Difficile de dire pour l’heure ce que réservent les forces armées béninoises et leurs chefs pour les soixante ans d’indépendance du Bénin. Mais, pour ce jeudi 1er août 2019, ils ont réussi mieux que par le passé, sur le boulevard des armées, à offrir un défilé militaire riche en couleurs, empreint d’élégance et de prestance. 59 ans après le premier août 1960, ces forces marquent à nouveau les esprits. Et de fort belle manière.

Enfants du Bénin debout ! Ce cri de ralliement de tout un peuple aura eu à nouveau, ce jeudi 1er août, toute son importance, pour les festivités officielles marquant la célébration du 59e anniversaire de l’accession du Bénin à la souveraineté internationale. La tradition n’a pas varié. Les évènements sont demeurés les mêmes. Mais il y avait plus de couleurs, plus d’ambiance, plus de prestance, le tout auréolé par une fierté d’être Béninois exprimée par beaucoup d’invités ou de curieux. Qu’ils soient têtes couronnées, autorités ou encore citoyens, le mot est revenu maintes fois : Fierté. Et on se pose logiquement la question de savoir comment et pourquoi un défilé militaire, devenu une tradition depuis 59 ans, peut donner autant d’émotions. Il fallait le vivre pour comprendre.
Les consignes de ponctualité données par les organisateurs du défilé militaire ont été largement suivies. Le slogan zéro retard, pour une fois a eu sa raison d’être et la foule de curieux ainsi que les riverains, habitués à venir huer les autorités et invités retardataires, n’ont pas trouvé cette fois-ci client à leur chapelle.
Les premiers rayons du soleil ont vu du monde sur le boulevard des armées et à mesure que les minutes s’égrenaient, la place s’emplissait tandis que du côté de l’organisation, on procédait aux derniers réglages. Le temps pour les invités de divers rangs de s’installer. 9h 15 minutes, le contre-amiral Aho, chef d’état-major général des forces armées béninoises se pointe sur les lieux. Suivra l’installation d’autres personnalités comme le président du Parlement à 9h 26 minutes ou encore de la première dame à 9 heures 35 minutes. Toujours est-il qu’avant l’arrivée du président Patrice Talon, tout est fin prêt pour la célébration. A dix heures pile, on a pu apercevoir le chef de l’Etat de loin, accueilli par un premier coup de canon auquel succéderont vingt autres. Honneurs militaires, hymne national, revue de troupe… et le voilà qui rejoint la tribune officielle, accueilli par un standing-ovation.
Le défilé peut donc commencer, à cet instant, après les civilités du commandant au chef suprême des armées.

2300 éléments des forces armées sur le macadam !

Le défilé s’ouvre par une belle parade d’entrée de la fanfare de la police républicaine suivie de celle de l’armée de terre qui laisse entrevoir 90 minutes de belle ambiance. Comme il est de tradition, le drapeau national et sa garde passent en premier, suivis du carré des officiers supérieurs de défense et de sécurité. Les anciens combattants prennent le relais. Démarche lourde et à pas saccadés, ces soldats d’une autre époque dont le nombre se réduit à chaque défilé ont eu droit à des ovations. Ils ne sont plus que douze hommes, bérets mal ajustés, décoration à la poitrine, mais représentent tout un symbole pour qui connait leur histoire et parcours. Derrière eux, les pensionnaires du lycée militaire des jeunes filles Général Mathieu Kérékou et du Prytanée militaire de Bembèrèkè. Ils ont cette année, troqué leur tenue habituelle contre une autre, plus colorée et plus belle. Pour ce premier défilé en tenue de cérémonie, ils se sont vêtus de tenues inspirées à la fois de la tradition militaire et de la culture béninoise et se font remarquer surtout à travers leurs chapeaux. Rien à dire du passage de ces jeunes enfants dont les résultats aux examens de fin d’année sont de cent pour cent dans les deux écoles.
Dans la même gamme des centres de formation, l’Ecole nationale des officiers de Toffo, l’Ecole nationale supérieure des armées, l’Ecole nationale des douanes, l’Ecole nationale supérieure de la police et l’Ecole nationale des brigadiers et agents de police vont se succéder sur le macadam avec des pas assez rythmés. A chaque passage, on pouvait, avec l’aide du protocole, s’informer sur quelques-unes des prouesses de ces unités. On a ainsi pu apprendre que pour le premier semestre 2019, les douanes ont réalisé une performance de 102%, soit 32 milliards de plus que ce qu’elles ont réalisé à la même période l’année dernière, ceci avec le concours de leurs partenaires comme Bénin Control et grâce aux réformes engagées. A ce niveau du défilé, c’est le triangle des étendards des forces paramilitaires que l’on voit passer, suivi des détachements de la douane, des eaux, forêts et chasse et de la police républicaine.
La première grosse attraction de ce défilé viendra d’ailleurs des unités spécialisées de la police républicaine, notamment avec les deux pelotons de la Compagnie républicaine de sécurité (Crs) exécutant sur un changement de cadence de la fanfare, la marche de la mante religieuse. Leur passage rappelle la bravoure des amazones, et cette marche est synonyme de la soif de prouesse qui les caractérise à l’occasion du maintien ou du rétablissement de l’ordre public. Ils seront suivis d’un échantillon de toutes les unités spécialisées de la police républicaine. Après quoi, les unités de l’armée prendront le relais pour leur passage.   

Assurance et confiance

Les forces aériennes ont pris part à ce défilé avec trois pelotons. Le premier, féminin, est constitué de personnels employés dans tous les services et spécialités. Le deuxième provenant de la base aérienne de Cotonou est un personnel navigant ou non et le dernier, est un peloton de combat venu de la base de Cana. Pour ce qui est des forces navales, elles ont fait pareil, avec un peloton féminin de service et des unités, un autre, masculin, employé dans des manœuvres flottantes puis un dernier en tenue de combat opérant sur terre et sur mer. L’armée de terre suivra avec ses hommes dont la mission, avec les réformes en cours, se résume à appuyer les forces de sécurité publique et ensuite à agir pour les opérations de maintien de paix. La garde républicaine a elle aussi eu droit à son temps de défilé. Ce corps dont la devise est « Disponibilité, rigueur et loyauté » est affecté à la sécurité du chef de l’Etat, des membres de sa famille et des membres des institutions de la République. On comprend ainsi pourquoi leur passage a été fort ovationné par la tribune officielle avec en tête, le président Patrice Talon et son épouse. A la suite de la garde républicaine, le groupement des sapeurs-pompiers a fait passer ses hommes et femmes.
Pour fermer le défilé pédestre, deux pelotons de commando-parachutistes exécutant comme à l’accoutumée, la marche princière, signe d’assurance, d’énergie et de confiance en soi. Ces hommes capables d’exécuter des sauts à une altitude de 3200 mètres ont eu droit à toute l’attention du public. Les « Egblemakou » comme on les appelle ont eu aussi droit à l’admiration du président de la République qui les a longuement ovationnés.

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