Une délégation de la Commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et de l’Organisation internationale pour les migrations a sensibilisé, jeudi 25 avril dernier, les agents de sécurité, de douane du Bénin et du Togo intervenant à la frontière des deux pays à Hillacondji sur la carte d’identité biométrique de la Cedeao et la traite des personnes.

Sur le chantier de l’intégration sous-régionale, la Commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) avance à grands pas. Grâce à la carte d’identité nationale biométrique, les citoyens de cet espace peuvent circuler librement dans les Etats membres. A cet effet, une séance de sensibilisation a été organisée à l’intention des acteurs de la plateforme de la frontière Hillacondji- Sanvicondji sur l’importance de ce document de voyage.
Au nom de la Commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), Tei Konsi, chargé du Département Commerce, Union douanière, Taxes et libre circulation, a expliqué que la carte d’identité nationale et le trafic des personnes sont deux questions extrêmement importantes. A l’en croire, il est nécessaire d’adopter la carte nationale d’identité biométrique comme document de voyage, tel que retenu par le traité de la Cedeao est fondé sur la libre circulation des personnes et des biens.
Au sujet de l’utilité de cette carte, Ismaël Dangou, coordonnateur du Fonds Cedeao/Espace sur la migration et le développement, a précisé que la carte nationale d’identité biométrique s’adosse au protocole sur la libre circulation. Il a rappelé que ce protocole a été adopté par les 15 Etats membres de la Cedeao, il y a 40 ans, par rapport à l’intégration régionale. Conscients des défis à relever pour parvenir à l’intégration, ces Etats ont procédé par trois étapes. Le protocole a permis de supprimer le visa, l’instauration du passeport et du certificat de voyage nécessaires pour traverser les frontières d’un pays. Mais ayant noté des problèmes liés à l’exigence de carte de séjour dans certains pays, les Etats ont jugé utile d’améliorer la situation avec la suppression de ce document.

Carte à puce électronique

Toujours soucieux de faciliter la mobilité de leurs ressortissants au sein de l’espace, en 2014, après avoir remarqué que le grand nombre de citoyens ne disposaient pas de moyens pour se faire établir un passeport, les Etats ont retenu la carte nationale d’identité biométrique. De la dimension des cartes bancaires, celle-ci est dotée d’une puce électronique comportant les données biométriques du titulaire. Au niveau des frontières, seront installés des lecteurs. Ayant une validité de 10 ans, cette carte présente plusieurs avantages dont la sécurité, la mobilité, le moindre coût de réalisation et la réduction du trafic des personnes.
En ce qui concerne la thématique du trafic des personnes, Tei Konsi, chargé du Département Commerce, Union douanière, Taxes et libre circulation, fait observer que la libre circulation donne lieu à ce phénomène. Etant une violation des droits de la personne, la traite des personnes est un crime contre l’humanité. De ce fait, elle mérite d’être combattue. Pour sa part, Ghislaine Bocovo, commissaire principale de Police, chef service des titres de voyage passeport à la direction de l’Emigration et de l’Immigration, reconnaît l’existence du fléau de la traite des personnes. Au niveau des frontières, relève-t-elle, des gens en quête d’emploi sortent de leurs pays aidés par des passeurs. Elle se félicite de la prochaine réalisation de la carte nationale biométrique de la Cedeao qui permettra d’identifier ceux qui traversent les frontières au sein de cet espace.
Après le Sénégal, le Ghana et la Guinée Bissau qui ont déjà adopté cette carte, le Bénin est le quatrième pays qui s’apprête à leur emboiter le pas.

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