Le rêve a pris corps avec le lancement officiel, vendredi 29 juin dernier à Cotonou, du marché régional de l’électricité de la Cedeao. L’initiative de cette institution spécialisée pour l’accès à un marché unique de l’électricité pour les pays membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) avait germé en 1999 à l’occasion 22e sommet des chefs d’Etat et de gouvernement.

Le secteur de l’énergie a pendant longtemps focalisé l’attention des dirigeants de la sous-région. Malgré les investissements et réformes, il continue de connaître de nombreuses difficultés au nombre desquelles l’inadéquation de l’offre et de la demande ainsi que la faiblesse des infrastructures de production, de transport et de distribution. D’où la marche vers un marché unique pour les pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Marché officiellement lancé, vendredi 29 juin à Cotonou, à la satisfaction de nombreux acteurs publics et privés du secteur de l’énergie. L’instant était solennel, avec le dévoilement par les personnalités présentes de la plaque-symbole du lancement qui vient concrétiser un long processus amorcé depuis de nombreuses années. « Nous touchons finalement au but. Nous devons garder à l’esprit la finalité de notre projet à savoir la résolution à terme des énormes difficultés vécues par les populations et industries de notre région quant à leur accès à de l’énergie électrique fiable, permanente et à un coût maîtrisé et compétitif », fait observer Sédiko Douka, le commissaire de la Cedeao chargé de l’énergie et des mines.
Cette réforme, soupire le ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané, vient comme un soulagement parce que « l’énergie est aujourd’hui le premier obstacle à la croissance économique », hélas soumise à de nombreuses insuffisances. « Avec un taux moyen d’accès à l’électricité de moins de 40 %, nos pays demeurent encore très faiblement desservis, comparé à la moyenne observée de 97% pour les pays d’Asie de l’Est et Pacifique ou de 98% pour l’Amérique latine et les Caraïbes », indique-t-il. Pour pallier ces insuffisances, poursuit-il, il est important de doter les pays de moyens permettant de disposer de services énergétiques de qualité, en quantité suffisante, dans des conditions optimales de coût et de sécurité des approvisionnements.

Diversifier les sources et types d’énergie

De façon précise, détaille le ministre d’Etat, il s’agit à travers ce marché commun d’accroître les capacités de production ainsi que les moyens de transport et de distribution de l’énergie, de renforcer des capacités institutionnelles, réglementaires et des ressources humaines dans le secteur de l’énergie, de mettre en place une politique de diversification des sources et types d’énergie plus particulièrement, en matière d’énergie rurale, d’énergie solaire et la biomasse. Il dit être persuadé que le marché régional de l’électricité de l’Afrique de l’Ouest viendra en appui aux efforts, pour sortir le secteur de l’énergie de l’ornière et apportera des solutions durables à la crise énergétique qui secoue la communauté ouest-africaine. La mise en place d’un tel marché est aussi devenue nécessaire pour résoudre le problème de la répartition inégale des ressources énergétiques entre les pays et pour combler le fossé entre l’offre et la demande d’électricité.
A terme, l’intégration régionale du secteur ouest-africain dans un marché unifié permettra aux populations des Etats membres de la Cedeao de bénéficier d’un approvisionnement électrique régulier, fiable et à moindre coût. Pour la régulation de ce marché, il a été mis en place l’Autorité régionale de régulation du secteur de l’électricité de la Cedeao. Laquelle est investie de la mission d’assurer la régulation des échanges transfrontaliers d’électricité entre les Etats membres.
Véronique Jansee, porte-parole des partenaires techniques et financiers au cours de cette cérémonie de lancement, a aussi salué une telle initiative, au regard de l’importance que revêt l’énergie, devenue une substance vitale pour les populations et sans laquelle aucun développement ne peut être envisagé. Et cela, le gouvernement du Bénin, à en croire le ministre en charge de l’Energie, Jean-Claude Dona Houssou, l’a si bien compris qu’il a fait de l’énergie électrique une des priorités majeures de son programme d’action?

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