A l’initiative de la Fondation Claudine Talon en collaboration avec Clinton Health Access Initiative, Cotonou abrite une table ronde sur l’élimination de la transmission mère-enfant (Etme) et la prise en charge pédiatrique (Pecp) au Bénin. La rencontre ouverte, ce mardi 5 juin, par le ministre d’Etat, chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané, vise à accroître les efforts en faveur de l’Etme et de la Pecp.

La situation des femmes et des enfants vivant avec le Vih au Bénin préoccupe la Fondation Claudine Talon et ses partenaires. La table ronde ouverte dans ce cadre, ce mardi 5 juin, se propose de faire des plaidoyers en faveur du renforcement des actions dans le cadre de l’Elimination de la transmission de la mère à l’enfant (Etme) et de la prise en charge pédiatrique (Pecp).
La rencontre vise à « mobiliser et à sensibiliser tous les leaders politiques et de la société civile, nationaux et internationaux ainsi que les partenaires techniques et financiers intervenant dans la lutte contre le Vih pour qu’ils intensifient, réaménagent, réorientent et renforcent leurs interventions en faveur des cibles de la prise en charge pédiatrique du vih et de l’Elimination de la transmission de la mère à l’enfant (Etme) au Bénin ».
En matière de contamination du Vih/Sida, les statistiques que révèle la première dame, marraine du plan Etme au Bénin, Claudine Talon, sont sans appel. « Sur 100 personnes contaminées par le Vih au Bénin, on dénombre dix enfants âgés de 0 à 14 ans, dont seulement trois bénéficiant d’un traitement Arv. La mortalité des enfants infectés a quasiment triplé au Bénin entre 2015 et 2016 révélant ainsi que la couverture et la qualité de la prise en charge pédiatrique sont en deçà des objectifs 90-90-90 que le Bénin s’est fixés d’ici à 2020 », signale-t-elle.
La situation des femmes indique aussi l’urgence des actions à mener. « Quant aux femmes dépistées séropositives, 4 sur 10 ne bénéficient pas du protocole Etme ». A cette insuffisance, elle ajoute l’inexistence des statistiques des femmes enceintes suivies dans les structures sanitaires privées, qui sont faiblement engagées dans la riposte.
La maîtrise de la maladie devient dès lors un impératif. « Elle nous impose d’éliminer par tous les moyens toutes nouvelles infections et la transmission du virus de la mère à l’enfant ; la procréation perpétuant l’espèce, nous sommes tenus de préserver nos progénitures du Vih », lance-t-elle.
Le gouvernement a pleinement conscience des défis à relever. Selon le ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané, la question de la transmission du Vih de la mère à l’enfant est un obstacle à lever en faveur de la survie des enfants affectés. « Il s’agit pour nous de travailler pour nous assurer que chaque mère est fière de son enfant et que tous les bébés nés au Bénin ont les mêmes chances de survie quelle que soit leur lieu de naissance et quelles que soient les conditions de leurs parents », indique-t-il.
La lutte contre le Vih/Sida au niveau des cibles indiquées est aussi le cheval de bataille de ‘’Clinton Health Access Initiative’’(Chai). Dans le cadre de l’Etme et de la Pecp, Chai se propose de travailler avec le gouvernement et les acteurs à divers niveaux pour appuyer l’un des centres d’excellence en vue de l’amélioration de la prise en charge clinique et psychosociale des enfants et des femmes vivant avec le Vih. Chai fournira un soutien programmatique avec un accord de financement et une expertise de qualité à tous les niveaux, annonce sa représentante, Stella Zekeng.

Vih, Arch et atteinte des Odd

Au-delà des efforts du Bénin en matière de lutte contre le Vih/Sida, le gouvernement sait qu’il doit mettre les bouchées doubles en vue d’être en phase avec les Odd.
« Pour atteindre les Odd en matière de Vih, notamment dans ces cibles 3.2 et 3.3 respectivement sur la mortalité infantile et néo-natale et l’élimination du Vih/Sida, les analyses les plus crédibles concluent à développer la prévention, le traitement et les soins dont le dépistage est la principale porte d’entrée, explique le ministre d’Etat, chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané. « Il nous paraît essentiel de mettre l’accent sur cette prévention dans le cadre d’une réponse complète et holistique, favorable à un accompagnement efficace des personnes affectées ou vivant avec le Vih », développe-t-il. Il poursuit : « Nos interventions doivent être surtout basées sur une prévention efficace des nouvelles infections afin de mettre un terme à l’épidémie du VIH », indique-t-il.
La mise en œuvre du projet Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch) est l’une des réponses appropriées à la lutte contre le Vih. A l’occasion de la table ronde, le ministre a établi le lien entre le nouveau dispositif de protection sociale et la riposte contre le Vih Sida. « Nous avons la ferme conviction que la mise en place d’un nouveau système de protection sociale à travers l’Arch contribuera à atténuer la fragilisation des conditions de vie et par ricochet la diminution de la propagation du Vih », assure-t-il. Il explique que l’Arch vient répondre au besoin pressant de disposer d’un cadre d’action intersectoriel et cohérent, visant à soutenir la lutte contre des situations de handicap pour lesquelles les conditions sociales, légales et économiques jouent un rôle déterminant dans la dissémination?

L’expérience de Suru Léré

Les participants à la table ronde sur l’Etme et la Pecp/Sida ont effectué une visite de terrain sur le site de prise en charge de Suru Léré où ils ont pu apprécier l’expérience du Centre hospitalier et universitaire de zone de Suru Léré (Chuzsl) et les efforts de cet hôpital dans le cadre de l’Etme et la Pecp, en vue des actions à mener. Le dispositif mis en place ici renseigne sur l’amélioration et le suivi de la prise en charge des différentes cibles.
De la présentation faite par la pédiatre Annick Capo-Chichi Amoussou, il se dégage une fierté par rapport aux résultats du taux de prévention mère-enfant.
L’efficacité des dispositions mises en œuvre dans le cadre de la Transmission de la mère-enfant se mesure par la réduction du taux résiduel de la transmission qui est d’environ 2 % dans l’hôpital contre 6,7 % au plan national. Le système de réseautage installé favorise le dépistage d’un nombre important de femmes et le retour des perdues de vue.
Relativement aux difficultés du centre, elle évoque la faible rentabilité de l’activité de prise en charge, l’absence de prise en charge sociale des parents et des enfants et l’insuffisance du personnel. Elle plaide pour l’extension du service de pédiatrie, de la maternité, de la salle d’accouchement et des services d’hospitalisation. Des doléances bien notées par la marraine du plan Etme, Claudine Talon, qui n’a pas manqué de saluer les efforts du centre?

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