Le Bénin a célébré la neuvième édition de la Journée africaine de la décentralisation et du développement local, le vendredi 10 août dernier. Les manifestations prévues à cet effet ont eu pour cadre la salle de conférences de la mairie de Cotonou, en présence des acteurs de la société civile, des élus locaux et communaux ainsi que des autorités du ministère de la Décentralisation et de la Gouvernance locale. Une occasion d’échanges sur les mécanismes de lutte contre la corruption au niveau local.

Les réflexions au cours de l’édition 2018 de la Journée africaine de la décentralisation et du développement local ont porté sur le thème « La lutte contre la corruption au niveau local, une voie durable pour transformer l’Afrique à partir de ses territoires». Ce thème a été adopté par le Comité technique spécialisé n°8 de l’Union africaine qui a aussi retenu deux sous thèmes à savoir « Corruption et conflits d’intérêt dans la gestion des affaires locales : un frein à la fourniture des services de base aux populations locales, à la justice et la paix sociale » et « Bonne gouvernance locale et promotion du rôle de la société civile et des médias : gage de succès pour la lutte contre la corruption dans les territoires ». 

En évoquant l’intérêt de ce thème, le directeur général de la collectivité locale, Abasse
Olossoumaré a affirmé que : «Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine, soucieux du handicap que constitue la corruption pour le développement du continent, ont décidé d’organiser une croisade contre ce fléau et de placer l’année 2018 sous le signe de la lutte contre la corruption ». D’après lui, non seulement la corruption est un phénomène social, politique, économique complexe qui touche tous les pays, mais également elle sape toutes les institutions démocratiques, ralentit le développement économique et contribue à l’instabilité gouvernementale. Les acteurs politiques sont conscients que près de 60 % des objectifs de développement durable doivent être mis en œuvre au niveau local, a informé le directeur général de la Collectivité locale. Mais ce niveau de gouvernance en Afrique n’est ni épargné, ni à l’abri du phénomène de la corruption avec ses méfaits, a-t-il souligné.
L’objectif de cette journée n’est pas de faire le procès de la mal gouvernance au niveau des collectivités territoriales, mais c'est un moment de sensibilisation et de conscientisation de tous les acteurs des territoires sur leurs obligations de reddition de compte dans l’exercice et ou à l’occasion de l’exercice de leur fonction.

Transparence dans la gestion locale

Travailler à mettre en œuvre au niveau des collectivités territoriales africaines, les différents instruments et engagements pris, tant au niveau mondial qu’au niveau africain concernant la prévention et la lutte contre la corruption ainsi que la promotion de la transparence et de l’intégralité dans la gouvernance des territoires. C’est une option faite par le comité, en tant que plateforme intergouvernementale en Afrique de la décentralisation, du service public et du développement urbain. Au Bénin, informe le directeur de cabinet du ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, Noël
Ayitchékpo Gankpé, il est impératif de veiller à la promotion de la gouvernance transparente et à l’éthique au niveau des collectivités territoriales. « La qualité de la gouvernance locale peut contribuer à relever les défis de développement si le respect des procédures est observé dans les actes de gestion des collectivités territoriales avec un renforcement des contrôles assortis des mesures de sanctions », a-t-il affirmé. Présent aux travaux, le président de l’Autorité nationale de lutte contre la corruption (Anlc), Jean-Baptiste Elias, s’est désolé de la propension du conflit d’intérêts qui gangrène l’administration locale, avec à la clé la création d’entreprises par certains élus qui s’arrogent tous les marchés publics.
Le directeur de cabinet du ministre a souligné que le gouvernement est respectueux de ses engagements internationaux en inscrivant la lutte contre la corruption au cœur de ses politiques et programmes de développement. Aussi, a-t-il mis à la charge des élus locaux l’obligation d’une gestion transparente des collectivités territoriales ainsi que des mécanismes nécessaires de leur bonne gestion.

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