Un phénomène, à vrai dire un épiphénomène se développe sous nos yeux, et mérite qu’on s’y prononce en dépit de son caractère…disons indécent, gênant, torpillant ce qu’il peut avoir en chacun des Béninois de patriotique ! Il s’agit de cette propension de certains compatriotes, quelques-uns en vérité, à vilipender leur pays à l’extérieur. Il y a ces groupuscules à Bruxelles et à Paris, émargeant on ne sait à quelle obédience, mais vraiment un groupuscule, fort heureusement.

Ce qui ne rend pas moins graves leurs agissements. Des leurs comme de tous les autres, frappés du même sceau d’antipatriotisme, ils s’illustrent dans cette pratique peu amène, sous prétexte qu’au Bénin c’est désormais la République du général Tapioca. Si leur conviction reste de traîner dans la gadoue le nom de la terre de leurs ancêtres, sous de tels fallacieux prétextes, il faut en conclure que leurs motivations sont autres. On se garderait bien de se pencher sur la chose, si dans leur rang ne figuraient cependant certaines personnes ayant occupé de hautes fonctions dans ce pays. Ce qui, pour autant, selon toute évidence, ne les indispose pas à se prêter à ce jeu qui leur fait perdre tout relief, toute personnalité.
Evidemment, il faut se renseigner sur les motivations de ces Béninois qui se livrent à un tel exercice aux dépens de leur patrie. Car en vérité, que gagne-t-on à dire à tous les vents que son pays serait devenu une autocratie, une dictature, soi-disant dans laquelle la démocratie serait mise en péril?
On gagne toujours à laver son linge sale en famille. Encore pour cela, faudrait-il avoir du linge sale à laver ! En l’occurrence, il n’en est rien, rien en tout cas de fondamental, sinon des bisbilles politiques qui devraient en toute simplicité s’émousser une fois passé le temps des explications, comme dans tout système politique policé. Mais aujourd’hui, au Bénin, il faut noter de plus en plus d’aigreur dans ce qui, en principe, devrait être le jeu politique. Toutes choses qui vicient le débat politique, le biaisent à bien des égards, en raison notamment de postures fausses qui font alléguer à certains que les acquis de la conférence nationale seraient liquidés, des considérations qui les amènent à réclamer des assises nationales, au motif discutable qu’au Bénin la démocratie, prétendument remplacée par la «dictature »,serait en péril.Il ne se trouverait alors qu’un seul Etat autocratique au monde, où des opposants traitent de tous les noms d’oiseau le président de la République et trouvent des tribunes pour en faire l'écho ! Drôle de dictature que le Bénin, si c’en est actuellement une !
Ce n’est pas parce que c’est dit, et par des personnalités du pays, que c’est vrai ! Ce n’est pas parce que c’est martelé que, pour autant,sont vérifiées les légendes urbaines. Ce n’est pas parce que c’est crié que crédit doit être accordé aux aigres chroniques qui sont faites par certains politiciens du pays, actuellement, et qui bien souvent reposent sur des faits tronqués à dessein.Car, dit la sagesse africaine, quel que soit le séjour d’un tronc d’arbre dans l’eau, il ne se transformerait pas en crocodile ! Vérité immuable. Celle du tronc d’arbre comme des cancans qui n’en restent pas moins des faits tronqués, des vues de l’esprit, des « vérités » fausses martelées, martelées, martelées encore pour être bien entendues, comme si cela n’était pas en soi évident...Vérité immuable également, le Bénin, qui doit rester notre prunelle, en dépit de nos desseins personnels. Perdre une telle vérité de vue, c’est se révéler indigne de sa patrie.

Évaluer cet élément
(0 Votes)
Lu 520 fois