Le maire de Banikoara, Bio Sarako Tamou est menacé de destitution. Vingt-deux conseillers sur les vingt-neuf que compte le conseil communal désirent lui retirer leur confiance pour, entre autres, « mauvaise gestion ».

Telle une braise incandescente qui couve sous la cendre, la crise qui sévit au sein du Conseil communal de Banikoara n’en finit plus de se raviver. Elle vient de prendre une autre tournure avec le dépôt d’une motion par 22 des 29 conseillers de la commune, pour la convocation d’une session extraordinaire. Laquelle, selon les signataires de la demande, devrait décider du sort du maire Bio Sarako Tamou, après l’organisation d’un vote de défiance. C’est à travers une correspondance en date du lundi 6 août dernier à lui adressée et déposée au secrétariat de la mairie, hier mardi, avec ampliation à l’autorité de tutelle, le préfet de l’Alibori

En effet, mécontents de lui, les 22 conseillers dissidents réclament à nouveau son départ de la tête de la mairie. Réunis au sein du « Collectif des conseillers pour un Nouveau départ de la commune de Banikoara », les conseillers dissidents ne partagent plus sa vision.
Après avoir saisi, puis informé le préfet de l’Alibori de la situation, ils ont déposé leur motion sur la table du maire. Ils estiment, précise leur lettre, avoir agi conformément à l’article 53 de la loi n° 97-029 du 15 janvier 1999, portant organisation des communes en République du Bénin.
Comme griefs, ils reprochent à Bio Sarako Tamou, sa gestion solitaire, son abus de pouvoir et le peu d’égard et de considération qu’il accorde aux autres conseillers communaux. Ils dénoncent aussi sa « mauvaise gestion » et la « politisation à outrance des ressources humaines de la mairie », puis « la mauvaise planification des ressources matérielles et financières ».
« Que la signature de la motion ait été faite spontanément et de façon volontaire, sans aucune pression, c’est un soulagement », a indiqué l’un des 22 conseillers signataires, Mashoud Bori Bata. Selon lui, cette motion de destitution n’est pas la première adressée au maire Bio Sarako Tamou. Il y a environ un an, rappelle-t-il, certains conseillers en avaient déjà signé une. « Mais puisqu’après tout, le linge sale se lave en famille, la situation a été réglée à l’amiable », confie le conseiller dissident. Il avoue que c’était grâce à l’intervention des têtes couronnées. « Le maire qui s’est excusé avait également promis de changer. Mais comme ce ne fut pas le cas, nous avons alors décidé de revenir à la charge », a laissé entendre Mashoud Bori Bata.
C’est la preuve, au regard de tout ce qui précède, qu’il y avait un malaise au sein du Conseil communal de Banikoara. Désormais, tous les regards sont tournés vers la préfecture de Kandi, pour la mission de conciliation du préfet Mohamadou Moussa.
Bio Sarako Tamou, 35 ans, gestionnaire de profession et ancien intendant du Lycée technique agropastoral de Banikoara, alors 1er adjoint, a été élu maire de la commune de Banikoara, le 11 janvier 2016. C’était en remplacement de l’ancien maire Sanni Innocent Sabi Yo dont le siège a été invalidé par la Cour suprême, pour n’avoir pas démissionné de son poste d’agent salarié de la mairie au moins un an avant les dernières élections communales, conformément à l’article 419 de la loi n° 2013-06 portant Code électoral en République du Bénin.

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