Comme une mise en garde ! Ainsi sonne à l’oreille, le détail ayant trait « à l’argent du contribuable… », soit dit de façon sibylline, l’air de rien, par certains bailleurs dont bien souvent les Américains et les Néerlandais, qui appellent pourtant ainsi le plus sérieusement du monde, si c’était encore nécessaire, à un bon usage des fonds qu’ils mettent à disposition de nos pouvoirs publics ou des ONG bénéficiaires de leurs appuis.

Et, il ne s’agit pas, loin s’en faut, du détail qui tue comme on dit familièrement, car ces pays sont également des porte-étendards en matière de lutte contre la corruption, la prévarication des deniers publics. Rien de plus logique, vu qu’il s’agit du précieux «argent du contribuable…», des ressources issues des impositions, de la collecte de divers impôts et taxes consentis par les contribuables de ces pays dits riches, et qui sont riches notamment grâce à leur capacité à lever ces impôts. Bien mal prend qui essaye de frauder le fisc d’ailleurs dans un pays comme les Etats-Unis : la répression y est implacable ! Et l’est tout aussi, dans l’autre sens, la redevabilité, la veille citoyenne qui y est des plus exigeantes. Il faut dire que les contribuables, qu’ils soient français, américains ou néerlandais, attachent beaucoup d’intérêt à savoir comment les fruits de leurs contributions sont employés ! D’où la méticulosité, un brin tatillon, avec laquelle les puissances publiques des nations occidentales, en général, utilisent et entendent qu’on utilise leurs sous lorsqu’elles en donnent.
Il apparait, au regard des principes ci-dessus énoncés, que les pays dits pauvres, dont le Bénin, gagneraient à adopter ces bonnes pratiques. En prime, plutôt que de devoir bénéficier toujours de largesse de dits généreux donateurs, n’est-il pas préférable de développer la pratique vertueuse de lever l’impôt afin de pouvoir répondre à la demande sociale, importante chez nous où tout relève de l’impératif, de l’urgence ? Dans la même veine, doit rester acte majeur de citoyenneté, la disposition naturelle chez les Béninois par exemple à payer les taxes et les impôts qui leur sont imputables. Ce qui est loin d’être encore le cas, si l’on en juge par les gymnastiques à éviter l’impôt foncier, quasiment sport national. Et que dire de la propension des entrepreneurs à frauder le fisc, à passer par perte et profit la TVA objet de tous les tripatouillages ? Du Zinsou takouê aux taxes dites ‘’forfaits internet’’ qui défrayent la chronique, on sait tout du peu d’entrain que mettent les Béninois à remplir leurs obligations fiscales pour ne pas dire citoyennes !
Pauvre, notre pays l’est du fait aussi du faible apport de ses contribuables qui ne se comportent du reste pas en tant que tel.
Ceci justifiant cela, chez certains de nos compatriotes peu habitués à se comporter en contribuables ou réticents à cette perspective, on comprend aisément la houle soulevée par les nouveaux tarifs relatifs à la connexion internet via les opérateurs GSM dont on entend dire que c’est la mer à boire. Réaction prévisible, révélatrice d’un état d’esprit quasi séculaire, mauvais, qui résiste au temps. Sans ressources minières, sans parc industriel, il ne reste pourtant, essentiellement, à l’économie béninoise dite fiscale que…taxes et impôts. Que faire d’autre que de s’y coller ? « Ce n’est pas le chemin qui est difficile, mais le difficile qui est le chemin. »- Sören Kierkegaard.

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