Les membres du Conseil des gouverneurs du Fonds africain de garantie et de coopération économique (Fagace) ont tenu leur 11e session ordinaire, vendredi 21 juin dernier, au siège du fonds, à Cotonou. Cette session marque un tournant décisif pour le Fagace qui s’est arrimé à la modernité avec l’aboutissement des réformes initiées il y a deux ans.

Outil précieux appelé à prendre, aujourd’hui plus qu’hier, toute sa place dans le processus de diversification des économies des Etats membres, le Fonds africain de garantie et de coopération économique (Fagace), selon le ministre de l’Economie et des Finances, Romuald Wadagni, a fait des efforts ces dernières années. Au cours de la cérémonie d’ouverture de la 11e session des gouverneurs du fonds vendredi dernier, il s’est réjoui du contexte dans lequel se tient cette rencontre. Pour Romuald Wadagni, la session s’ouvre à un moment où le Conseil des ministres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine se tient aussi à Cotonou. Une coïncidence qu’il qualifie d’heureuse dans la mesure où cette session intervient dans un contexte particulier où le secteur privé est considéré comme l’élément qui doit booster l’économie des pays de la sous-région. « Nous sommes dans la bonne direction », a reconnu le ministre de l’Economie et des Finances qui a saisi l’occasion pour rappeler les efforts de ces dernières années qui ont fait oublier l’existence du Fagace. Mais grâce au Conseil des gouverneurs et à la Direction générale, ces efforts sont reconnus de tous. D’où le Fonds, dit-il, apparaît comme un instrument important qui doit contribuer au développement des économies des pays membres.
Le président en exercice du Conseil des gouverneurs, Calixte Aganongo, ministre des Finances et du Budget de la République du Congo, a rappelé l’aboutissement des réformes initiées, il y a deux ans. Un aboutissement concrétisé par l’adoption de nouveaux outils de management et la mise en place des organes de gouvernance conformes aux meilleures pratiques internationales dans le domaine de la garantie. C’est pourquoi, il a saisi l’occasion pour remercier ceux qui ont œuvré pour ce dynamisme et la franche collaboration qui a prévalu au sein du Conseil tout au long de son mandat.
Pour Calixte Aganongo, la 11e session du Conseil des gouverneurs se tient dans un contexte de reprise économique dans la majorité des pays membres du Fonds. La croissance économique en Afrique subsaharienne devrait passer de 3% en 2018 à 3,5% en 2019, avant de se stabiliser à un peu moins de 4% à moyen terme. Ces chiffres, dit-il, masquent toutefois des difficultés considérables dans les différents pays, à la fois en termes de croissance et de perspectives.

Perspectives économiques

Selon le Fonds monétaire international (Fmi), rappelle le président du Conseil des gouverneurs, environ la moitié des pays de la région, essentiellement les pays pauvres en ressources naturelles, devrait connaître une croissance d’au moins 5% et une hausse des revenus par habitant plus rapide que la moyenne mondiale à moyen terme. Nonobstant ces différences, il demeure, selon Calixte Aganongo, qu’en termes de perspectives économiques et de priorités de politiques économiques, tous les Etats membres du Fagace aspirent à accroître leur résilience et à générer une croissance durable vigoureuse et plus inclusive. Au regard de cette perspective, les institutions financières régionales telles que le Fagace ont un rôle important à jouer en appui aux économies.
Le Fonds, explique-t-il, constitue un instrument de facilitation d’accès au financement des entreprises de ses Etats membres. Ainsi, un modèle économique a été élaboré en vue d’une organisation optimale et de l’augmentation de la capacité de mobilisation de ressources de l’institution commune. C’est à cet effet que le Fagace a été doté en septembre 2007 d’un nouveau plan stratégique sur la période 2017-2020.
La mise en œuvre dudit plan a permis d’enregistrer des résultats significatifs en faveur du fonds. Au titre de ces résultats, il faut souligner le règlement des contentieux avec des banques partenaires ; la reprise des activités opérationnelles avec des approbations en 2018 de l’ordre de 8 milliards 059 millions de francs Cfa dont six lignes de garantie mises en place dans les banques pour favoriser l’accès des Petites et moyennes entreprises (Pme) au crédit sans oublier d’autres résultats examinés au cours de la 11e session.
Le premier indicateur du bien-fondé de cette démarche est la pré-notation du Fonds avec l’obtention d’une note d’investissement BBB+ sur le long terme, une perspective positive de A2 sur le court terme, une stabilité; puis la réalisation en 2018 d’un résultat excédentaire après des exercices déficitaires successifs.

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