Le Bénin vient d’être pris en compte dans le projet d’Autonomisation des Femmes et Dividende Démographique au Sahel (Swedd), une initiative à travers laquelle un fonds d’un montant de 90 millions de dollars US, soit environ 50 milliards de francs Cfa, a été alloué à notre pays, vendredi 25 janvier dernier, par le Conseil d’administration de la Banque mondiale.

Initiative du partenariat entre les Nations Unies, en particulier le Fonds des Nations Unies pour la population (Fnuap) et le Groupe de la Banque mondiale, destinée à six pays de la région du Sahel à savoir le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad, le projet d’Autonomisation des Femmes et Dividende Démographique au Sahel (Swedd) compte un nouveau bénéficiaire, le Bénin. Le Conseil d’administration de la Banque mondiale a, en effet, approuvé l’intégration du Bénin dans cette initiative, vendredi 25 janvier dernier, pour un coût global de 90 millions de dollars US soit environ 50 milliards de francs Cfa. L’objectif du projet Swedd est d’améliorer le niveau d’autonomisation des femmes, des adolescentes et des jeunes filles. D’une part, la finalité est d’accroitre leur accès aux produits et aux services de santé sexuelle et reproductive, maternelle, néonatale, infantile et nutritionnelle de qualité. De l’autre, il s’agit de renforcer leurs capacités à prendre des décisions qui contribueront de manière durable au développement harmonieux de leurs communautés.
Dans un entretien accordé à la presse à propos de l’approbation par le Conseil d’administration de la Banque mondiale du projet Swedd Bénin, Abdoulaye Bio Tchané, ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement, relève l’intérêt que revêt cette signature pour le Bénin.
« Nous avons eu connaissance de ce projet et tout de suite, le chef de l’Etat a souhaité que le Bénin puisse adhérer à l’initiative. Compte tenu des efforts qui étaient déjà entrepris par notre gouvernement dans cette direction, les Nations Unies et la Banque mondiale ont tout de suite accepté de nous intégrer. Le chef de l’Etat m’a instruit pour travailler avec les équipes du ministère du Plan et nous permettre d’adhérer pleinement au projet. C’est ainsi que le Conseil d’administration de la Banque mondiale a approuvé le financement de 90 millions de dollar US, c’est-à-dire un peu plus de 50 milliards de francs Cfa. Ils vont permettre d’appuyer des secteurs aussi importants que la santé et l’éducation des femmes dans les 12 départements de notre pays », confie-t-il.
Ce projet, estime-t-il, « est très important pour notre pays parce qu’il va nous permettre de nous attaquer à des problèmes majeurs de développement. D’abord, l’autonomisation des femmes ; ensuite et surtout, le Dividende démographique, c’est-à-dire, comment permettre à notre population, qui est relativement jeune, d’accéder à des besoins aussi importants que ceux de l’éducation, de la santé, en particulier la santé de reproduction et la santé maternelle dans tous nos départements. Ce sont là des cibles qui sont primordiales pour notre gouvernement (la jeunesse et les femmes) et deux secteurs cruciaux pour le développement de notre pays (l’éducation et la santé) ».
Le Swedd est un projet important pour le gouvernement, note Abdoulaye Bio Tchané, car il vient « en appui aux nombreuses actions que nous menons en faveur de l’amélioration des conditions de vie des populations en l’occurrence celle de la gent féminine». Il trouve d’ailleurs, à son avis, pleinement son ancrage dans le Programme d’actions du gouvernement (Pag). Mieux, « le projet, admet-il, vise à renforcer le niveau d’autonomisation des femmes et des adolescentes en vue d’accélérer la transition démographique ; le concept de Dividende démographique étant en cours d’appropriation dans notre pays ».

Impacter davantage

A en croire le ministre d’Etat, le projet démarre dans les plus brefs délais. « Nous avons commencé déjà un certain nombre de travaux. Il y a certaines personnalités de la société civile de nos communautés qui se sont déjà impliqués. Dans quelques jours, nous allons accélérer avec cette décision du Conseil d’administration de la Banque mondiale qui met les ressources à notre disposition », soutient-il.
« Nous nous sommes investis pour rendre le projet Swedd possible sur les instructions du chef de l’Etat. Désormais, la balle sera dans le camp des bénéficiaires et nous allons veiller à ce que les communautés et les organisations dans nos villes et nos campagnes puissent en tirer le meilleur avantage. Il y a déjà un certain nombre d’associations qui sont en contact avec les équipes qui travaillent sur le projet et nous allons multiplier le nombre de ces associations dans quasiment tous les départements de notre pays. Je veux dire à ceux qui sont déjà intéressés et qui travaillent sur les domaines couverts par le projet que la porte leur est ouverte au ministère du Plan pour discuter et voir comment ils peuvent contribuer à la mise en œuvre de cet important projet », lance-t-il.
Le projet Swedd s’étend à tous les 12 départements du Bénin et se décline en trois composantes principales : générer de la demande pour les services de santé reproductive, maternelle, néonatale, infantile et nutritionnelle (Srmnin) en favorisant les changements sociaux et comportementaux et l'autonomisation des femmes et des filles ; renforcer les capacités nationales pour la mise à disposition des produits de santé reproductive, maternelle, néonatale, infantile et nutritionnelle et de personnel sanitaire qualifié; puis, renforcer l’engagement politique et la capacité d’élaboration des politiques liées au dividende démographique et la mise en œuvre du projet.
Il prend en compte les secteurs de l’éducation, de la santé, de la planification familiale. Projet assez participatif il accordera, dans sa mise en œuvre, une place de choix aux Ongs locales ou régionales qui ont fait leurs preuves dans les domaines qu'il couvre. Les leaders d’opinions et chefs religieux sont également associés à l’exécution des activités.

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