Le président de la République s’est entretenu, samedi 17 novembre dernier, avec les responsables d’entreprises publiques et privées. Les échanges ont porté sur la relance du sport national. Il est demandé à ces structures de porter le rêve du gouvernement pour l’émergence de talents sportifs à travers la création de clubs et le financement des activités sportives.

L’ambition du président Patrice Talon est claire. « Dans les deux ou trois années à venir, le Bénin fera parler de lui dans le domaine du sport ». Pour porter ce rêve, le gouvernement institue dès le 1er janvier 2019 la relance du sport dans les entreprises publiques et privées. A chacune d’elle, il est fait obligation de créer, d’entretenir et de soutenir un club sportif. Pour l’heure, quatre disciplines sont ciblées. Il s’agit du football, de l’athlétisme, du handball et du basketball. Ces quatre sports de masse, de l’avis du chef de l’Etat, demandent moins de moyens que d’autres et constituent la première couche de la charpente sportive que compte ériger le président de la République.
En appelant à ses côtés les responsables des entreprises publiques et ceux des entreprises privées opérant au Bénin, le président Patrice Talon a voulu les sensibiliser et les inviter à s’inscrire dans la logique de son gouvernement pour un nouveau départ du sport. S’il a voulu que les entreprises publiques se jettent aussi à l’eau, c’est pour que l’Etat puisse donner l’exemple à travers ses structures, note-t-il. A ces entreprises, il est demandé de créer des clubs sportifs et de recruter du personnel sportif salarié.
A ce niveau, bémolise-t-il, il faut faire la scission entre les travailleurs qui ont envie de faire le sport de plaisance et ceux qui sont concernés par les activités sportives professionnelles. Ces derniers doivent se dédier exclusivement au sport, insiste-t-il. Cette option permettra de créer la performance, d’entretenir la compétitivité et d’avoir des sportifs de haut niveau, à même de s’illustrer dans les compétitions continentales et internationales. L'autre ouverture laissée par le président Patrice Talon pour soulager les peines de ces entreprises, c’est la possibilité pour celles qui le souhaitent de se mettre ensemble pour créer leur club sportif. « La compétition est très exigeante », indique le chef de l’Etat. « On ne peut pas former des champions s’ils ne sont pas disponibles à plein temps. Si la politique est souple, trop mixte, on aura fragilisé la dynamique», avertit-il.

Accompagnement fiscal

Si le chef de l’Etat a tenu à rencontrer ces responsables d’entreprises, c’est aussi pour leur expliquer de quoi retourne la nouvelle taxe instituée dans le projet de budget 2019 pour soutenir les activités sportives. Il s’agit d’une imposition de 1/1000 sur le chiffre d’affaires hors Taxe sur valeur ajoutée (Tva) pour financer le sport. L’Etat compte accompagner les entreprises qui investiront dans le sport, a expliqué le président Patrice Talon. Il a rassuré les responsables d’entreprises (privées surtout) des allègements fiscaux dont ils bénéficieront sur l’investissement fait exclusivement dans le cadre de leurs clubs sportifs. Il a surtout souhaité qu’il n’y ait pas amalgame à ce niveau. D’autres investissements faits dans le cadre du sport ou de l’accompagnement du sport peuvent ne pas bénéficier de l’allègement en question. C’est pourquoi il a insisté sur le fait que cet adoucissement reste valable pour les investissements liés aux clubs sportifs à créer sous peu.
Si les acteurs du secteur privé avaient des appréhensions au sujet de l’institution d’une taxe pour le financement du sport et en étaient même «surpris », ils sont rassurés par le président Patrice Talon au terme de son exposé qu’elle est « défendable cette taxe ». Sur ces acteurs du privé, le président de la République compte tout particulièrement pour l’aider à hisser le Bénin au rang des grandes nations sportives dans les années à venir. « Nous devons sensibiliser et pousser les privés à s’investir dans le sport, mais il faut que l’Etat donne l’exemple à travers ses entreprises », soutient-il.

L’Etat va jouer son rôle

La loi de finances 2019 instaure une taxe pour financer globalement le sport parce que le pays a des ambitions, mais pas les moyens de les soutenir. « Nous vivons sur les ressources financières et douanières. Le Bénin est très en retard. Le sport fait partie des facteurs de développement et nous avons l’ambition d’être bons partout, d’utiliser une politique courageuse, volontariste», expose le président de la République.
Pour lui, «l’Etat va jouer son rôle au niveau du système éducatif, mais il faut que le relais soit pris pour pousser plus loin la motivation. Nous avons décidé de promouvoir la création des associations sportives communales financées et subventionnées par l’Etat, mais gérées par les communes. Au-delà de l’aspect éducatif, c’est une base pour passer à la phase de programmation de nos champions. Il y aura des clubs communaux et intercommunaux ». Il poursuit : « nous n’allons pas laisser le monde évoluer sans nous. Il faut y aller. Chaque génération doit apporter sa pierre à la construction ».
Qu’ils soient du secteur public ou privé, tous les responsables d’entreprises qui ont rencontré le chef de l'Etat ont donné un avis favorable à cette réforme et veulent d’ailleurs l’accompagner. Des mots d’encouragement et de félicitations n’ont pas manqué. Certaines entreprises (publiques) n’y ont vu aucun inconvénient. C’est le cas de la Poste du Bénin « qui est déjà dans cette dynamique» et qui a, pour cette raison, multiplié le budget des activités sportives par cinq. Le président de la République a salué cet exemple et assure que pour une entreprise, c’est un moyen très efficace pour la promotion de ses services. Aux travailleurs qui s’adonnent déjà aux activités sportives et qui souhaitent continuer dans le sens, le tournoi des institutions sera dynamisé pour leur offrir cette aubaine et assurer le sport de détente et de compétition sans grand enjeu, dira pour sa part le ministre en charge des Sports, Oswald Homeky. Mais ce tournoi pourrait également servir à détecter des talents.
Dans la même veine et au regard de la nouvelle architecture sportive du pays, des négociations seront engagées avec les responsables en charge de la gestion du championnat national de football pour la prise en compte des nouveaux clubs à créer, laisse-t-il entendre.
La Société béninoise des manutentions portuaires, le port de Cotonou, la Caisse nationale de sécurité sociale, la Société béninoise d’énergie électrique… et bien d’autres entreprises publiques matérialiseront dans les semaines à venir ce rêve du chef de l’Etat. Sa vision, selon les responsables de ces structures, sera plus facile à porter dans la mesure où la plupart des grandes structures étatiques avaient déjà un passé non moins reluisant.
Du côté des privés, quelques inquiétudes et interrogations.
Toutefois, on demeure convaincu là aussi que le Bénin ne tardera pas à se révéler en matière de sport si la tendance est maintenue et ce projet fortement soutenu. Mais comment y parvenir alors que les infrastructures sportives font défaut ? L’Etat pourrait-il permettre aux entreprises qui en ressentent le besoin et disposent des moyens d’ériger des stades et infrastructures en mettant à leur disposition des espaces pour? Absolument, répond le président Patrice Talon. Mieux, si ces réalisations sont faites dans le cadre de ce projet, les allègements fiscaux seront concédés, promet-il. D’autres sujets en lien avec le sport ont été débattus au cours de la séance qui a pris fin sur l’engagement des uns et l’espoir des autres que dans les années à venir, le Bénin fera parler de lui dans diverses disciplines. Pour finir, « le sport est magique », a réitéré le président Patrice Talon?

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