Le maire de Ouaké, Alimiahou Titchalé Alassane, est menacé de destitution, quelques jours après sa sortie de prison. Huit conseillers dissidents demandent à nouveau à lui retirer leur confiance, après la tentative avortée de septembre 2017. Ils lui reprochent « des mauvais comportements et pratiques qui entravent la conduite des actions de développement » dans la commune.

Le maire de Ouaké, Alimiahou Titchalé Alassane, est menacé de destitution à nouveau. Huit conseillers communaux sur les quinze au total réclament son fauteuil, en formulant une demande de convocation d’une session extraordinaire pour un vote de défiance à son encontre.

A travers la correspondance en date du 12 avril dernier, les conseillers dissidents lui reprochent, entre autres, « une gestion discriminatoire sur fond de favoritisme », le « refus d’exécuter certaines décisions du Conseil communal » telles que le non affermage du marché de Kassoua-Allah, des « relations conflictuelles avec des conseillers communaux, chefs de villages et de quartiers de ville ainsi qu’avec des chefs des services. Ils s’insurgent également contre son « absence prolongée » à la mairie suite à son incarcération, entravant, selon eux, le bon fonctionnement des activités. En fait, le maire Alimiahou Titchalé
Alassane n’est sorti de prison que le vendredi 13 avril dernier, après avoir passé plus de trois mois en détention dans une affaire qui l’opposait à l’entrepreneur Soumanou Abassou Malanfali au sujet de la construction de l’hôtel de ville de Ouaké.
La crise au conseil communal de Ouaké ne date pas d’aujourd’hui. Les précédents griefs ont déjà fait objet de plusieurs reproches portés à la connaissance du maire et ont même conduit à une décision de destitution qui a été avortée après différentes médiations, rappellent les signataires de la motion. En effet, le 4 septembre 2017, neuf élus communaux avaient signé une motion de destitution du maire et lui ont adressé une demande de convocation d’une session extraordinaire pour lui retirer leur confiance. Le maire semblait l’avoir échappé belle. Mais pas pour autant, puisqu’il est à nouveau sur la sellette.
Les conseillers dissidents dénonçaient « une gestion hasardeuse, solitaire et opaque », « une indisponibilité notoire du maire et son incompétence à développer un leadership politique et diplomatique en vue d’impulser le développement harmonieux et équilibré, gage de paix et de cohésion sociale durable ». Aussi, le maire prioriserait-il des dépenses qui ne profitent qu’à lui et ses courtisans et aurait maintenu certains agents moins gradés que d’autres aux postes de chefs service au mépris des textes et des recommandations des auditeurs, selon les frondeurs.
Ces derniers fustigeaient également « le refus délibéré du maire de mettre en application des propositions faites par le conseil communal et la commission technique des affaires économiques pour l’amélioration des recettes communales, le mépris du maire à l’égard des conseillers locaux, des chefs de village, des opérateurs économiques locaux et même des sages ». Des allégations qu’a balayées d’un revers de la main le maire Alimiahou Titchalé Alassane, arguant qu’il s’agissait plutôt de manœuvres politiques.

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