Le chapelet des examens de fin d’année s’égrène. Lentement mais sûrement, renseignant que l’année scolaire a pris fin, en attendant les résultats des examens qui sonneront la fin définitive de l’année scolaire en cours. Elle est passée, si vite on dirait, que personne n’a noté, le plus important à noter cette année, pendant qu’elle se déroulait, à savoir qu’au cours de l’année, point de grève !

... Aussi banal que puisse paraître un tel constat, à première vue, il est lourd de sens. Qu’aucune perturbation ne vienne entraver le cours normal des activités pédagogiques, est une prouesse au Bénin des grèves perlées. Des grèves à l’emporte-pièce, des grèves à tue-tête, des grèves intempestives… Car, semble-t-il, la grève était devenue un instrument de chantage, dans le secteur de l’éducation comme dans d’autres. Et la chose en est venue à exaspérer, d’autant plus que l’ancien président Boni Yayi peut se vanter d’avoir amélioré leur statut. Au point même d’agacer d’autres corporations qui jalousent les enseignants. Et à raison. Mais il faut croire qu’est devenue sans limite la spéculation, mode opératoire des enseignants, qui en voulaient plus, encore et encore, dans une attitude gloutonne. Au point de sacrifier l’année académique à leurs revendications socio-corporatistes. De sorte que les jours de grève l’emportaient sur ceux consacrés aux études dans les classes !
Dit ainsi, cela paraît exagéré, mais on n’est pas loin du compte. Et surtout, s’interroger, de ce fait, sur la qualité de l’enseignement prodigué…Depuis plusieurs années en effet, les programmes sont exécutés de façon expresse, comme on le peut, autant que pouvaient le permettre les grèves. Quels résultats un tel modus operandi peut-il générer? Quelle sorte de formation peut-on espérer ainsi faire ? Et à terme, quelles ressources humaines rendre disponibles pour la nation ?
Rien de concluant ne pouvait transpirer d’un tel système, d’une telle atmosphère. Heureux donc, depuis peu, que des dispositions aient été trouvées pour mettre un terme à la pagaille préjudiciable à l’enseignement au Bénin. Elles ont porté non seulement sur un cadrage plus raisonnable de la grève, mais aussi sur l’évaluation des enseignants, y compris des directeurs d’écoles contraints désormais d’afficher de bons résultats aux examens de leurs ressorts, au risque de perdre leur ‘’directorat’’ ! Et voilà tout ce petit monde au pas, plus prompt à obtenir des résultats. A la satisfaction des parents d’élèves et au bonheur du pays ; sans doute qu’il y a plus de fierté chez les enseignants eux-mêmes, désormais en phase avec leur noble mission à défaut de parler de sacerdoce.
Faut-il le souligner, ailleurs, au Japon par exemple, un bandeau ceint au front et une rythmique plus accentuée à l’œuvre, font office de mécontentement, de piquet de grève…Notons que, dans ce pays comme dans de nombreux autres pays développés, la grève sous la forme de cessation définitive du travail n’intervient qu’en dernier recours. Il y a comme une conscience professionnelle, et surtout chez les travailleurs une certaine conscience de l’importance qui est la leur dans la chaîne de création de richesse, de plus-value afin que la croissance, sur le plan national, soit confortée. Que doit-il en être dans des pays sous-développés comme le Bénin, autrement dit des pays en retard sur les autres, où on travaille davantage avec tout autant plus de conscience à l’œuvre ?

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