Face aux journalistes des médias étrangers, dimanche dernier, le président Patrice Talon s’est prononcé sur plusieurs sujets concernant l’actualité nationale après ses deux ans de gouvernance. Il a expliqué les choix opérés dans sa politique de gestion depuis avril 2016, tout en soulignant que son gouvernement fait bouger de plus en plus les agrégats de développement et que bientôt les fruits des efforts vont commencer à tomber.

Sur la croissance qui peine à régler le problème de chômage, le président Patrice Talon a expliqué que l’emploi ne se décrète pas et qu’il vient à la suite d’un processus de relance de l’économie. Il a rassuré que les indicateurs sont bons et annoncent de bonnes perspectives pour la création d’emplois. Pour lui, sans rente minière, il est impossible de transformer la vie de onze millions de personnes en quelques mois. « Ce qui est important, a-t-il souligné, est de se demander si ce que nous faisons est de nature à construire une économie prospère et de façon durable ». Il faut du temps pour que les effets de l’assainissement du pays se ressentent et rejaillissent sur tous les Béninois, conçoit-il. L’investissement ne se fait pas en claquant des doigts, il faut une période d’étude, d’implantation, de mobilisation financière, a ajouté le chef de l’Etat. 

Sur la question de la libération de l’espace public avec l’économie informelle des trottoirs et des rues mis à mal de ce fait, le président Patrice Talon a d’abord montré la pertinence de l’opération. Pour lui, ce n’est parce qu’on est pauvre qu’on doit être dans la saleté, dans le désordre et que les périphéries de nos rues et de nos trottoirs soient transformées en des marchés pendant que les marchés eux-mêmes sont à moins de 40% occupés. Il se demande de nouveau, si c’est parce que les rues ne sont pas suffisamment asphaltées que nous devrons les encombrer de tout, de sorte qu’il n’y ait nulle part où passer. Et que les trottoirs doivent être encombrés au point que les piétons sont obligés de marcher sur la chaussée au risque de se faire ramasser ?
L’action gouvernementale a deux intérêts : construire les infrastructures et éduquer, a souligné le chef de l’Etat, M. Patrice Talon. Il est important de dire à nos concitoyens que ce n’est pas parce qu’on a démarré les travaux d’asphaltage qu’on les a dégagés des rues. Non ! Il faut qu’ils comprennent qu’on ne doit pas s’installer sur les trottoirs, qu’on ne doit pas développer son commerce sur les trottoirs alors que les marchés sont vides. Il n’est pas normal que dans un pays, le commerce coure derrière le client. Sinon, le jour viendra où les commerçants viendront rester devant les portes des habitations pour être les premiers à proposer leurs produits aux clients, avertit-il.

Au sujet de la gouvernance

«  Le pays doit contribuer à la prospérité de tout le monde. Je ne trouve pas que ce soit une mauvaise chose d’avoir à l’esprit l’efficacité, la prospérité durable. Et c’est cela qui constitue les paramètres des décisions que nous prenons », laisse entendre le président Patrice Talon. « Il ne sert à rien de dire que ce qui importe dans le pays est de faire au quotidien plaisir aux uns et aux autres sans résoudre les problèmes essentiels sans apporter des solutions aux problèmes de santé, d’éducation, d’énergie, d’infrastructures. Chacune de ces choses a besoin d’efficacité », poursuit-il.
Sur la gestion du port de Cotonou confiée au port d’Anvers, et les négociations en cours pour confier la gestion de l’aéroport de Cotonou à une société française, le président Patrice Talon se défend en révélant que ces entreprises demeurent des entreprises d’Etat. « Ce que nous recherchons, c’est la gestion efficace, quelle que soit l’origine du gestionnaire. Qu’il soit Ivoirien, Togolais, Canadien, cela importe peu. Nous voulons de l’expertise pour gérer notre bien commun avec efficacité. Je vais chercher l’expertise où qu’elle soit», développe-t-il.
A une autre question relative à l’attribution des travaux des chemins de fer, concernant la réhabilitation du réseau ferroviaire sur 3000 kilomètres entre le Niger et le Bénin, le président Patrice Talon répond qu’il faut avoir le courage d’apprécier l’efficacité de la décision et savoir changer de cap si c’est nécessaire. « Le chemin de fer est un bien qui nécessite beaucoup d’investissements. Et économiquement, il n’est pas évident que le crédit commercial soit en mesure de financer les besoins. Il faut aujourd’hui, pour réaliser un chemin de fer convenable entre le Bénin et le Niger, 4 millions de dollars. C’est énorme! Ce n’est pas une somme que le secteur privé peut mobiliser », explique-t-il. « La Chine a décidé d’aider les pays africains avec 60 milliards de dollars pour les investissements, notamment les infrastructures du genre. Ce ne serait pas intelligent de ne pas aller chercher cette opportunité de financement pour résoudre notre problème de chemin de fer », ajoute-t-il.

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