Après moult tractations sur fond de calculs politiques et politiciens, l’Assemblée nationale a finalement désigné, à la faveur de sa séance plénière de ce jeudi 19 avril, ses neuf représentants au sein du Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée (Cos-Lépi).

Les députés Gildas Agonkan, Janvier Yahouédéhou, Sabaï Katè, Corneille Padonou, Valère Tchobo, Basile Ahossi, Guy Mitokpè, Dafia Abiba et Justin Adjovi sont les neuf représentants de l’Assemblée nationale au sein du Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée (Cos/Lépi). Les cinq premiers ont été désignés par la majorité parlementaire et les quatre autres par la minorité.
La liste unique nominative des neuf députés a été sanctionnée par un vote à bulletin secret et à la tribune de l’hémicycle : 49 Oui, 0 Non et 9 abstentions. Mais la désignation de Basile Ahossi par la minorité parlementaire a presqu’enflammé l’hémicycle. Pour plusieurs députés du Bloc de la majorité parlementaire (Bmp) dont Antoine Kolawolé Idji, le choix de leur collègue de la 17e circonscription électorale est illégale. D’autant que Basile Ahossi n’est pas de la minorité parlementaire. Il est du groupe parlementaire « L’Union fait la Nation », membre du Bmp. Et il n’a jamais démissionné de l’Un et fait une déclaration d’appartenance à l’opposition. Antoine Kolawolé Idji, président du groupe parlementaire « Un » considère la désignation de celui-ci comme nulle et non avenue. Mais le député de la 22e circonscription électorale sera rapidement contre-attaqué par son collègue Valentin Djènontin. Il trouve que c’est un faux débat. Basile Ahossi est bel et bien de l’opposition et par conséquent de la minorité parlementaire. Valentin Djènontin martèle que cette désignation ne souffre d’aucune illégalité.
Le débat a été houleux. Une situation qui a obligé le président à décider d’aller au bout de la procédure. Me Adrien Houngbédji a soumis la liste au vote de la plénière quitte à permettre à la Cour constitutionnelle de départager les uns et les autres quand elle sera saisie pour apprécier la constitutionalité ou non de la désignation du député Basile Ahossi en tant que représentant de la minorité alors qu’il serait membre de la majorité parlementaire. Les regards sont ainsi tournés vers le juge constitutionnel pour la suite de cette polémique.
Mais pour l’instant, la procédure de mise en place du Cos-Lépi suit son cours normal. La liste des neuf députés désignés sera transmise au gouvernement qui la complètera avec les deux autres membres restants et prévus par la loi à savoir le directeur général de l’Institut national de la statistique et de l’analyse économique (Insae) et le directeur national de l’état civil.
Le chef de l’Etat prendra ensuite un décret pour nommer les onze membres devant composer le Cos-Lépi qui sera chargé de conduire le processus d’actualisation de la Lépi. Ceux-ci seront invités à prêter serment devant la Cour constitutionnelle. Cette prestation de serment consacrera leur entrée en fonction pour un mandat qui dure en principe jusqu’au 30 juin prochain. Puisque le Code électoral a prévu la mise en place d’un autre Cos-Lépi dès le 1er juillet pour une durée de six mois.

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