Résultats catastrophiques aux différents examens, déperdition scolaire et grossesses en milieu scolaire en masse, les difficultés du système éducatif national restent préoccupantes. Les causes lointaines et immédiates des contre-performances qui s’enchaînent au fil des ans sont nombreuses et il faut parer au plus pressé.

La responsabilité est partagée en ce qui concerne les faibles taux de réussite enregistrés aux examens scolaires de fin d’année. Apprenants, enseignants, syndicats, parents, autorités locales et nationales en charge de l’éducation, tous sont coupables.

La première cause des contre-performances scolaires est inévitablement la grève observée, par suivisme, pendant plus de quatre mois par les enseignants. Mais au-delà, il convient de signaler la pénurie d’enseignants aussi bien en nombre qu’en qualité et leur concentration dans les zones urbaines au détriment des zones dites déshéritées. En fait, les enseignants préfèrent, et c’est de bon aloi, là où il y a l’électricité et les réseaux Gsm. Ce qui explique aussi le phénomène des enseignants résidant hors de leur zone de travail, avec comme corollaires le retard et l’absentéisme répétés.
Le déficit en personnel d’encadrement qui plombe le contrôle et le suivi des enseignants, le recours aux anciens inspecteurs pédagogiques étant mal apprécié ; la difficulté pour les parents de suivre les enfants du fait de la grande différence de méthodologie d’apprentissage des nouveaux programmes dits d’approche par compétence ; l’inconscience professionnelle de certains enseignants qui brillent par l’absentéisme répété, les retards non justifiés aux cours, sont autant de raisons qui expliquent la débâcle scolaire. En fait, de nombreux enseignants ne jouissant pas d’une formation professionnelle avérée pullulent dans les établissements. Curieusement, ils rejettent les examens en vue de leur renforcement de niveau de peur certainement de laisser découvrir leur vrai niveau intellectuel. Force est de constater que des étudiants sortis des sciences économiques enseignent les mathématiques ; des diplômés des sciences juridiques dispensent des cours de français ou de philosophie dans certains collèges, etc.
A tout cela, s’ajoutent le phénomène des enseignants éthyliques, le jumelage forcé des classes de différents niveaux faute d’infrastructures et d’enseignants.
Et au-delà des grèves de plus en plus perlées au fil des années scolaires, il convient de souligner la politisation à outrance d’autrefois et la syndicalisation du système éducatif ainsi que l’organisation irrégulière des examens blancs pour le public.
Le manque de rigueur dans la préparation des cours, la recherche du gain facile des enseignants qui couraient d’établissement en établissement (heureusement que le phénomène est quelque peu réglementé avec un arrêté ministériel !) à la recherche des heures de vacation, la non qualification de bon nombre d’enseignants qui viennent au métier par nécessité, le recours massif aux enseignants vacataires sans aucune notion pédagogique, l’insuffisance de moyens pour le suivi des enseignants, le quota horaire non atteint, sont des facteurs des contre-performances scolaires enregistrées aujourd’hui. Les séances de mise à niveau organisées pendant les vacances à certains enseignants ont contribué à inverser quelque peu la tendance ;
mais le fossé est bien loin d’être comblé.

Parer au plus pressé

Pendant longtemps, l’Etat a créé à l’emporte-pièce les établissements collèges sans pour autant veiller à y mettre le nombre d’enseignants nécessaires, les infrastructures adéquates et autres mesures d’accompagnement. Du coup, les censeurs éprouvent d’énormes difficultés pour élaborer les emplois du temps et les responsables des lycées et collèges sont obligés de jongler avec les effectifs pléthoriques, le système des classes volantes au gré des intempéries.
C’est dire que la capacité des infrastructures d’accueil et de mobiliers au niveau primaire comme du secondaire se trouve dépassée, en dépit de nouvelles salles de classe construites par endroits.
Par ailleurs, la paresse des élèves qui s’adonnent plutôt aux réseaux sociaux, aux vidéoclubs et autres parties de divertissement, couplée à la démission des parents dans le suivi des enfants, justifie également les échecs massifs et la baisse drastique du niveau des apprenants.
Par ailleurs, l’ajournement des candidats au Bac doit être géré avec rigueur pour que ceux-ci ne gonflent pas inutilement les rangs en changeant de séries à tour de bras pour les prochains examens. Le retour au probatoire permettrait sans doute de tamiser les candidats à présenter au baccalauréat par exemple.
 Vu la gravité de la situation, il urge d’impliquer davantage les élus locaux dans la gestion du système éducatif ; eux qui, préoccupés par les questions de collecte des taxes, du foncier, des pistes rurales et autres problèmes de leurs communautés, s’intéressent très peu à la qualité de l’éducation dispensée dans leurs contrées. Pour inverser la tendance actuelle, il importe également que les collectivités locales se substituent à l’Etat qui ne peut plus faire face aux besoins, en mobilisant les ressources nécessaires, en faisant former les enseignants et en proposant des initiatives d’incitation à l’excellence à travers des bourses d’études par exemple au niveau local.
Par ailleurs, il s’avère nécessaire de procéder à un suivi rigoureux des enfants dans les maisons, une sensibilisation des enseignants sur leur rôle dans la formation de la relève, la formation des enseignants non qualifiés dans les écoles normales et l’encadrement et le suivi des enseignants dans la préparation et la dispensation des cours.

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