Des bouviers et des producteurs agricoles en froid, depuis quelques semaines, étaient conviés, ce mardi 6 février à une séance de travail à la préfecture de Lokossa. La rencontre, qui s’inscrit dans le cadre des activités du Comité départemental de gestion de la transhumance, a été consacrée à la recherche de solutions pour une cohabitation pacifique.

Présidée par le préfet Komlan Zinsou et le procureur de la République près le tribunal de première instance de deuxième classe de Lokossa, la séance de travail ayant réuni hier des éleveurs et agriculteurs, avait deux objectifs. Il s’agit de mieux cerner la cause du conflit entre les deux parties et de trouver des solutions pour une sortie de crise, vu que le Mono n’est pas un département retenu officiellement pour la transhumance.
A l’entame de la séance, le directeur départemental en charge de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Euric Guidi, a présenté un état des lieux auquel les maires de Lokossa, de Bopa et d’Athiémé ainsi que les représentants des trois autres absents ont contribué. L’exercice a permis de clarifier que les éleveurs incriminés, pour la plupart, ne viennent pas d’ailleurs. Il en est ressorti que ces derniers sont surtout victimes d’une faible internalisation du concept de transhumance confondue au déplacement des bœufs, dans le ressort du département, à la recherche de pâturage. En revanche, il a été déploré certaines pratiques en cours, notamment le déplacement nocturne des troupeaux, la surpopulation desdits troupeaux observés ces temps-ci dans la plupart des communes. Quelques-uns des éleveurs avouent qu’ils ont reçu effectivement de nouveaux bœufs de la part de leurs confrères venus notamment du Septentrion.
Les causes du conflit ainsi cernées, la séance a permis d’ébaucher quelques approches de solutions. A l’endroit des autorités communales, le préfet a plaidé la dynamisation des comités locaux de gestion de la transhumance, la sensibilisation des deux parties en conflit et de toute la population pour une meilleure cohabitation. Il a exhorté les éleveurs à réaliser des enclos pour leurs troupeaux avec l’aménagement des abreuvoirs à l’intérieur.
A sa suite, le procureur de la République appelle au respect des textes. Car, souligne-t-il, « Nul ne peut se faire justice ». Au titre des moyens pour faciliter une cohabitation pacifique, il suggère l’instauration de la carte des éleveurs sédentaires, l’étiquetage des bœufs et la création de site de pâturage qui, à l’en croire, pourrait être un projet intercommunal générateur de recettes.
Une nouvelle séance de travail est projetée, dans les prochains jours à la préfecture, en vue de définir une feuille de route pour la mise œuvre des propositions qui seraient jugées pertinentes.
A rappeler que la tension était montée d’un cran à Athiémé où Kisso Ibrahim, communément appelé Bouraïma, déplore la perte de six de ses bœufs dont quatre seraient abattus. A Lokossa, ce sont des populations de Ouèdème-Adja, furieuses et prêtes à en découdre avec des éleveurs, que le préfet et le maire ont eu à calmer. Fin janvier dernier, elles avaient accusé les éleveurs d’avoir laissé leurs bœufs dévaster plusieurs champs de céréales?

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