Dans le fond culturel fon, lorsqu’on porte le patronyme Fifamè, cela est lourd de sens. Cela implique surtout que vous êtes appelé à prendre très tôt votre destin en main, trop tôt sans aucun doute. Et ce destin, Joseph Fifamè Djogbenou, devenu l’un des ténors du Barreau béninois, à la suite des Mes Robert Dossou ou Alfred Pognon, l’a assumé avec réussite, de l’apprenant des bancs du Père Aupiais à l’avocat, passant de la mobylette à la voiture de sport, et mieux encore…Téméraire, voire fougueux, Me Joseph Djogbénou, dans le trafic béninois où il faut jouer des coudes et des mains pour se frayer un chemin, parti de rien, a désormais voix au chapitre et pignon sur rue comme on dit trivialement. Un destin de Joseph en somme !
Comme Joseph de la Genèse, personne n’aurait prédit au natif d’Agbangnizoun, qu’il serait porté au Pinacle si les voies du destin n’en avait ainsi décidé. A travers ce couloir de triomphe alternant les réussites et les échecs qu’on nomme carrière, il doit sa réussite surtout à sa ténacité au travail, l’opiniâtreté dont il fait montre, à son courage. Cumul d’une suite de ce que certains pourraient appeler hasard et de ferme détermination.
Le voilà, rêve de nombreux juristes, aujourd’hui au tabernacle du dire droit qu’est la Cour constitutionnelle qu’il va sans doute bientôt présider. Très élogieux à son sujet, son confrère Jacques Migan a pu dire de lui : « Le choix de Joseph Djogbénou est un très bon choix. C’est un choix du peuple à travers les députés. Le professeur Joseph Djogbénou est un homme honnête, rigoureux et très professionnel qui a fait ses preuves à quatre niveaux. Déjà en tant qu’avocat, professeur d’université où, il a partagé ses expériences et son savoir avec les étudiants. En plus, il a été député à l’Assemblée nationale et président de la commission des lois ». Autant d’arguments qui portent en faux les réserves émises par certaines voix critiques au sujet des dispositions de cet agrégé de droit, droit privé et sciences criminelles, docteur en droit privé, à pouvoir diriger la Cour constitutionnelle. Major de sa promotion au certificat d’aptitudes à la profession d’avocat en 1998 juste après l’obtention de sa maîtrise en droit, inscrit au Tableau en 2000, membre du conseil de l’Ordre des Avocats du Bénin, il est évident que le parcours de Joseph Djogbénou est tout dédié au droit, car même dans la vie associative il s’est consacré à cette matière en tant que président de l’ONG Droits de l’Homme, Paix et Développement (DHPD).

Pour le reste, à propos de son action (imminente à moins d’un extraordinaire) à la présidence de la Cour constitutionnelle, on pourra d’ores et déjà se rendre à l’avis d’un de ses prédécesseurs : «Ce qui est important pour le Juge constitutionnel, c’est la démocratie et l’Etat de droit qui est fondé sur la Constitution», professe Robert Dossou, soulignant l’ambivalence qui entoure cette fonction. «On n’est pas aimé tous les jours de la même manière», indique-t-il. «Le même qui vous aime aujourd’hui, peut vous vilipender le jour d’après, et plus tard il vous aime encore selon les décisions que vous rendez», fait sérieusement observer Robert Dossou. Sans s’offusquer de ce yoyo dont se rend coupable l’opinion publique et qui participerait à la dynamique de l’apprentissage démocratique…Avis donc !

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