A mesure que s’approchent les dates butoirs de dépôt de candidatures, dans la perspective des législatives prochaines, les acteurs politiques font de plus en plus preuve de fébrilité. Le sujet qui fait actuellement office de patate chaude reste l’article 242 du code électoral, objet de toutes les interprétations et de tous les fantasmes.

Les supputations à propos de l’article 242 du code électoral vont bon train. Mais en vérité, au regard des récriminations formulées, il y a lieu d’en conclure qu’il y a plus d’autoflagellation, de fantasmes, voire une espèce de victimisation pour camoufler son incapacité à se conformer à la légalité, que de quiproquo. De fait, que certains acteurs politiques ne puissent pas souscrire, remplir les dispositions de la loi, ne doit pas les amener à demander que les règles du jeu soient changées en cours de jeu. Car, dit un principe bien connu dans le milieu judiciaire, la loi est dure mais c’est la loi. Et nulle part au monde, dans aucune discipline sportive, encore moins dans une joute électorale, il n’est admis de changer les règles du jeu en cours de jeu. C’est pourtant la demande, surprenante, que formulent des partis se réclamant de l’opposition au Bénin. Et ce, en dépit de la directive de la Cedeao qui interdit formellement de modifier une loi électorale (a fortiori) à quelques jours de l’élection concernée. Il s’agit du Protocole A/SP1/12/01 de la Cedeao qui, en son article 2 stipule: « 1. Aucune réforme substantielle de la loi électorale ne doit intervenir dans les six (6) mois précédant les élections, sans le consentement d’une large majorité des acteurs politiques, 2. Les élections à tous les niveaux doivent avoir lieu aux dates ou périodes fixées par la Constitution ou les lois électorales.»

Fini la ‘‘démocratie nescafé’’

En effet, au cours de leur sortie médiatique, ce mardi 18 février, tour à tour, les ténors de l’opposition ont semblé peu s’accommoder des exigences légales nouvelles auxquelles tout parti doit désormais souscrire pour avoir quelque prétention sur l’échiquier politique national. En l’occurrence, le code électoral et la charte des partis qui, il est vrai, ont changé la donne dans le landernau politique béninois, avec plus d’exigences pour une démocratie qui doit cesser d’être « nescafé », comme disait l’autre, pour ne plus être que qualitative et de développement désormais. C’est du moins, l’ambition qui a conduit aux réformes et ayant pour finalité d’assainir le milieu politique, de faire de ses animateurs, des acteurs rompus à l’œuvre de développement.
En raison du Protocole A/SP1/12/01 de la Cedeao, de ce que le corps électoral est convoqué pour le 28 avril prochain, et de ce que le dépôt des listes de candidatures doit commencer demain jeudi 21 février, est-il raisonnable pour autant de demander un arrangement tel que formulé par l’opposition béninoise ? Est-ce parce que les opposants ne sont pas à jour de leurs dossiers de mise en conformité de leurs partis, ou qu’ils ne sont pas à jour de leurs impôts, pour certains d’entre eux, qu’ils agitent cette idée ? On peut se permettre de pencher pour une telle hypothèse, vu le réquisitoire cinglant, que Candide Azannaï, Boni Yayi et Nicéphore Soglo et consorts, ont dressé à propos de ces conditionnalités auxquelles, veut la loi de la République désormais, il faut souscrire pour pouvoir faire acte de candidature aux prochaines législatives. Du coup, qu’on soit amené à enfreindre la directive communautaire pour satisfaire à leurs desiderata ne semble pas les embarrasser. Il n’est pas superflu de noter que si le pouvoir avait eu les mêmes velléités, cette même opposition aurait crié au scandale, appelant au respect des normes !

Évaluer cet élément
(0 Votes)
Lu 1047 fois