Sur les 45 projets phares du Programme d’action du gouvernement « Bénin révélé », six sont réservés au secteur du tourisme. L’ambition ici, c’est de faire du tourisme un des leviers importants à même de révéler le Bénin au reste du monde. Depuis deux ans, des pas de géant ont été posés et le Bénin touristiquement révélé a pris son envol.

« Nous sommes riches d’un patrimoine historique, culturel et naturel extraordinaire dont nous pouvons être fiers. Ce patrimoine doit nous permettre de développer le tourisme, un secteur largement pourvoyeur d’emplois et capable de faire rayonner le Bénin dans le monde ». Cette déclaration du président de la République, Patrice Talon, à l’occasion du lancement du Programme d’action de son gouvernement traduit clairement sa vision et son ambition pour ce secteur pourvoyeur d’emplois et de devises. 

Au Bénin, la contribution du tourisme au Produit intérieur brut (Pib) est encore très modeste. Malgré son potentiel touristique exceptionnel, le pays est logé parmi les derniers pays au niveau de l’indice du développement touristique de l’Organisation mondiale du tourisme. A peine 200 000 touristes par an, selon des données de 2014. Un taux de fréquentation jugé trop modeste pour le régime de la Rupture qui a fait du tourisme l’un des piliers centraux du développement du Bénin pour les années à venir.

Le nouveau départ du parc de la Penjari

La plus grande réserve animalière de l’Afrique de l’Ouest part à la conquête de ses touristes perdus. Le parc de la Penjari vit à l’ère des réformes du Nouveau départ et sa flore et sa faune sont passées aux mains des professionnels de la gestion des parcs. Une révolution s’opère au niveau du parc de la Pendjari depuis la reprise de cet espace par l’organisation African Park Network. Cette structure allie haute technologie et expertise. En témoignent l’important arsenal qui y a été déployé et le travail abattu sur le terrain pour recenser et surtout sécuriser l’espace et ses occupants. Tout est également mis en œuvre pour l’atteinte de l’objectif « braconnage zéro ».
Tous les jours, une Ulm (petit avion) survole le parc à basse altitude pour détecter la moindre menace et surtout suivre le mouvement des bêtes. L’appareil se révèle encore plus utile à l’occasion de la pose des colliers Gps aux animaux. A ce dispositif, on a joint un suivi à la trace des animaux à travers un système satellitaire que coordonne une cellule au sol. Laquelle est en communication permanente avec les garde-faunes, les Rangers, dotés de téléphone satellitaire et autres moyens technologiques de haute portée. Tout le parc, d’une superficie de 4700 km², est cerné et le déplacement des animaux est suivi à la trace avec un compte rendu en temps réel, toutes les dix minutes.
Autre élément de la nouvelle vie du parc, les Rangers. Ils sont des remparts contre toutes incursions malveillantes dans le parc. Ces jeunes et vigoureux bras valides durement formés et chargés de la protection et de la sécurisation de la faune sécurisent 24 heures sur 24 la Pendjari pour le bonheur de la faune et des touristes. D’un parc désorganisé, désabusé, surexploité, braconné avec une quasi-absence de statistiques et de données fiables, African Park s’emploie à faire de la Pendjari une réserve naturelle où les animaux vivent en paix, sans la moindre menace et sans agression, assure James Terjanian, directeur du complexe de la Pendjari.

Réinventer la cité lacustre
de Ganvié

Les projets touristiques à l’heure du ‘’Bénin révélé’’ intègrent également la cité lacustre de Ganvié qui bénéficie désormais d’un vaste projet de rénovation. Le gouvernement avait, en son temps, instruit le ministre du Cadre de vie et du Développement durable à l’effet de faire engager les études de détails qui porteront sur neuf secteurs d’intervention dans la cité lacustre de Ganvié. Il s’agit de l’urbanisme, de la rénovation de l’habitat, des équipements de confort, de la santé, de l’enseignement, de la formation continue, de l’environnement du lac, de la pêche et du tourisme. Ceci, dans le cadre de l’initiative « Réinventer la cité lacustre de Ganvié », un des projets phares retenus par le Programme d’action du gouvernement (Pag). L’ambition ici, c’est de faire du tourisme un pilier majeur de l’économie béninoise. Le projet vise à faire de Ganvié, à travers la réhabilitation de son habitat, de son cadre de vie et de sa protection environnementale, un site pilote de mise en valeur d’un tourisme lacustre respectueux de l’authenticité et des normes environnementales. Il s’agit donc de réinventer cette cité lacustre sur des bases culturelles et sociales fortes et solides.

Le secteur culturel cherche ses marques

Si l’on peut admettre avec certitude, au regard des éléments sus-évoqués, que le secteur du tourisme est promis à un bel avenir sous le régime de la Rupture, l’on ne peut pas en dire autant du secteur culturel. Deux après l’avènement du régime de la Rupture, le secteur culturel marque encore les pas. Il n’a pas réussi à décoller. Les nombreuses réformes promises battent de l’aile et ne se concrétisent pas encore. Les anciennes structures de financement du secteur ayant montré leurs limites et ont, certes, été dissoutes mais les organes qui les remplacent tardent à s’installer pour relancer la promotion artistique et culturelle. Pendant ce temps, les artistes triment, du moins certains. Ceux qui avaient pris l’habitude de s’essayer loin des guichets étatiques poursuivent leurs aventures et projets sans anicroches. Mais la marmaille de gens sans formation ni talent qui vivaient sur le dos du Fonds d’aide à la culture l’ont appris à leurs dépens. Plus rien ne sera plus comme avant, promet-on depuis deux ans.
Sauf que les résultats ne suivent pas. Fort heureusement, il y a quelques jours, l’annonce de la tenue effective de la quatorzième édition du Festival international de théâtre du Bénin (Fitheb) a ravivé les cœurs et fait renaître l’espoir quant à la reprise imminente des activités culturelles, surtout lorsqu’on sait que le ministre en charge du secteur a dévoilé, il y a peu, son plan d’actions et le chronogramme retenu?

Mesures incitatives

Plus de trente pays africains sont exemptés de visas d’entrée au Bénin depuis plusieurs mois. Cette mesure de facilitation qui vise les touristes et autres demandeurs de séjour au Bénin concerne des pays comme l’Afrique du Sud, l’Angola, le Cameroun, la République démocratique du Congo, le Gabon, le Tchad, la Guinée équatoriale, la Tanzanie, le Rwanda, le Zimbabwe, etc. Les ressortissants de ces pays peuvent donc fouler le sol béninois sans difficulté ni formalités protocolaires de visas. Ils « sont exemptés du visa d’entrée au Bénin pour une durée n’excédant pas 90 jours ». Si la mesure vise à faciliter les échanges entre le Bénin et les autres pays du continent, elle penche également en faveur de la promotion touristique. Ce secteur porteur de ressources est hissé au rang de priorité de développement.
A cette première mesure, sera associée plus tard, une autre : la disponibilité en ligne du visa à destination du Bénin. Annoncée pour prendre effet depuis le début de cette année, cette réforme s’inscrit dans la logique d’une facilitation de l’obtention du visa.
En plus de ces mesures, le gouvernement soucieux de faciliter le déplacement des Béninois de la diaspora de leurs lieux de résidence vers leur pays d’origine a décidé d’accorder de nouvelles commodités pour l’obtention du passeport béninois. Le gouvernement a ainsi entrepris de réduire le délai et les frais d’établissement ou de renouvellement de passeports biométriques au profit des Béninois vivant à l’extérieur. Ainsi, le délai pour l’établissement des passeports est désormais de quinze jours à compter de la date de dépôt du dossier de demande, comportant toutes les pièces requises, dans les représentations diplomatiques et consulaires dotées du kit de collecte des données biométriques. Pour l’instant, onze représentations diplomatiques et consulaires à savoir Berlin, Moscou, Paris, Rome, Brasilia, Washington, Ottawa, Pékin, Kinshasa, Pretoria et Libreville sont dotées desdits kits. Les frais d’établissement ou de renouvellement sont désormais fixés à 65 000 F Cfa (100 euros) dans les zones Europe, Amérique et Asie et 50 000 F Cfa dans la zone Afrique. Ces frais comprennent le coût de réalisation du passeport fixé à 30 000 F Cfa pour tout Béninois, majoré d’un forfait pour l’expédition. Cette option de faciliter les démarches aux Béninois pour l'obtention ou le renouvellement du passeport s’étend également au délai de livraison de cette pièce pour ceux de l’intérieur du pays. Elle passe désormais à trois jours au lieu des 10, voire 15 jusque-là notés.

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