Le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Gaston Dossouhoui, était dans la vallée Zankoumando, à Gouka commune de Bantè, mercredi 15 août dernier, où il a pu constater de visu les efforts des producteurs de riz et de soja. Il en a profité pour expliquer à ces derniers les ambitions du gouvernement dans le domaine agricole.

La riziculture augure de beaux jours à Bantè. Les efforts du groupement Arikogbon dans l’arrondissement de Gouka en donnent l’assurance. Sur un périmètre de plus de cinq hectares, des ‘’femmes leaders’’ déploient toute leur énergie pour contribuer à la sécurité alimentaire au Bénin. Elles n’ont pas attendu de grands moyens avant de faire des merveilles en termes de production rizicole. 

« C’est un effort colossal qui est fait par ces braves femmes pour maîtriser l’environnement et arriver à se confectionner de petits casiers de riz à des niveaux divers d’aménagement », apprécie le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Gaston Dossouhoui. Il ajoute : « Même si le riz est semé presqu’à la même date, les capacités financières individuelles ont démontré sur le périmètre les variations que nous avons observées en termes d’entretien, de fumure, et les chances d’avoir de bonnes récoltes ».
Ici, le dynamisme des producteurs est perceptible, mais la commune manque d’équipements techniques pour révéler tout son potentiel agricole. Yvette Agbalohoun, porte-parole des femmes leaders, énumère les besoins du groupement : « Nous manquons de tracteurs, de fourrage, d’aires de séchage, de bottes, de décortiqueuses, d’engrais… ».
La capitalisation agricole reste encore faible à Bantè. L’accès aux équipements agricoles, et les facilitations d’accès aux facteurs de production sont des demandes constantes. La visite du ministre vient à point nommé.
« En venant sur ce bas-fonds, je voudrais aussi donner la preuve que le gouvernement a choisi de faire une diversification agricole réelle et de donner à chaque commune son potentiel agricole nécessaire en vue d’un maximum de rendements et couvrir les besoins nationaux », soutient-il. Evoquant les capacités agricoles de la commune, il indique : « Bantè n’est pas fait pour produire du coton, mais la commune peut exceller dans la production du cajou, de l’igname, du riz, du maïs, etc. ».
Il explique la méthode du gouvernement pour accompagner les producteurs. « En choisissant la date du 15 août, jour de la montée de la Vierge Marie au ciel pour visiter les femmes leaders de Gouka, je voudrais prendre date avec elles », indique le ministre.
Ces assurances peuvent désormais apaiser ceux qui estiment que le chef de l’Etat porte peu de considération à Bantè. Fernand Gbaguidi, homme politique, en est convaincu. « Le chef de l’Etat n’a jamais considéré un coin de son pays comme une ligne rouge. Il ne fait pas des promesses non réalisables ; bientôt, votre champ de riz va changer ; il ne nous reste qu’à croire en son programme d’action et à nous mobiliser pour le soutenir », exhorte-t-il.

Engagement

Le passage du Maep à Gouka, quoique bref, annonce déjà de bons signaux. « Vous aurez de mes nouvelles bientôt. Ainsi vous saurez que le gouvernement ne fait pas de promesses dans le vide », rassure le ministre qui en profite pour expliquer les programmes en cours et la vision du gouvernement au profit de Bantè. « Nous allons vous accompagner selon nos moyens ; ne vous fiez pas aux rumeurs », insiste-t-il.
Gaston Dossouhoui donne quelques conseils pratiques aux producteurs pour améliorer leurs rendements. « Le tout ne suffit pas d’attendre le gouvernement. Vous devez mettre en place une bonne organisation pour la production et l’écoulement de vos stocks. Si le gouvernement doit aménager votre périmètre rizicole et le rendre davantage viable, tout dépendra de votre organisation », exhorte-t-il.
L’essentiel des aménagements que prévoit le gouvernement dans les Collines sont concentrés sur Bantè. Si la commune présente un bon profil pour la production du cajou et du riz, elle s’illustre également dans la production du soja. L’étendue du champ d’Edmond Affognon, situé à Tchambala à 8 km de Bantè, en est un témoignage éloquent. Il s’agit d’un périmètre de quatre hectares de productions diversifiées avec comme culture principale, le soja. Encore huit semaines et il pourra récolter. L’effort de ce producteur, la quarantaine, est salué par le ministre de l’Agriculture, Gaston Dossouhoui. « Je suis venu t’encourager pour les productions que tu développes. C’est dans l’effort que les producteurs pourront bénéficier de la subvention de l’Etat », dit-il au producteur.
Sur place, le ministre lui a donné quelques orientations techniques pouvant l’aider à améliorer sa productivité. « Produisez selon vos capacités afin d’obtenir de très bons rendements. Mon soutien ne vous fera pas défaut  », a-t-il promis.
Les producteurs doivent saisir cette perche pour battre le record. « Quand nous aurons installé de grandes unités pour l’aliment de bétail en 2019, nous aurons besoin du soja pour la croissance des bovins, des lapins, des bœufs… », annonce le ministre.
Le ministre vante les bienfaits du soja. « Le soja, c’est de la viande gratuite. Ça soigne les enfants et améliore leur faculté à réfléchir. Il faut produire pour vendre. Et le marché béninois est un grand demandeur », insiste-t-il.
Gaston Dossouhoui en a profité pour expliquer les ambitions agricoles du gouvernement aux producteurs. « Le président de la République dirige le Bénin avec un programme cohérent. Il a pris du recul pour penser le développement du pays, région par région. Il a une attention particulière pour l’agriculture », explique-t-il.
De quoi dissiper les inquiétudes des uns et des autres. Le maire de la localité, Innocent Akobi, exprime son soulagement. « J’étais jaloux que le chef de l’Etat soit en train d’injecter des milliards dans le grand Nokoué sans penser à Bantè. La descente du ministre de l’Agriculture chez nous ; augure de bonnes perspectives et j’en suis heureux », laisse-t-il entendre.
Sur le volume des superficies agricoles à aménager dans les Collines, la commune de Bantè seule a plus des deux tiers. Les aménagements annoncés pourront doubler, voire tripler sa capacité de production agricole.

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