« Moi, si j'étais un homme, je serais capitaine, d'un bateau vert et blanc, d'une élégance rare et plus fort que l'ébène, pour les trop mauvais temps… ». Ce refrain de « Si j'étais un homme », chanson de Diane Tell, est dans l’air du temps, en tout cas son remake bien à propos qu’il faut enregistrer, avec l’évaluation des enseignants qui fait tant couler d’encre et de salive.

Tant de débats et de bile, pour des broutilles. Autant en faire une chanson, pour ne pas y perdre tout son bon sens, car il faut bien s’étonner de ce que des évaluateurs par définition fassent de la résistance à se faire…évaluer.  La nouvelle version de la chanson de Diane Tell serait donc, non pas « Si j'étais un homme », mais « Si j’étais un enseignant » …
Et si j’étais un enseignant, je ne rechignerais pas à me faire évaluer demain samedi, étant moi-même évaluateur. Je me soumettrais volontiers à l’exercice, cette occasion qui m’est donnée pour attester mes capacités, comme j’en ai pris l’habitude avec mes élèves. C’est le but, et à ce propos, le gouvernement qui en a pris l’initiative a donné plus qu’il ne faut de gages, afin de rassurer les concernés, de les mettre en confiance quant à l’assurance que leur carrière ne sera aucunement remise en cause, si tant est qu’ils sont de niveau. Les organisations syndicales, garantes des intérêts moraux et matériels des enseignants, sont impliquées dans le processus d’évaluation, les épreuves répondent à un format en phase avec la matière enseignée et donc en conformité avec leurs niveaux...Que faut-il en sus pour les mettre en confiance, si cela était nécessaire ? Rien d’autre !
Et, c’est partant de ce constat qu’on réalise que toute la houle qui se lève au sujet de l’évaluation diagnostique des enseignants sort de son contexte réel. Mais il se trouve, comme bien souvent au Bénin, quelque esprit grincheux, quelque mouton noir, pour trouver à redire, quelle que soit la justesse d’une initiative. Un procédé de raisonneur bien connu désormais, visant à polluer les esprits, dont certains Béninois bien-pensants sont coutumiers. Ces derniers, pour peu ou prou, se délectent de semer le trouble dans les esprits, et de foutre le bordel, rien que pour leur seul vilain plaisir d’ailleurs…Ce qui devrait préoccuper, c’est non pas les intentions soi-disant cachées, si elles existent, du gouvernement de mettre au chômage les cancres. Mais seule doit préoccuper la pertinence de l’évaluation. Sur ce, on ne saurait remettre en cause qu’elle est bien à propos. Il suffit de focaliser le débat sur la cible retenue à cet effet, à savoir les enseignants contractuels de la promotion 2008. Il faut, certes, se garder de généraliser, et de mettre tous les enseignants ciblés dans le même panier, ainsi frappés de suspicion d’être mauvais. Mais, Dieu sait qu’il y a à dire et redire quant à la qualité de nombreux d’entre eux! Au regard du niveau de la plupart des apprenants de nos jours. Une remise à niveau ne serait pas pour leur faire mal. Mais avant, n’importe-t-il pas de jauger leurs connaissances académiques et professionnelles, pour mieux appréhender le niveau desdits enseignants ? Cela y va de la qualité de l’école béninoise, de l’avenir du pays, des Béninois que nous voulons pour demain, chose qui dépend largement de la qualité du système éducatif…

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