Les acteurs et structures impliqués dans les malversations dans le cadre du chantier de construction du siège du Parlement à Porto-Novo en répondront par les voies indiquées. Le Conseil des ministres de ce mercredi 16 mai, statuant à la suite du rapport d’audit technique, financier et juridique dudit chantier, a pris une série de mesures.

« Il faut faire en sorte qu’il y ait des clarifications parce que près de 22 milliards ne peuvent ne pas donner des suites lorsque les objectifs fixés n’ont pas été atteints ». Joseph Djogbénou, ministre en charge de la Justice est formel. Dans le dossier de la construction du nouveau siège du Parlement à l’entrée de la ville de Porto-Novo, des têtes tomberont. Ce chantier « marque la qualité de la gouvernance antérieure. Jamais un pays qui a peu de moyens ne peut être géré avec un esprit d’amateurisme par rapport aux charges que les actes posés font peser sur l’Etat et sur le contribuable », a expliqué au cours de son traditionnel point de presse, le ministre Joseph Djogbénou.
Le Conseil des ministres de ce mercredi 16 mai a en effet connu du sujet, eu égard au contenu du rapport d’audit sur ledit chantier et a pris les mesures idoines qui vont de la rupture des contrats au recouvrement des sommes dues à l’Etat en passant par des poursuites judiciaires.
Quatre grandes décisions ont été prises à ce propos. La première, c’est de faire assurer la surveillance du chantier. La deuxième est que le gouvernement se propose de « situer les responsabilités des différents acteurs impliqués dans la mise en œuvre du projet et d’engager des poursuites judiciaires contre les auteurs des malversations constatées ». En troisième lieu, il entend procéder à la résiliation amiable ou par voie judiciaire des contrats relatifs aux travaux de construction du siège de l’Assemblée nationale. Puis enfin, il procédera aussi au recouvrement des sommes dues et à la réparation des dommages causés à l’Etat par le maître d’ouvrage délégué et les autres entreprises prestataires sur le chantier.
A l’étape actuelle, indique le Conseil des ministres, le maître d’ouvrage délégué (Serhau Sa), a déjà encaissé pour la réalisation de ce chantier 22 664 019 976 F Cfa, soit 50,2 % du coût d’objectif, pour un taux d’exécution physique global d’environ 45,71 %. Or, selon l’audit, « pour achever les travaux, il faudra encore mobiliser 22 501 709 588 F Cfa sans la garantie de la durabilité de l’ouvrage érigé sur un sol marécageux, avec des défaillances techniques graves ». Face à cette situation, le Conseil des ministres a donc pris acte de la volonté de la majorité des députés de voir arrêter les travaux en vue de construire un nouvel édifice sur un autre site, et d’engager la responsabilité de toutes les personnes impliquées. « Le dossier sera transmis d’une part à la Justice à qui il sera demander de situer les responsabilités et d’appliquer les sanctions que les lois de notre pays ont prévues », a insisté le ministre Joseph Djogbénou. Mais le gouvernement ne compte pas s’en tenir à cette seule formalité et entrevoit par ailleurs que « l’administration et la justice assumeront parfaitement leurs responsabilités », notamment pour ce qui est du ressort de la gestion marchés publics?

Liste des sociétés dont les contrats sont à résilier

Gros-œuvre : BENIN BATISSES TP, RCB, GAMEF, BETAFRIC, JUBIT.
Menuiserie bois : COMOVEP
Menuiserie alu : ECOMA
Menuiserie métallique et ferronnerie : CIA
Electricité courant fort, groupe électrogène, ascenseur : SEIB
Courant faible : SEIB
Revêtement, peinture, étanchéité : EBS, CNC, ECMA, DYJESK, ABD, ERUDIT, HBP
Climatisation, ventilation : SEIB
Plomberie sanitaire : SOGEI
Aménagement intérieur : MAYARICK
Construction de voie ceinturant le site : LOGIC
Eclairage du chantier : ADJAF SERVICES
Bureau de chantier : ARCHICAD
Maître d’œuvre : GROUPEMENT TROPHEE
Contrôle d’ingénierie : GROUPEMENT ACL-GEO CONSULTING
Bureau de contrôle technique : SOCOTEC
Laboratoire : CNERTP

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