"Le Code électoral et après?", c'est le thème autour duquel des députés de la majorité et de la minorité parlementaires et un juriste ont opposé leurs langues et avis. Un débat public qui s'est tenu hier jeudi 18 octobre au siège de la Friedrich Ebert Stiftung à Cotonou dans le cadre des soirées politiques initiées par ladite fondation.

"Par définition, une loi exclut. Est-ce-que parce qu'une loi exclut, on dira qu'elle est scélérate ? Qu'on me dise alors que la Constitution est scélérate. Quand on dit déjà que pour être député, il faut avoir au moins 25 ans, on exclut déjà ceux qui ont moins de 25 ans. Et puis, pensez-vous que les 250 millions peuvent exclure les cinq premiers candidats de la présidentielle de 2016 ?", a martelé le député Jean Michel Abimbola réagissant, à l'entame du débat sur le caractère exclusif que certaines personnes attribuent au nouveau code électoral. Modéré par le journaliste Georges Amlon, ce débat politique a été mené par le coordonnateur du Bloc de la majorité parlementaire le député Jean Michel Abimbola soutenu par le député Orden Alladatin et en face, le député de la minorité parlementaire Nourénou Atchadé et le juriste Nourou-Dine Saka Saley. Pour le député Nourénou Atchadé, le nouveau code électoral reflète une volonté manifeste d'exclure les jeunes et les femmes déjà marginalisés. Mais pour le juriste Nourou-Dine Saka Saley, le montant n'est pas un frein à la candidature, c'est plutôt la question de la représentativité. "On ne peut plus aller aux élections législatives sans faire des alliances", affirme-t-il. Le juriste évoque le risque d'alliances immorales. Selon lui, ce sont des contraintes du nouveau code qui pourraient amener les potentiels candidats à se lier sans conviction. La question de la représentativité est, à en croire le député Nourénou Atchadé, un piège. " J'ai demandé où est-ce-qu'ils ont vu pareille chose. On m'a répondu que c'est une innovation béninoise. Mais après mes enquêtes, j'ai découvert que c'est ce qui se fait au Rwanda. Il faut 5? de représentativité au Rwanda pour être élu. Depuis le vote de cette disposition au Rwanda, il a fallu attendre septembre dernier pour que l'opposition ait deux députés sur les 80 au Parlement", a signalé le député de la minorité parlementaire qui dit craindre déjà les conséquences du nouveau code. "Pourquoi mes collègues ne veulent pas donner aux autres la même chance qu'ils avaient eue quand ils se présentaient ? Pourquoi empêchent-ils la compétition ?", se demande-t-il. Les députés Orden Alladatin et Jean Michel Abimbola ont soutenu la nécessité d'apurer le paysage politique béninois gangrené par l'individualisme et le multipartisme à outrance. La représentativité est, selon eux, le gage que les élus du peuple porteront l'intérêt général. "Ce que nous faisons c'est pour la postérité", a déclaré Orden Alladatin.

Du quitus fiscal

Le quitus fiscal n'est pas une innovation en soi. La nécessité pour le candidat d'être en règle vis-à-vis du fisc existe déjà dans le code électoral de 2013. Il s'agit simplement d'en apporter la preuve à travers une pièce officielle. Pour le député Orden Alladatin, c'est simplement ainsi qu'il faut concevoir le quitus fiscal. Mais pour le député Nourénou Atchadé, il y a là-aussi, une volonté manifeste d'exclure.

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