Le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche était, vendredi 2 mars dernier, dans la vallée de la Sota à Malanville pour constater l’état des périmètres aménagés et surtout échanger avec les producteurs et les autres acteurs du monde agricole avec qui il a tenu de nombreuses séances de travail.

La commune de Malanville a bénéficié de la part de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) d’un magasin de stockage d’une capacité de 4000 tonnes dans le cadre du Programme de construction de magasins de conservation des récoltes et des graines. L’ouvrage déjà achevé, répond aux normes et à toutes les exigences techniques, de même qu’aux spécificités liées à cette région du pays, assure le directeur technique de l’Agetur, agence en charge de la maîtrise d’ouvrage déléguée, face à la délégation du ministre Gaston Dossouhou qui était sur le site, vendredi dernier. Les producteurs, eux, sont pressés d’en jouir. Vendredi dernier, quelques-uns de leurs responsables sont venus rencontrer le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche pour le lui signifier. Mais le magasin en lui seul ne comblera pas les attentes. Il faut d’abord travailler sur les périmètres agricoles, fait savoir le ministre. 

Dans la vallée de la Sota, les 400 hectares aménagés portent les espoirs du ministère qui rêve d’en faire une source de production massive et le point de départ d’une lutte sans précédent contre l’insuffisance alimentaire. Au total, huit périmètres y sont aménagés. Cinq sont répartis sur la rive droite et trois sur la rive gauche. Chaque périmètre fait 50 hectares globalement.
« Ces périmètres offrent la possibilité de faire au lieu d’une récolte par an, plusieurs. La disponibilité de l’eau est permanente. On produit le riz fluvial et après les gens utilisent l’eau disponible dans la Sota pour faire encore une production. Donc il y en a qui ont fait trois récoltes de riz au cours de la première année de mise en exploitation du site. Il y a environ 1031 paysans impactés sur ces sites ». Ces explications de Simon Goudou, directeur technique de l’Agetur vise à illustrer l’importance de ces périmètres sur lesquels tout n’est néanmoins pas parfait. Guerre de leadership, manque de volonté, difficulté de fonctionnement… La présence du ministre sur le site lui a permis de se rendre à l’évidence qu’il faut à nouveau doper le moral de la troupe.

Booster la production

Après environ une heure de visite sur les périmètres, le ministre rassemble sous un manguier d’un côté les techniciens et de l’autre les responsables de chaque périmètre. Instant de vérité sous l’arbre à palabre ! Ministre, agents d’encadrement, responsables à divers niveaux, producteurs… tous assis à même le sol à l’ombre du grand arbre doivent converser. L’autorité cherche à comprendre ce qui se passe, après avoir exprimé ses frustrations et ses déceptions quant aux querelles sur le terrain. Même si la terre, elle fait ses merveilles et en fera davantage en raison des aménagements, il faut tout de même, explique le ministre aux producteurs, une organisation interne et un management sérieux pour relever les défis attendus. Mais c’est surtout dans les rangs des producteurs qu’il faut revoir les choses, de l’avis du ministre, qui a clairement expliqué ses intentions de mettre en concurrence chacun des huit périmètres pour les faire travailler davantage, stimuler la concurrence et assurer une production massive.
Autre problème à Malanville, le bradage de la production en direction des pays comme le Niger et le Nigeria. Les arguments des producteurs pour justifier cet état de choses ont été balayés d'un revers de la main par le ministre Gaston Dossouhoui qui leur a clairement signifié la nouvelle organisation que projette le gouvernement pour que toute la production agricole soit absorbée et gérée avec professionnalisme. Si Malanville est au centre d’autant d’attentions, c’est en raison de son importance dans le rendement agricole du pays. « Sur les sept filières phares de l’agriculture, cette région du pays relevant du pôle agricole I concentre deux à elle seule », indique Jean Gbéto Dansou, responsable dudit pôle. Ici, une part de responsabilité incombe également aux agents d’encadrement et autres responsables du secteur agricole. D’eux, le ministre attend également beaucoup. A Malanville et à Kandi, il les a rencontrés pour leur tenir un langage de vérité. Sans langue de bois, le ministre de l’Agriculture a porté le doigt sur la plaie. Les carences et autres tares notées dans leurs rangs ont été exposées et discutées. Au terme de la séance de Kandi qui a pris l’allure d’une véritable séance de coaching, responsables et collaborateurs affichent de larges sourires. Des appréciations sur le management et la vision du ministre sont chuchotés çà et là, comme si les nombreuses ovations qui ont entouré son speech, ne suffisaient pas. « Son mot d’ordre sera suivi pour que les résultats escomptés soient obtenus », assure Alain Agué de la direction des Aménagements et Infrastructures (Dai), plein d’espoir?

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