Après sa collègue Dandi Gnamou, c’est au tour du professeur titulaire, agrégé des Facultés de droit, Ibrahim Salami, de se prononcer sur l’hypothèse d’auto-saisine de la Cour constitutionnelle, et sur les possibilités de sortie de crise qui s’offrent aux politiques.

Reçu sur une radio privée de la place pour se prononcer sur le sujet qui défraye la chronique au Bénin, Ibrahim Salami admet, que dans une démocratie, il est nécessaire pour les partis de l’opposition tout comme ceux de la mouvance de prendre part aux législatives. «L'idéal de la démocratie c'est que les élections soient disputées, transparentes, ouvertes et les plus démocratiques possibles», dit-il, tout en indiquant que la solution de l’impasse supposée actuelle du processus électoral, est politique.
Selon ce juriste, il s'agit d'un problème politique qui doit se régler politiquement. Il n’est pas question d’impliquer la Cour constitutionnelle dans le règlement d’un problème qui relève avant tout du politique. Demander à la Cour constitutionnelle de trancher, d’indiquer derechef la voie à suivre, c’est créer un précédent grave, voire ouvrir la boite de Pandore qu’on regrettera après coup, souligne-t-il, à l’instar de sa collègue Dandi Gnamou. C'est la solution la plus dangereuse, a-t-il martelé, car elle va créer un précédent qui va amener la Cour, celle-ci ou une autre, à proroger le mandat des députés ou même à proroger le mandat du chef de l'Etat, ou même, entendu que celui qui peut le plus peut le moins, à diminuer le mandat des élus, alerte le juriste.
« J'espère que le Parlement trouvera une solution ce jeudi mais s'il n'y a pas de solution politique à une situation politique, on est obligé de s'en tenir aux textes », fait-il valoir.

Que faire ?

A la différence de Dandi Gnamou, toutefois, il avoue ne pas être favorable à la prolongation du mandat des députés : «Je suis pour un report éventuel et non pas pour la prorogation du mandat des députés », avance Ibrahim Salami. « Quand il y a prorogation du mandat des députés, ils conservent le plein exercice de leur mandat législatif. Ils peuvent continuer à voter des lois et continuer comme si leur mandat était toujours en cours, alors que s'il s'agit d'un simple report de la date de l'élection…», s’offusque-t-il.
Aussi, demande-t-il aux députés, pour éviter tout hiatus, notamment ceux de la mouvance, de faire preuve de hauteur d'esprit, de grandeur d'âme, pour en définitive trouver une porte de sortie de la crise préélectorale, fondant ses espoirs sur la plénière de ce jeudi. Il allègue aussi qu’il n’y a pas de blocage institutionnel, voire même pas de blocage tout court, y compris dans l’hypothèse où les députés ne trouvent pas une solution consensuelle, en raison de ce qu’il appelle la dictature des textes. De façon sibylline, cela veut dire que ce sont les textes actuels qui seront valables, quand bien même cela implique que seuls les partis Bloc républicain et Parti progressiste restent en lice pour les législatives d’avril 2019. « On peut regretter la dictature des textes, mais la dictature des textes est encore meilleure que la dictature tout court, qui n'est fondée sur aucun texte », justifie le juriste?

Évaluer cet élément
(0 Votes)
Lu 808 fois