En perspective des élections législatives de 2019, les tractations vont bon train sous le couvert du nouveau code électoral qui prône la fusion des partis politiques. Certaines personnalités et leurs groupes politiques rechignent toutefois de s’y conformer et choisissent de se lancer dans une aventure solitaire. Ont-ils une chance de se faire élire ?

Claudine Prudencio avec son parti politique l’Union pour le développement d’un Bénin nouveau (Udbn) a choisi de faire cavalier seul, dans un environnement où toutes les forces politiques prennent leurs dispositions pour se conformer au nouveau code électoral. Un code qui prône la fusion des partis politiques existants et ne favorisant plus le marchandage politique et certaines déviances politiques notoires comme par le passé. Est-ce une idée réaliste ou une option suicidaire pour le député et son parti ? Cette question taraude l’esprit de beaucoup d’observateurs avertis des milieux politiques. Difficile en effet de comprendre les motivations d’une telle décision, surtout venant d’un groupe politique qui dit pourtant soutenir les actions du président de la République. Etant donné que le chef de l’État pèse de tout son poids pour que cette fusion soit une réalité, a rappelé Jean-Baptiste Houngué de la coalition Bénin en route (Ber) qui avait pris aussi au départ l’option d’aller aux élections avec sa propre liste avant de se raviser en formant avec certains groupes politiques, le second bloc de la mouvance dénommée ‘’Les Républicains’’. « Ne pas respecter cette ligne tracée par le chantre du Nouveau départ serait une indiscipline pour ma part », confie-t-il. Plusieurs autres partis et coalitions ont fait de même, tels que la Coalition pour un Bénin révélé (Cbr) d’Adidjatou Mathys qui s’est ralliée au Bloc progressiste, l’Union nationale démocrate (Und) d’Auguste Vidégla qui s’est adjointe au 2e bloc. Même l’Union pour le développement d’un Bénin nouveau (Udbn) de Claudine Prudencio qui a choisi aujourd’hui faire cavalier seul avait tenu plusieurs rencontres courant septembre 2018 avec la coalition Dynamique unitaire. C’est cette coalition qui a formé le second bloc avec le Parti du renouveau démocratique (Prd) et d’autres forces politiques. A la suite de ces rencontres pourtant, la position du député de la 6e circonscription a varié, car, apprend-on, sa base n’épouserait pas cette position et bouderait.

Raison

Est-ce la raison fondamentale de cette volte-face ? Que s’est-il passé quelques semaines seulement après son adhésion au bloc ‘’les Républicains’’ ? A ces questions, Dominique Gnanwé, membre du Bloc progressiste laisse entendre qu’un calcul politique serait sûrement à la base, mais nuance qu’elle avait déjà affirmé vouloir respecter la décision de sa base. «Elle a su trouver un alibi pour éviter les interprétations», ajoute-t-il. Il suppose que l’honorable Prudencio serait en train de craindre un mauvais positionnement, vu la pléthore de personnalités politiques qui se retrouvent dans ledit bloc. Mais si tel est le cas, pourquoi ne pas changer de bloc ? Le politologue Mathias Hounkpè pense qu’à cette allure, elle n’a pas de réelles chances de se faire réélire.
«Pas sûr si elle y va toute seule», affirme-t-il. Aujourd’hui, avec le nouveau code électoral, il faut avoir au moins 10% des suffrages sur l’ensemble du territoire national avant d’être pris en compte dans l’attribution des sièges. L’Union pour le développement d’un Bénin nouveau (Udbn) en a-t-elle la capacité ? Difficile de le dire mais le parti s’ouvre déjà à d’autres groupes politiques pour réussir cet exploit qui serait difficile, voire impossible à réaliser parce qu’il ne serait réellement présent que dans quelques arrondissements de la 6e circonscription électorale. Beaucoup d’autres partis, surtout ceux de l’opposition sont aussi à la traîne. Ils sont toujours dans une position mitigée et ne peuvent dire aujourd’hui, à six mois des législatives, comment ils comptent affronter ces joutes.

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