150 fusillades en 2019, et l’année n’est pas encore terminée. Soit, une fusillade et demie tous les deux jours. Ce sont les statistiques effarantes sur les actes meurtriers qui surviennent aux Etats-Unis par fusillade. Ces espèces de folies meurtrières, en vérité inexplicables dont on a vu la manifestation récemment encore à Virginia Beach, un véritable carnage sanctionné par 12 morts. Une horreur, qui renseigne, s’il le fallait encore, que le monde d’aujourd’hui est peu sûr.

D’où cette question, somme toute légitime, au regard de certaines pratiques ayant cours dans la plupart des pays développés dont les Etats-Unis : selon quels critères se définissent les cartes régionales des zones de vigilance à savoir les conseils que certaines chancelleries donnent à leurs ressortissants indiquant les pays à risques à éviter, les bons réflexes à avoir pour choisir sa destination à l’étranger, avant et pendant son voyage ?
Assortis de fiches thématiques, lesdits conseils, outre sur les formalités administratives, renseignent (sinon préviennent) sur les risques sanitaires et surtout, de nos jours, sur les risques terroristes. Ce sont les fameuses zones rouges dont les Béninois ont pris connaissance suite à l’affaire enlèvement de deux touristes français dans la Pendjari. Il est vrai qu’aucun pays ne peut s’estimer à l’abri du terrorisme, quelles que soient les mesures sécuritaires qu’il adopte. Mais, estimant être un havre de paix dans ce flot incertain dans le monde, les Béninois ont vécu cette affaire comme un véritable drame, voire une injustice qui vient cataloguer un de leurs plus beaux patrimoines touristiques dans le registre des tristes ‘’zones rouges’’. Du jour au lendemain ! Suffit-il d’un seul acte de nature terroriste pour qu’une zone soit estampillée ‘’rouge’’ ?
S’il en est ainsi, ce serait non seulement injuste, mais aussi la preuve que cette mesure n’a pas de fond objectif. A côté de toutes les ‘’Virginia beach’’ aux Etats-Unis et de toutes les ‘’Promenade des Anglais’’ à Nice en France, la Pendjari est un Eden. Sans dénier aux chancelleries qui s’en donnent la peine, la légitimité de faire des graphismes au profit des voyageurs, depuis les attentats de World Trade Center et vu les formes les plus invraisemblables que prennent les attentats terroristes, ici et là, il faut bien convenir que ces précautions sont accessoires. Car, sans devoir être fataliste, que peut-on contre le terroriste qui est prêt à sacrifier sa vie pour briser d’autres ? Le principe de précaution, qui a fait ses preuves, est mis à rude épreuve. Il faut le craindre?

Évaluer cet élément
(0 Votes)
Lu 471 fois