Si les actions sociales étaient comme un circuit de formule 1, et que de ce fait, les présidents qui se sont succédé à la tête de l’Etat béninois devraient se concurrencer, le  président Patrice Talon partirait en pole position. Dans le jargon des amateurs de F1, cela veut dire prosaïquement que l’actuel président de la République va faire la course en tête. L’Arch, assurance pour le renforcement du capital humain, milite en sa faveur, car même si le programme ne bénéficie pas du tintamarre médiatique que d’autres que l’actuel régime aurait orchestré, cela ne reste pas pour autant la plus puissante réponse à la demande sociale au Bénin, depuis bientôt 60 ans.

Sans hésiter, qui le veut peut parier sur ce qu’il a de plus cher sur une telle acception, sans risque aucun de perdre sa mise. L’Arch, c’est rien moins que l’accès à des soins de qualité pour tous et à moindre coût. C’est une offre de formation pour faciliter l’exercice aux artisans, pour structurer les acteurs du secteur informel, c’est la garantie d’une retraite hypothétique jusque-là pour ceux-ci. Qui peut prétendre à mieux, de Maga à Yayi ?
Et ce n’est pas tout. Car depuis l’avènement du Nouveau départ, les mesures sociales prises, sous la diligence du ministère en charge des Affaires sociales, sont portées vers les couches les plus vulnérables, principales bénéficiaires. Il y a peu, c’était loin d’être le cas. Une légende dit même qu’à une certaine époque, pas si lointaine, on distribuait les produits de prétendues mesures sociales aux couches vulnérables devant les caméras puis on les en délestait pour répéter l’opération ailleurs. Choquant ! Tant et si consternant que, récemment, ceux-ci étant habitués à ce scénario qui dépasse tout entendement, ont été surpris ces trois dernières années de devoir partir avec ce qu’on leur a donné ! N’en croyant pas leurs yeux.
Légende urbaine ou poignante réalité, peu importe. Toujours est-il qu’aujourd’hui, lesdites couches vulnérables, des handicapés, des orphelins, et autres, bénéficient directement de l’appui social gouvernemental, comme jamais par le passé. D’où vient alors cette camisole ‘’d’anti social’’ qu’on prête au régime Talon ? Injuste, comme tous les procès en sorcellerie, une telle accusation relève de l’intoxication. Purement et simplement.  Elle est exclusivement portée par les adeptes de l’argent facile, via les moyens de contournement, et ceux qui préfèrent voir se perpétuer de mauvaises pratiques comme l’occupation anarchique des voies publiques, au nom d’une commisération qui se confond à du laxisme.     
Certes, à première vue, d’avoir entériné la cessation d’activités de certaines structures étatiques, pourrait militer en faveur d’une telle accusation. Mais c’est ignorer alors qu’une telle décision, que les prédécesseurs du président Talon auraient dû prendre, en toute lucidité, n’a rien de personnel, mais répondait à une dynamique. Et l’avoir prise, après plusieurs années de report plutôt lâche ou politicien, relève davantage de pragmatisme que de la sorcellerie qu’on lui prête. Tout bon chrétien le sait, lorsque votre main est minée par la gangrène, il est plus sage de la couper, si cela s’impose, plutôt que de la laisser infecter tout le bras  que vous perdrez bêtement auquel cas! Exhortation du Christ, qui tient du bon sens.
En définitive, à quoi bon perpétuer des actifs toxiques d’unités qui ont cessé d’être productives véritablement ou dont l’existence pose plus de problèmes qu’elle n’en règle ? Par le passé, la conservation de tels passifs a valu au Bénin comme à d’autres pays africains de subir des Programmes d’ajustement structurel. Autant faire preuve de responsabilité en réglant les problèmes, que d’avoir à subir de telles mesures de la part d’instances extérieures, chose indigne d’un Etat souverain, en faisant la politique de l’autruche, en contournant les obstacles, c’est-à-dire en se refusant d’affronter les problèmes.

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