A la faveur du Forum politique de haut niveau sur le développement durable, tenu à New York qui a pris fin ce mercredi 18 juillet, le Bénin a présenté sa contribution à la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (Odd). Les progrès réalisés ainsi que les défis à relever ont été exposés à l’occasion par Abdoulaye Bio Tchané, ministre d’État chargé du Plan et du Développement, chef de la délégation béninoise.

Du 16 au 18 juillet, s’est tenu le Forum politique de haut niveau sur le développement durable au siège des Nations Unies à New York. Le Bénin qui a participé pour la deuxième fois à ce forum, après l’édition de 2017, a présenté son rapport sur sa contribution à la mise en œuvre des Odd. Ce rapport exposé par le ministre d’État, chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané, présente les efforts du Bénin pour atteindre les Objectifs de développement durable (Odd), mais surtout donne un aperçu sur les moyens mis en œuvre, notamment l’instrument de mobilisation des ressources en faveur des Odd de la sphère environnement : le Programme pays pour l’environnement au fonds vert climat et l’instrument de mobilisation des ressources en faveur des Contributions déterminées nationales (Cdn) sur le volet Plan d’affaires climat.

Le rapport présenté par Bio Tchané signale que le Bénin s’est engagé dans la réalisation du costing des Odd en vue d’identifier les besoins en ressources nécessaires pour l'atteinte des cibles prioritaires et d’évaluer le coût de ces besoins. Dans la même dynamique, le document indique que le gouvernement a veillé à l’intégration des Odd dans le Plan national de développement 2018-2025 et le Programme de croissance pour le développement durable (Pc2d), son outil d’opérationnalisation, de même que l’alignement des Plans de travail annuels (Pta) des ministères sur les Odd.

Progrès et cibles

La partie la plus importante de ce rapport est celle de la présentation des progrès réalisés sur les objectifs et les cibles. Le rapport souligne que l’analyse diagnostique montre que des efforts restent encore à faire en matière de lutte contre la pauvreté et de sécurité alimentaire. Concernant l’approvisionnement en eau potable, le taux d’accès des ménages est en nette amélioration, même si les besoins des populations ne sont pas encore totalement couverts. Sur le plan énergétique, le taux de couverture énergétique en 2016 s’est établi à 46,5 %. Bien que le Bénin dispose d’un potentiel hydro-électrique relativement important et d’un potentiel important en énergies renouvelables non valorisé, le rapport insiste néanmoins que le pays reste dépendant de plus en plus de ses voisins pour son approvisionnement en énergie.
Selon le rapport, la situation des villes béninoises est marquée par l’inadaptation du cadre de vie et du niveau de service aux besoins de bien-être des populations. Aussi, il est à signaler la dégradation des terres et la désertification sur l’ensemble du territoire.
Face à ces problèmes identifiés, le rapport indique que le Bénin a proposé des réponses politiques dont, entre autres, la politique de protection sociale : Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch), la valorisation des potentialités locales par la territorialisation du développement agricole, à travers les Pôles et des actions phares en matière d’accès à l’eau potable et du développement des capacités de production et de distribution de l’eau potable.

Objectifs et mesures envisagées

Prenant les trois secteurs clés sur lesquels les engagements ont été pris (Energie, Agriculture et Foresterie), il a été défini des objectifs spécifiques pour chaque secteur avec des mesures envisagées. Pour atteindre les objectifs fixés dans le secteur de l’énergie, le rapport pays suggère qu’il est indispensable de développer la production de l’électricité à partir du gaz et les sources renouvelables, étendre l’accès des ménages à l’éclairage électrique en remplacement du kérosène. Mieux, il est envisagé de renforcer les actions de consommations efficaces d’énergie électrique, de promouvoir les technologies basses consommatrices de bois-énergie. Aussi, est-il attendu de promouvoir la substitution partielle des consommations du bois-énergie par le gaz butane.
En ce qui concerne le secteur de l’agriculture, il est prévu la promotion des itinéraires techniques culturaux améliorés de production végétale. La promotion des techniques de gestion de la fertilité des sols, de même que celle des aménagements hydro-agricoles, sont en outre des priorités.
Quant à la foresterie, il est recommandé l’accroissement de la capacité de séquestration du carbone des écosystèmes forestiers du pays à travers la mise en œuvre des aménagements durables des forêts naturelles et le renforcement des efforts de reforestation/plantation.

Plan d’affaires climat

Pour mobiliser les ressources en vue de la mise en œuvre des Odd, le gouvernement a réalisé le mapping des partenaires techniques et financiers (Ptf) et des organisations de la Société civile (Osc), pour mieux orienter les interventions des Ptf vers les cibles prioritaires et capter le financement privé en faveur des Odd.
Selon le rapport, les actions prévues dans le cadre de la des contributions déterminées nationales (Cdn) du Bénin, visant la sauvegarde de l’environnement riment avec création de richesse. Il soutient que « l’investissement dans les activités de sauvegarde de l’environnement est très compatible avec les objectifs de création de valeur ». Cela amène le secteur privé à y trouver des opportunités d’investissement assez intéressantes. D’où le plan d’affaires climat qui met en lumière des opportunités d’investissement susceptibles d’attirer ou d’être porteuses d’intérêt pour le secteur privé.
Dès lors, les objectifs poursuivis par les Cdn et dont le coût est estimé à plus de 11 milliards de dollars américains ne seront plus uniquement l’apanage d’un financement public et/ou des partenaires financiers bilatéraux et multilatéraux sous forme de subvention ou d’aide au développement. Le secteur privé peut s’en saisir pour créer de la valeur sur la base d’une activité viable, durable, autonome et rentable.
Le Plan d’affaires climat conclut donc sur les actions phares qui présentent, selon le rapport, « des profils de rentabilité les plus attractifs pour le secteur privé ». Ces actions concernent la construction de centrales thermiques bicombustibles (fioul, gaz naturel) ; la construction des fermes solaires photovoltaïques; l’électrification de 600 localités actuellement exclues du réseau de distribution conventionnel ; la mise en exécution de projet d’efficacité énergétique pour divers secteurs ; la mise en exécution du plan de reboisement par des plantations massives

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