Depuis ce mercredi 21 août, la nouvelle défraye la chronique : le Nigeria aurait fermé ses frontières avec ses Etats voisins dont le Bénin. Qu’en est-il en réalité?

Le Nigeria, en tant qu’Etat souverain, fait les choix et prend les décisions qui sont à son avantage. Il lui est donc loisible de fermer ses frontières. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois, que le voisin Est du Bénin penche pour une telle option. Laquelle peut répondre à des impondérables de sécurité. La sécurité intérieure étant une question de souveraineté, on ne saurait blâmer de ce fait un Etat souverain de fermer ses frontières de son propre chef. C’est peut-être encore le cas cette fois-ci. A en croire un communiqué rendu public par les autorités nigérianes.

Raison de sécurité

Ledit communiqué fait état de ce que, dans le cadre des mesures visant à sécuriser les frontières terrestres et maritimes du Nigeria, le service des douanes nigérian (NCS) et le service nigérian de l'immigration (NIS), en collaboration avec les forces armées du Nigéria (AFN) ainsi que la force de police du Nigeria (NPF) et d’autres agences de sécurité et de renseignement, doivent mener un exercice conjoint de sécurité à la frontière, baptisé «EX-SWIFT RESPONSE». Selon ledit communiqué, l’exercice conjoint est coordonné par le Bureau du Conseiller pour la sécurité nationale (ONSA) et se déroulera dans quatre zones géopolitiques, à savoir : Sud-Sud, Sud-Ouest, Nord-Centre et Nord-Ouest. Nulle part, il n’est fait état de «fermeture» de frontière. Le Nigeria entreprend cet exercice, en vue de renforcer son système de riposte aux problèmes de sécurité transfrontalière tels que le terrorisme, le banditisme armé, la contrebande, la prolifération des armes légères et de petit calibre, entre autres. Quand bien même ce communiqué encourage les populations à vaquer normalement à leurs occupations sans crainte, une note de service de la douane nigériane évoque une fermeture temporaine ce mercredi 21 août.

Quelques nuances

Les raisons de sécurité sont concomitantes aux raisons d’Etat. Et sujet au terrorisme porté par Boko Haram notamment, le Nigeria a toutes les raisons d’huiler sa machine sécuritaire pour être opérationnel plus que jamais. Cela ne nécessite pas pour autant une quelconque fermeture de frontières. Du reste, en apposant sa signature, dimanche 7 juillet dernier, pour entériner la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), le président Muhammadu Buhari n’est pas sans en connaitre les implications.
La Zlecaf, reste en effet un accord de renforcement des échanges commerciaux entre pays africains. Un marché de plus de 1,2 milliard d’habitants avec un volume d’échange monétaire estimé à plus de 3000 milliards de dollars dont la base reste l’ablation des frontières entre ses Etats membres.
Un mois après la conclusion d’un tel accord, il faut bien plus que la crainte de la contrebande transfrontalière, pour justifier cette entorse, légère soit-elle. Entorse que le Nigeria ne saurait porter à un accord qu’il vient d’entériner à peine. D’où le caractère circontancié de la fermeture des frontières. D’ailleurs, rien ne nourrit mieux la contrebande, voire le terrorisme que les voies de contournement. Chose que la fermeture des frontières est de nature à favoriser. En somme, un appel d’air à l’insécurité qu’aurait pu provoquer la fermeture des frontières…

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