*Par Valentin SOVIDE, AR/Zou-Collines*

Les cotonculteurs béninois étaient en fête, le samedi 20 juillet dernier, à Savalou, dans le département des Collines. Les responsables de l’Association interprofessionnelle du coton (Aic) avec, à leurs côtés, plusieurs ministres, ont ainsi célébré le rendement de l’or blanc au titre de la campagne 2018-2019.    

Les cotonculteurs de tous les bassins de production de l’or blanc étaient présents à cette 3e édition de la fête nationale des producteurs du coton qui s’est déroulée dans une ferveur qui traduit bien la reconnaissance des efforts fournis. En 2018-2019, note-t-on, une superficie de plus de 656.000 hectares a été emblavée pour une production de 678 000 tonnes totalement commercialisées et payées aux cotonculteurs. L’importance de la filière coton dans l’économie n’est donc plus à démontrer. Au titre des activités de la campagne 2018-2019, un montant net global de 99,75 milliards de francs Cfa a été versé aux cotonculteurs. Les contributions directes de la filière au budget de l’Etat sont évaluées à 12, 8 milliards de FCfa et les autres effets induits sont estimés à 11 milliards de FCfa. Ces données montrent que la filière coton qui renait de ses cendres depuis trois campagnes est « un puissant levier de croissance, de réduction de la pauvreté et de lutte contre l’insécurité alimentaire dans notre pays ».

Des flux financiers importants

Des efforts reconnus et salués par la plupart des intervenants à cette célébration. Mathieu Adjovi, président de l’Aic, exprime sa satisfaction face au boom cotonnier à la dernière campagne. Il confirme qu’en ce qui concerne les flux financiers de cette campagne 2018-2019, il a été payé globalement aux cotonculteurs la somme de
99 758 679 580 Fcfa. Quant aux transporteurs, la filière a payé environ 52 milliards de FCfa. Les autres acteurs de la filière que sont les manutentionnaires, les transitaires et autres ont engrangé 11 milliards de FCfa.
Face à ces résultats, le président de l’Aic déclare : « Je suis heureux que ces performances aient porté notre pays en tête du peloton des pays producteurs de coton en Afrique. Mais vous convenez avec moi que la filière regorge encore d’énormes atouts pour relever les défis de l’innovation pour une meilleure performance. C’est pourquoi, nous projetons de ne pas baisser les bras afin de réaliser, au titre de la campagne qui vient de démarrer, environ 700.000 hectares d’emblavure pour une production attendue de 800.000 tonnes et, à l’horizon 2021, présenter à la nation béninoise le premier chèque d’un million de tonnes de coton graine».
Pour galvaniser l’ardeur de ces vaillants producteurs, l’Interprofession cotonnière a décidé de distinguer de la manière la plus solennelle les meilleurs d’entre eux grâce à quatre types de lots significatifs. Des lots gracieusement offerts à des organisations  de producteurs de coton. Ces meilleures coopératives et unions ont été choisies sur la base de critères précis de rendement. Les récompenses sont constituées de : tracteurs, motoculteurs, kits agricoles, motos, de matériel informatique et autres outils importants.

L’action collective et la solidarité récompensées

Mathieu Adjovi explique que cette année, l’Aic a fait l’option délibérée de « récompenser la solidarité et l’action collective en primant les coopératives et leurs unions communales et non les performances individuelles qui parfois font l’objet de contestations liées à certaines fraudes avérées ou suspectées ».
Intervenant à son tour au cours de cette fête, c’est l’exploit réalisé en l’espace de trois campagnes qui a été reconnu et salué par Gaston Dossouhoui, ministre en charge de l’Agriculture. A l’en croire, « cet exploit qui nous fait classer premier dans la sous-région au terme de la campagne cotonnière 2018-2019, loin d’être un simple effet du hasard, est le fruit d’inlassables efforts de réorganisation de la filière ». Et Gaston Dossouhoui de poursuivre en reconnaissant qu’il est facile d’être le premier, mais le plus difficile, c’est de rester premier. « Nous n’avons donc pas le droit de dormir sur nos lauriers. C’est pourquoi il est plus que jamais nécessaire d’affûter nos armes pour maintenir le cap et dépasser le record actuel de 678.000 tonnes de coton graine pour atteindre au moins 800.000 tonnes au titre de la nouvelle campagne qui est en cours », exhorte-t-il.
Le ministre de l’Agriculture se dit convaincu qu’il existe encore des potentialités à révéler dans ce secteur. « Nous pouvons, si nous nous y prenons bien, engranger 800.000 tonnes de coton graine et même plus, si nous travaillons sans relâche sur la  question de l’amélioration de la productivité. Atteindre des rendements moyens de 1.300 à 1.500 kg/ha n’est pas au-dessus de nos capacités. Le défi peut donc être relevé si vous respectez les recommandations des conseillers agricoles », lance-t-il.
Le Bénin, en plus d’être premier dans la sous-région en matière de production cotonnière, est également consacré deuxième producteur de vivriers dans l’espace Uemoa.

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