Paul Amoussou

Transformer l’essai. Un langage bien sportif. Et quand bien même il relève du rugby, il sied comme un gant à nos Ecureuils. Devenus carnassiers, à force de croquer du lion plutôt que de ronger leurs noix ordinaires, ce serait en effet une bêtise que les Ecureuils du Bénin changent de régime, une fois leur formidable odyssée cairote terminée !  Périple auquel ils ont pris part, non pas pour des noix, mais pour hisser haut le drapeau national !  Ont-ils d’ailleurs d'autre choix que de faire mieux à l’avenir ?

Ne pouvant plus demeurer végétaliens, ils savent mieux que quiconque, en raison de la composante de la faune du football africain, que le menu est plutôt voué aux régimes omnivore et carnassier, tant on y fait référence aux rapaces et aux fauves.  Résultat de la course, sur la carte footballistique africaine, soit vous êtes amateur de léopard, de lion, d’éléphant, ou alors vous vous contentez d’aigles, d’éperviers et que sait-on encore de ces prédateurs redoutables qui font la réputation des forêts et prairies africaines, et que se sont appropriées les nations africaines pour baptiser leurs équipes nationales.
C’est à qui d’impressionner l’autre ! Vu sous cet aspect, naturellement, il faut s’étonner du choix béninois de jeter son dévolu sur l’écureuil, petit rongeur qui n’effraye personne mais qui plus encore, craintif, dans la chaine alimentaire, est situé bien bas, plus proie que prédateur. Les seules choses que l’écureuil terrorise restent ces pauvres noix qui composent son menu quotidien. Bah, rien de bien terrible ! Mais c’est perdre une bonne occasion de se taire, ce pensant. Car, casse-noisettes, à la Can (Coupe d’Afrique des Nations) 2019 en Egypte, s’est révélé casse-lions !
Les Ecureuils du Bénin, puisse qu’il s’agit d’eux, ont dédaigné les glands pour ne donner leur préférence désormais qu’au steak de lion bien saignant. Les résultats sont assez évocateurs : il vaut mieux manger de la viande qu’être végétalien, dirait-on. Et qui plus est, cela est payant, à en juger par le parcours plus qu’honorable des Ecureuils du Bénin à la Can égyptienne.  Quart de finalistes, les Ecureuils du Bénin ont comblé au-delà des attentes des fanatiques du cuir rond béninois qui espéraient tout au plus qu’ils franchissent le premier tour de la compétition. Ce serait une grosse bêtise donc de renoncer à ce régime à l’avenir, vu ces résultats, d’autant plus qu’à en croire les spécialistes, les écureuils sont connus pour être assez éclectiques dans leur alimentation.
Cela suppose que les efforts consentis, de part et d’autre, doivent être pérennisés. L’existant doit être conforté par la détection de nouveaux talents pour davantage élargir et garnir conséquemment le banc du Onze national de football.
Les Ecureuils du Bénin n’ont plus le droit de faire moins que leurs prestations à la présente Can. Et ce, pour la simple et bonne raison que la ferveur née de leurs exploits est telle qu’on ne saurait véritablement la nommer. Et les Ecureuils, en cas de contre-performance à l’avenir, risquent de s’aliéner leurs supporters, le fameux 12e homme, celui Béninois en l’occurrence est très exigeant…Il suffit de mesurer l’enthousiasme avec lequel certains Béninois appréhendent (déjà) la prochaine Can, la prochaine compétition dans laquelle les Ecureuils vont s’engager, pour mesurer la force de ce que l’équipe nationale de football vient de générer dans le pays.

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