L’Association nationale des professionnels en Gestion des ressources humaines du Bénin (Anpgrh) a organisé les 6 et 7 septembre derniers, à Cotonou, l’édition 2019 des Journées nationales des Ressources humaines. C’est avec le soutien de ses partenaires privilégiés dont Enabel, Ecobank, Talents+, Inkrease, Best...

Réfléchir sur la transformation de la fonction Ressources humaines face à la révolution digitale ; c’est ce à quoi sont appelés les participants à l’édition 2019 des Journées nationales des Ressources humaines. Parmi ceux-ci, des professionnels et acteurs intervenant dans divers secteurs et officiant au Bénin, et bien d’autres experts venus du Togo, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Maroc... « Ce que nous célébrons, c’est la confraternité, c’est ce que nous avons en commun, c’est le développement d’un métier que nous partageons, d’une passion commune : la gestion des hommes au travail », a déclaré le président de l’Anpgrh, Yannick Kouakanou à l’ouverture des travaux. La particularité de cette édition, ajoute-t-il, c’est l’organisation conjointe avec le Togo de ces journées. Une initiative enrichissante, selon Edwige Adohinzin Hountondji, présidente de l’Association africaine des formateurs et directeurs du personnel (Afdip). « L’Afrique est pour nous un continent admirable qui regorge de talents et d’un potentiel précieux en matière de développement des ressources humaines… Il est important que tous les dirigeants, autorités politiques, chefs d’entreprises, managers, cadres et professionnels, restent mobilisés pour faire rayonner l’Anpgrh dans sa mission de la professionnalisation de notre métier commun : la gestion des hommes au service du développement », a-t-elle dit.
Portant la voix des partenaires de l’association, Hervé Corbel de l’Agence belge de développement (Enabel), insistera sur l’importance de la bonne gestion des ressources humaines et son impact sur le développement de toute organisation. Il fait aussi remarquer que la révolution numérique vient bousculer les habitudes tout en accélérant les procédures et qu’il est devenu impérieux pour la fonction RH, d’intégrer la digitalisation afin de s’adapter et mieux de répondre aux défis de performance des entreprises et organisations. C’est, va-t-il expliquer, ce qui justifie le soutien à l’Anpgrh par le Projet d’appui aux organisations béninoises par le renforcement des compétences des Ressources humaines (Paorc) dont il est le responsable. « Le numérique est désormais au cœur de la gestion des Ressources humaines et tend ses tentacules dans nos différentes administrations aussi bien dans les organisations publiques que privées », a reconnu le directeur adjoint de cabinet du ministère du Travail et de la Fonction publique, Eusèbe Agoua. Il ajoute que la professionnalisation du capital humain est aussi chère au gouvernement qui, dans ce cadre, a déjà engagé une série de réformes. Parmi celles-ci, la dématérialisation des processus et des actes de carrière, la modernisation de la gestion des archives de l’Etat...

Du manager résilient au manager agile

« Transformation des Emplois et des Compétences à l’ère de la digitalisation : Vers une réinvention de la fonction RH ? ».
C’est le thème de l’édition 2019 des Journées nationales des Ressources humaines. Un sujet qui se trouve au cœur de la problématique de la gestion des ressources humaines à l’ère actuelle. Au président de l’Anpgrh, Yannick Kouakanou, de renchérir : « Depuis deux décennies, les progrès dans les domaines de l’intelligence artificielle, du big data ou encore de l’internet des objets, ont explosé. Les stratégies des entreprises sont touchées dans leur cœur et sont obligées de s’ouvrir aux nouvelles possibilités de marché. De plus en plus d’automatisation permet de remplacer des employés dans la réalisation de certaines tâches, de vider certains emplois de tâches routinières ou sans valeur-ajoutée ».
Il rappelle d’ailleurs qu’en 2016, une étude du World economic forums prédisait que des millions d’emplois seront transformés, perdus, recréés ou remplacés au cours des prochaines années, par l’intelligence artificielle. « De même, de nouvelles compétences prendront le pas, notamment dans les domaines de l’informatique, de l’ingénierie, du social marketing avec une dominance des compétences relationnelles », poursuit Yannick Kouakanou. Cette révolution digitale impose, selon lui, le deuil du manager résilient au changement et l’avènement d’un nouveau type de manager. « Nous devons évoluer vers le manager agile, le manager flexible. Celui qui accompagne le développement et en devient un facilitateur », précise le président de l’Anpgrh.

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