La Nation : Votre structure est en charge de la maîtrise d’ouvrage déléguée dans le cadre de la réalisation d’aménagements hydro-agricoles financés par l’Uemoa. Peut-on en savoir plus sur les spécificités techniques ?

Simon Goudou : Le ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche a bénéficié de deux projets de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Umoa) qui font l’objet de la présente mission. Le premier projet concerne les aménagements hydro-agricoles et est intitulé « Etude et travaux d’aménagement de mille hectares de terre à des hydro-sylvo-pastorales et halieutiques au Bénin ». C’est un programme sous-régional financé par l’Uemoa dans ses huit Etats membres en appui aux programmes nationaux d’adaptation aux changements climatiques.
Pour le Bénin, le programme est concentré sur les principaux bassins rizicoles que sont la vallée de la Sota à Malanville, la vallée de l’Okpara dans Parakou et Tchaourou, les bas-fonds de Glazoué et la moyenne vallée de l’Ouémé notamment la région d’Agonlin (les communes de Covè et Zagnanado). Pour l’ensemble de ces périmètres, le coût total est de 3 781 000 000 F Cfa. Je dois préciser que concernant la vallée de la Sota, il s’agit d’achèvement de travaux. Il y a un programme initial du gouvernement qui était en souffrance pour des difficultés administratives. L’avènement de ce projet financé par l’Uemoa a permis d’achever ce projet qui devenait un éléphant blanc… Ces périmètres offrent la possibilité de faire plusieurs récoltes pmar an au lieu d’une. La disponibilité de l’eau est permanente. On produit le riz fluvial et après les gens utilisent encore l’eau disponible dans la Sota pour faire une nouvelle production. Donc il y en a qui ont fait trois récoltes de riz au cours de la première année de mise en exploitation du site. Il y a environ 1031 paysans impactés sur ces sites. Pour les 600 hectares restants du site, les études sont terminées et nous avons eu les certificats de conformité. Le 14 juillet dernier, les travaux sur ces sites ont démarré.

Parlez-nous un peu des sites visités.

Nous avons pu visiter Bamè qui est en cours d’aménagement pour une maîtrise totale de l’eau. Nous allons réaliser des forages qui distribueront l’eau sur des ouvrages et après sur les parcelles. Après, nous sommes allés à Dovi Zounou. C’est un ancien site et nous sommes venus étendre le périmètre pour une prise d’eau dans une rivière pour leur permettre d’augmenter le rendement à l’hectare et la fréquence des récoltes. Après, nous avons visité le périmètre de Laïnta-Cogbé qui est un site nouveau en défrichement avec une vingtaine de forages à réaliser. Nous sommes aussi allés à Glazoué où vous avez pu voir deux périmètres en aménagement. A Glazoué, la spécificité, c’est qu’il ne s’agit pas de périmètres irrigués avec une maîtrise totale de l’eau. La difficulté à ce niveau, c’est la disponibilité en quantité suffisante de l’eau et l’agriculture est essentiellement pluviale. Nous allons donc réaliser des aménagements de type bas-fond sur ces sites qui sont très éloignés des cours d’eau.
Nous sommes allés également à Kassouala dans la commune de Tchaourou au bord la rivière Okpara où l’aménagement est en cours. Ce qui permettra de mettre en place un système d’irrigation avec maîtrise totale de l’eau par la prise d’eau sur la rivière Okpara. L’eau sera renvoyée dans un ouvrage de tête et à partir de l’eau, elle sera redistribuée. Nous sommes heureux des résultats que nous avons déjà obtenus et nous en profitons pour remercier le bailleur qui est l’Uemoa. Mon souhait est que les périmètres soient pris en compte et exploités comme cela se doit par les populations bénéficiaires.

Qu’en est-il des magasins de stockage et de conservation des récoltes ?

Le second projet est intitulé « Programme de construction de magasins de conservation des récoltes et des graines » financé par l’Uemoa. L’objectif, c’est de doter les pôles de croissance et de développement agricole des magasins, des infrastructures de stockage pour contenir le surplus, mais aussi pour stocker et conserver en vue de l’écoulement. Il y en a au total 24 répartis dans tous les départements. Le choix des localités est dicté par le bénéficiaire, donc le Bénin. Le génie rural est habilité à indiquer les critères qui ont milité en faveur du choix des localités. Pour ce qui nous concerne à l’Agetur, ayant pris les sites en main, nous avons recruté des bureaux pour faire la conception technique détaillée assortie des dossiers d’appel d’offres et en raison de la capacité de ces magasins, le plus petit des magasins a une capacité de 1000 tonnes, nous avons associé un contrôle particulier appelé « Contrôle particulier en vue de la garantie décennale ». Nous avons au total six magasins de 1000 tonnes, quinze de 2000 tonnes, un de 3000 tonnes et deux de 4000 tonnes?
Propos recueillis par Josué F. MEHOUENOU

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