Adoptée le 4 janvier dernier, la loi n°2018-01 portant statut des magistrats en République du Bénin a été abrogée, ce mardi 4 septembre par les députés qui l’avaient votée pour retirer le droit de grève à cette corporation. C’est le premier dossier examiné hier par l’Assemblée nationale.

L’abrogation, hier,  de la loi n°2018-01 portant statut des magistrats en République du Bénin a permis de rétrocéder le droit de grève aux magistrats et de l’encadrer par la suite, à travers la loi n°2018-34 modifiant et complétant la loi n°2001-09 du 21 juin 2002 portant exercice du droit de grève en République du Bénin, que les députés ont adoptée au cours de la même séance plénière ce mardi. L’abrogation de cette loi a toutefois été dénoncée par les députés Valentin Djénontin et Nourénou Atchadé de la minorité parlementaire. Ils soutiennent ne pas comprendre les motivations de leurs collègues de la majorité parlementaire qui ont pris l’initiative de réintroduire la loi sur le retrait du droit de grève aux magistrats. Laquelle loi avait été déclarée contraire à la Constitution par la Cour constitutionnelle, mandature de Théodore Holo, invitant les députés à encadrer l’exercice et la jouissance de ce droit plutôt que de le retirer. La mise en conformité à la Constitution de cette loi a été boudée, selon les deux députés de l’opposition, par certains députés du Bloc de la majorité parlementaire. Le dossier est resté en attente jusqu’à l’installation en juillet dernier de l’actuelle mandature de la Cour constitutionnelle. Celle-ci a remis en cause la décision de la Cour, en déclarant la loi querellée conforme à la Constitution. La suite de la procédure devrait être l’étape de la promulgation de ce texte par le chef de l’Etat.
Les deux députés estiment anormal que l’Assemblée nationale veuille se raviser maintenant en optant pour l’encadrement du droit de grève qui a été décidé par la mandature passée de la Cour constitutionnelle.
Prenant le contre-pied de leurs deux collègues de l’opposition, le député André Okounlola Biaou rappelle que la loi sur le retrait du droit de grève aux magistrats n’est pas tombée du néant. Elle a été initiée à la suite d’une tournée effectuée par les députés dans les maisons carcérales où il a été constaté le surpeuplement des maisons carcérales dû au retard dans le jugement des prévenus. Cette lenteur est la conséquence surtout des grèves perlées et intempestives dans la maison justice. Face à la situation, l’Assemblée nationale se devait d’agir pour mettre fin à cet abus dans la jouissance du droit de grève par les magistrats, explique le député membre du Bloc de la majorité parlementaire (Bmp). La décision du retrait de grève avait été prise et étendue aux agents de santé où la situation était encore plus grave, poursuit André Okounlola-Biaou. Il confond ensuite ses collègues qui reprochent au Bmp de vouloir se décider enfin pour l’encadrement du droit de grève, que « l’Assemblée nationale est souveraine et prend ses décisions au moment opportun ».
André Okounlola Biaou sera appuyé par son collègue Benoît Dègla qui souhaite que le Bénin s’inspire de l’exemple des autres pays, notamment la Malaisie qui a choisi la voie du développement en renonçant à la grève.   

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