad puis à la Mauritanie en proie, eux aussi, au terrorisme ou aux conséquences du conflit libyen.

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