Des alertes lancées, il y a quelques jours, au sujet de la situation supposée « critique » des dialysés Cnhu-Hkm de Cotonou, par défaut du néo-recormon, un produit nécessaire à leur traitement, ne sont pas fondées. C’est une fausse alerte, selon le président du Conseil national des dialysés et insuffisants rénaux du Bénin (Conadir-Bénin), Mohamed M. Rahimy-Titus, qui indique que non seulement ce produit existe déjà dans les stocks des produits de soins aux dialysés.

« Il n’y a pas péril en la demeure en ce qui concerne la situation des dialysés du Cnhu-Hkm », a confié Mohamed M. Rahimy-Titus, président du Conseil national des dialysés et insuffisants rénaux du Bénin (Conadir-Bénin). « Même si l’arrivée de la commande a connu un retard, le Cnhu n’aurait pas enregistré des décès dans les rangs des dialysés », a-t-il affirmé. 

« Beaucoup considèrent la dialyse comme étant une maladie qui tue. Mais la dialyse n’est pas synonyme de mort. Lorsque vous êtes détecté et que vous venez en dialyse, vous êtes capable de vivre 40 à 50 ans en plus », laisse-t-il entendre. « C’est quand on ne détecte pas la maladie qu’elle tue, surtout si le dialysé ne respecte pas les conseils diététiques élémentaires», ajoute-t-il.
Aujourd’hui, il y a plus de 30 personnes hospitalisées à la néphrologie et c’est souvent des gens qui ont déjà pris par les guérisseurs ou les tradi-praticiens et arrivent tout fatigués à l’hôpital. Pour lui, on ne saurait les appeler des dialysés qui meurent. Car, ils ne sont pas encore en traitement de dialyse. Lorsque les patients sont financièrement épuisés, ils courent au ministère de la Santé pour une prise en charge automatique. Encore que ceux dont on parle ne sont pas morts par faute de néo-recormon ou de kit, assure le président du Conadir-Bénin qui estime que ces alertes sont du fait de ceux-là qui empochaient les sous de l’Etat sans pouvoir véritablement honorer leurs engagements. Il dénonce la politisation à outrance qui vise à dramatiser les faits sans avoir les preuves des allégations.

Certes des problèmes existent

Mohamed M. Rahimy-Titus ne nie pas l’existence des problèmes au Cnhu ou plus précisément à l’unité du centre de dialyse, en matière de soins ou du personnel suffisant. A la date du 30 juin dernier, précise-t-il, l’Etat doit au Cnhu, environ 3 712 248 852 F Cfa pour la dialyse alors qu’il faut lancer la commande de néo-recormon et les kits de dialyse des mois à l’avance. C’est pourquoi, l’unité du centre des dialysés fonctionne sur les ressources propres du Cnhu. Un fonctionnement qui épuise les appareils qui doivent travailler 24 h / 24. En outre, le fonds des dialysés logé au ministère de la Santé en 2018 est insuffisant pour soigner les 257 dialysés du Cnhu. Alors qu’il faut 30 dialysés par médecin, soit 120 dialysés pour les quatre médecins disponibles. Ceux dont les dossiers ne sont pas encore à jour sont aussi servis dans les stocks existants.
Mohamed M. Rahimy-Titus propose que l’Etat revoie les systèmes de fonctionnement de la néphrologie et la dialyse au Bénin. Il faut qu’on encourage beaucoup de gens à être spécialistes en néphrologie ; que si l’Etat évacue quelqu’un au Cnhu, que sa subvention arrive à temps pour éviter le greffage des nouveaux sur les anciens, préconise-t-il. Il va falloir également une extension des centres de dialyse dans les autres départements pour éviter que tous les malades s’agglutinent au Cnhu de Cotonou, poursuit-il. L’Etat doit aussi payer ses redevances à temps et trouver une ligne budgétaire aux dialysés et en même temps, le nombre de malades transférés doit être en adéquation avec l’argent disponible. Car, seul l’argent permet de lancer les commandes chez les fournisseurs de kits. La preuve est qu’il a été commandé à Frezenus 20 machines et à B-Brand 10 avec un contrat de cinq ans. Ces fournisseurs n’ayant pas été payés, traînent à livrer les matériels.

Conseils diététiques élémentaires aux patients en hémodialyse

Boire un demi-litre d’eau par jour. N’exagérez pas !
Evitez la consommation d’alcool, du tabac ou autres drogues, de potions et de mixtures traditionnelles.
Evitez les fruits secs (haricots de toutes sortes, dattes, raisins secs, chips, fruit noir, poire noire (fon), arachides et dérivés, le néré, l’acajou.
Vous pouvez en manger en début de dialyse.
Les fruits ci-après sont trop riches en potassium : banane, avocat, goyave, carottes, poire, papaye, corossol, mangue, kola, la pomme sauvage ;
Les sauces et autres aliments à consommer avec modération en respectant le mode de cuisson particulier : le gombo, le crin-crin, la noix de pomme sauvage, les légumes, l’igname, la patate, la moutarde, le manioc, le taro, le maïs, le cacao, le café, la sapotille, la pomme cannelle,
Mangez de moins en moins salé, le sel entretient l’hypertension artérielle.
Evitez autant que possible les huiles, les graisses animales et le sucre.
Consommez à volonté de la viande, du poisson et autres crustacés, l’escargot pour leurs protéines.
Vous avez droit à 200 g de fruit par jour. Nous vous conseillons une tranche d’ananas, une pomme, deux oranges, de la pastèque, une grenadine, deux mandarines.
En règle générale, faites attention à tout ce que vous portez à votre bouche. Les intoxications alimentaires, les diarrhées, les dysenteries doivent être traitées avec rigueur. Tout état fébrile doit vous faire penser à un paludisme ou à une infection microbienne. Consultez votre néphrologue qui seul connaît la conduite à tenir. Ne prenez pas de conseils médicaux pirates. Vous êtes unique. Une médication peut soulager votre ami mais peut être toxique pour vous. Attention à l’automédication. Soyez sobre dans le principe et faites violences sur vous-même pour ne pas lâcher prise.

Source : Conadir-Bénin

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